Bitcoin remonte autour de 64 000 dollars après les déclarations de Donald Trump sur une possible réouverture rapide du détroit d’Ormuz. Le marché salue l’avancée diplomatique entre les États-Unis, l’Iran et Oman. Pourtant, aucun accord définitif n’a encore été annoncé. Le rebond du BTC repose donc sur un espoir de désescalade, pas sur une paix déjà acquise.
Bitcoin profite de l’espoir autour du détroit d’Ormuz
Ce mouvement prolonge un scénario déjà observé lorsque Bitcoin avait retrouvé les 64 000 dollars grâce aux progrès entre les États-Unis et l’Iran. Cette fois, le BTC évolue autour de 64 000 dollars, après avoir atteint un sommet quotidien proche de 64 450 dollars. Les investisseurs anticipent une réduction des tensions au Moyen-Orient, alors que Donald Trump affirme que le détroit d’Ormuz pourrait être rouvert très rapidement.
Le président américain a toutefois accompagné cette annonce d’une menace. Selon lui, l’Iran subirait une attaque massive s’il se retirait une nouvelle fois des négociations. Cette position mélange donc ouverture diplomatique et pression militaire. Elle rappelle que les discussions restent particulièrement fragiles.
Le rebond de Bitcoin ne signifie pas que les traders considèrent le BTC comme une valeur refuge classique. La crypto profite surtout du retour de l’appétit pour le risque. Une désescalade réduirait la menace d’une nouvelle flambée énergétique et allégerait la pression sur l’inflation mondiale.
Un accord de 60 jours encore en discussion
Les États-Unis, l’Iran et Oman négocient un arrangement provisoire de 60 jours. Celui-ci permettrait de rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz. Le projet prévoirait également la suspension temporaire de certains frais de transit et le retrait des mines navales dans un délai de 30 jours.
Oman joue un rôle central dans cette médiation. Le plan envisagé permettrait aux navires d’entrer dans le golfe Persique par une voie contrôlée par l’Iran et d’en sortir par une zone placée sous contrôle omanais. The Guardian rapportait aussi les déclarations américaines optimistes sur une issue rapide, tout en soulignant la fragilité du contexte régional.
Cependant, plusieurs désaccords persistent. Téhéran réclame notamment le droit de percevoir des frais maritimes, la levée du blocus naval américain et un assouplissement des sanctions visant son pétrole. Les autorités iraniennes ont aussi contesté l’idée d’un accord directement négocié avec Washington. Le scénario reste donc mouvant.
Le pétrole baisse, mais pas encore sous les 75 dollars
Les prix du pétrole ont reculé avec les progrès diplomatiques. Le Brent se négociait autour de 79 dollars le baril, tandis que le pétrole américain WTI évoluait légèrement au-dessus de 75 dollars. Ces niveaux contredisent l’affirmation selon laquelle l’ensemble du marché pétrolier serait déjà passé sous 75 dollars.
La baisse reste néanmoins importante. Les cours ont enregistré plusieurs séances négatives, après une chute de plus de 5 % mardi. L’Energy Information Administration américaine rappelle que le détroit d’Ormuz reste l’un des points de passage pétroliers les plus critiques au monde, avec environ 20 millions de barils par jour en 2024.
Pour Bitcoin, ce recul du pétrole représente une bonne nouvelle indirecte. Une énergie moins chère peut réduire les craintes inflationnistes. Elle peut aussi limiter la nécessité pour la Réserve fédérale de maintenir une politique monétaire très restrictive. Les actifs risqués respirent lorsque les investisseurs anticipent des taux plus bas ou une liquidité plus abondante.
Cette mécanique était déjà visible lorsque l’inflation américaine, la Fed et l’Iran tiraient le dollar dans des directions opposées. Le pétrole reste donc l’un des relais les plus rapides entre la géopolitique et le prix de Bitcoin.
Le rebond du BTC reste encore fragile
Le volume d’échange de Bitcoin a diminué malgré la hausse du prix. Ce détail limite la portée du mouvement. Une progression soutenue par peu de volumes peut rapidement disparaître si les négociations échouent ou si une nouvelle attaque frappe la région.
La zone des 62 000 dollars reste un support important. Tant que Bitcoin conserve ce seuil, les acheteurs peuvent viser une reprise plus large. Un passage durable au-dessus de 64 500 dollars renforcerait la dynamique. À l’inverse, un retour des tensions autour d’Ormuz pourrait rapidement replacer le BTC sous pression.
Le marché ne célèbre donc pas encore la fin de la guerre. Il achète simplement la possibilité d’un accord. La différence compte. Une annonce officielle sur la circulation maritime pourrait prolonger le rebond. Un nouveau blocage rappellerait brutalement que Bitcoin reste sensible au pétrole, aux taux américains et aux chocs géopolitiques.
Le risque inverse a déjà été brutalement visible lorsque les menaces de Trump contre l’Iran avaient déclenché 238 millions de dollars de liquidations sur Bitcoin. Le même dossier peut donc nourrir un rebond un jour et une vague de ventes le lendemain.
En bref
- Bitcoin remonte autour de 64 000 dollars après les déclarations de Donald Trump.
- Un accord provisoire de 60 jours reste en négociation autour du détroit d’Ormuz.
- Le pétrole baisse, mais l’absence d’accord définitif maintient un risque important.
