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Ethereum dépasse brièvement son record de Q3 avec +67,89 %

+67,89 % depuis le début du trimestre. Ethereum vient de dépasser provisoirement son précédent record de troisième trimestre, établi en 2025 à +66,55 %. Le mouvement est spectaculaire après un premier semestre catastrophique : ETH avait perdu 29,26 % au premier trimestre puis encore 25,28 % au deuxième. Une précision s’impose toutefois. Nous sommes le 20 septembre et le Q3 ne prendra fin que le 30 septembre. Le record n’est donc pas encore officiellement acquis. Il illustre malgré tout l’ampleur du retournement : en moins de trois mois, Ethereum est passé d’un actif menacé d’un troisième trimestre rouge consécutif à l’une des grandes capitalisations crypto les plus performantes du marché.

Une pièce Ethereum remonte fortement vers un calendrier encore ouvert, symbole d’un record trimestriel non confirmé
Ethereum dépasse provisoirement son rendement de Q3 2025, mais le troisième trimestre 2026 ne se clôture que le 30 septembre.

Ethereum passe provisoirement devant 2025

Les chiffres historiques donnent immédiatement la mesure du mouvement. CoinGlass plaçait encore Ethereum à +60,62 % depuis le début du troisième trimestre au 13 septembre, derrière les +66,55 % enregistrés au Q3 2025 mais déjà devant les +59,5 % de 2020. La moyenne historique du troisième trimestre atteignait seulement 12,28 %, avec une médiane de 9,87 %. Ce contraste rappelle le risque de trois trimestres rouges que Bref Crypto soulignait en juin.

Quelques jours de hausse supplémentaires ont ensuite poussé temporairement le rendement du trimestre jusqu’à environ +67,89 %, selon CoinGlass. À ce niveau, 2026 dépasse donc 2025.

Mais le classement reste vivant.

Ethereum évoluait autour de 2 570–2 600 dollars le 20 septembre, après avoir touché 2 659 dollars la veille. Yahoo Finance affichait notamment un cours proche de 2 572 dollars dans la matinée, tandis que d’autres plateformes voyaient ETH brièvement retomber sous 2 600 dollars.

Chaque variation importante d’ici le 30 septembre modifiera donc encore le pourcentage final.

La nuance est importante parce qu’Ethereum avait déjà connu cette situation en 2025. Durant le trimestre, ETH avait atteint un nouveau sommet à 4 946 dollars avant de terminer septembre autour de 4 215 dollars. CoinGecko calcule d’ailleurs un rendement de +68,5 % pour ce trimestre, contre +66,55 % chez CoinGlass, preuve que la méthodologie et les heures de référence peuvent légèrement modifier le résultat.

Le record actuel est donc impressionnant.

Pas encore gravé dans le marbre.

Il y a trois mois, Ethereum risquait un record beaucoup moins glorieux

Le retournement paraît presque absurde lorsqu’on revient au mois de juin.

Bref Crypto écrivait alors qu’Ethereum risquait d’enchaîner trois trimestres rouges consécutifs pour la première fois de son histoire. ETH sortait déjà d’un quatrième trimestre 2025 négatif. Le premier trimestre 2026 avait ajouté une baisse de 29,26 %, puis le deuxième trimestre s’était terminé autour de -25,28 %.

Deux trimestres rouges successifs.

Une chute de plus de moitié depuis les sommets.

Des investisseurs qui commençaient à demander si Ethereum avait perdu son statut de principal challenger de Bitcoin.

Puis juillet arrive.

Le calcul est brutal. Un actif qui perd 29,26 %, puis 25,28 %, ne revient pas simplement à son niveau initial avec une hausse équivalente. Les pourcentages ne sont pas symétriques. Plus le prix chute, plus le rebond nécessaire pour récupérer les pertes devient élevé.

C’est précisément ce qui rend Q3 aussi impressionnant.

Ethereum ne réalise pas seulement un beau trimestre après six mois difficiles. Il reconstruit une partie du terrain détruit par deux corrections consécutives.

Le contexte psychologique change aussi complètement. Au printemps, la question était de savoir où se trouvait le bottom. Tom Lee et BitMine défendaient déjà l’idée qu’un plancher devenait crédible. Bref Crypto avait détaillé ce scénario dès mars.

Six mois plus tard, le débat ne porte plus sur la survie du support.

Il porte sur un record trimestriel.

Les ETF ont profondément changé le profil de la demande

Le rallye ne repose pas uniquement sur les traders crypto.

Les ETF Ethereum spot américains constituent désormais une source structurelle de demande. Au 18 septembre, Farside Investors recensait environ 13,17 milliards de dollars d’entrées nettes cumulées depuis le lancement de ces produits, malgré les importantes sorties historiques de l’ancien ETHE de Grayscale.

BlackRock concentre une grande partie de cette dynamique. Son ETF ETHA affichait plus de 12,8 milliards de dollars d’entrées cumulées dans les données de Farside. Le produit a encore capté 148,8 millions de dollars le 11 septembre et 80,5 millions trois jours plus tard.

Les flux ne montent évidemment pas en ligne droite.

15 septembre : environ -142 millions de dollars.

16 septembre : -224 millions.

17 septembre : encore -39 millions.

Puis les entrées sont revenues le 18 septembre. Farside calculait environ 29 millions de dollars sur cette séance au moment de son tableau, tandis que d’autres trackers ayant intégré davantage de déclarations d’émetteurs plaçaient les entrées autour de 143,7 millions de dollars.

Cette volatilité des flux rappelle quelque chose d’important. Les ETF ne garantissent pas la hausse d’Ethereum.

Ils changent plutôt la profondeur du marché.

Un fonds de pension, un conseiller financier ou un investisseur disposant déjà d’un compte de courtage n’a plus besoin de créer un wallet, conserver une seed phrase et transférer de l’argent vers un exchange. Il peut obtenir une exposition à ETH comme il achète un ETF actions.

Cette différence semblait presque secondaire en 2024.

Deux ans plus tard, elle commence à apparaître directement dans les cycles d’Ethereum.

BitMine a ajouté une deuxième machine d’accumulation

La deuxième force institutionnelle vient des entreprises de trésorerie.

BitMine est devenue l’exemple le plus spectaculaire. Début septembre, l’entreprise détenait plus de 5,9 millions d’ETH, soit approximativement 4,9 % de l’offre en circulation selon les données rapportées par Bref Crypto. Elle venait encore d’ajouter 53 501 ETH après une longue séquence d’accumulation. Cette concentration faisait déjà partie des grands changements observés à Wall Street début septembre.

Cela crée un phénomène qui n’existait pratiquement pas durant les cycles Ethereum précédents.

En 2020, le grand moteur était la DeFi.

En 2021, les NFT, le trading et l’explosion générale de la crypto.

En 2025 et 2026, Ethereum possède désormais plusieurs catégories d’acheteurs institutionnels capables d’absorber une quantité significative d’offre : ETF, entreprises de trésorerie et véhicules d’investissement traditionnels.

Cette demande possède aussi son revers.

BitMine est extrêmement exposée au prix d’ETH. Bref Crypto estimait récemment ses pertes latentes autour de 5,1 milliards de dollars malgré l’ampleur de ses réserves. Une entreprise détenant près de 5 % de l’offre ne constitue donc pas uniquement un acheteur structurel. Elle devient également un point de concentration important.

Tom Lee avait lui-même commencé à évoquer la possibilité de ralentir les achats une fois l’objectif symbolique autour de 5 % atteint. Le changement de ton était déjà perceptible en juin.

Ethereum bénéficie donc d’une nouvelle demande.

Il commence aussi à dépendre davantage de son rythme.

Le retour au-dessus de 2 500 $ change la structure du marché

Le prix reste évidemment la donnée la plus visible.

Début septembre, Bref Crypto identifiait 2 500 dollars comme l’un des niveaux qu’Ethereum devait reprendre pour confirmer sa reprise. Le BTC devait reconquérir 82 000 dollars, ETH 2 500 et XRP 1,45 dollar. Ethereum évoluait alors autour de 2 450 dollars.

ETH a depuis franchi cette zone plusieurs fois.

Le 18 septembre, le mouvement s’est accéléré. Ethereum est passé d’environ 2 447 dollars à plus de 2 611 dollars, avec un sommet intraday proche de 2 644 dollars. Le lendemain, le marché a atteint près de 2 660 dollars avant de refluer.

Une partie du mouvement semble avoir été amplifiée par les dérivés. Plusieurs sources ont signalé un short squeeze autour du franchissement des 2 600 dollars, avec des vendeurs obligés de racheter leurs positions lorsque le cours a accéléré.

Cela ne rend pas la hausse artificielle.

Cela change sa lecture.

Une progression alimentée uniquement par des liquidations peut s’essouffler rapidement lorsque les shorts ont été nettoyés. Pour maintenir le mouvement, il faut ensuite que les achats spot, les ETF et la demande structurelle prennent le relais.

C’est exactement ce que les dix derniers jours de septembre vont tester.

Ethereum a suffisamment rebondi pour dépasser momentanément son meilleur Q3 historique.

Il lui reste à conserver une partie de ce gain sans dépendre du levier.

La Fed arrive au pire moment possible pour le record

Le calendrier macroéconomique complique justement cette fin de trimestre.

La Réserve fédérale américaine vient de relever ses taux de 25 points de base, portant la fourchette des Fed funds entre 3,75 % et 4 %. Les marchés envisagent déjà la possibilité de nouvelles hausses avant la fin de l’année.

Pour Ethereum, le problème est le même que pour Bitcoin ou les actions technologiques.

ETH ne garantit aucun rendement en dollars.

Le staking permet certes d’obtenir un rendement libellé en ETH, ce qui le distingue de Bitcoin, mais l’actif reste en concurrence avec des obligations américaines capables d’offrir plusieurs points de rendement avec une volatilité beaucoup plus faible.

Un Treasury à 4 ou 5 % oblige les investisseurs institutionnels à être plus exigeants.

Pourquoi prendre le risque ETH ?

La réponse peut être la croissance de l’écosystème.

La tokenisation.

Les stablecoins.

La DeFi.

Le staking.

Ou simplement une anticipation de hausse du prix.

Mais cette réponse doit désormais compenser un coût d’opportunité beaucoup plus élevé.

Les flux ETF de la semaine écoulée montrent déjà cette nervosité. Après 216,4 millions de dollars d’entrées le 11 septembre et 121,1 millions le 14, les produits Ethereum ont perdu plus de 400 millions sur les trois séances suivantes avant de retrouver des entrées vendredi.

Le record trimestriel se joue donc au moment précis où le contexte monétaire redevient moins favorable.

Peut mieux faire pour la tranquillité.

Excellent test pour savoir si le rallye tient réellement.

Le vrai exploit est surtout d’avoir inversé tout le premier semestre

Même si Ethereum ne termine finalement pas le 30 septembre au-dessus des +66,55 % de 2025, Q3 2026 restera exceptionnel.

À la mi-septembre, ETH affichait déjà +60,62 %, soit presque cinq fois sa performance moyenne historique pour un troisième trimestre. Le rendement moyen des Q3 depuis le lancement tourne autour de 12,28 %, avec une médiane inférieure à 10 %.

Le contraste avec le premier semestre suffit presque à raconter l’histoire.

Q1 : -29,26 %.

Q2 : -25,28 %.

Puis un troisième trimestre pouvant approcher ou dépasser +65 %.

Ethereum est donc passé d’un risque de troisième trimestre rouge consécutif à une tentative de nouveau record historique en l’espace de quelques semaines.

Cela ne remet pas automatiquement ETH sur son sommet historique. Le record d’août 2025 à 4 946 dollars reste encore très loin des cours proches de 2 600 dollars observés actuellement. Ethereum peut donc connaître l’un de ses meilleurs trimestres historiques tout en restant environ deux fois moins cher que lors de son ATH.

Le paradoxe est important.

Un trimestre extraordinaire ne signifie pas que tous les dégâts précédents ont été réparés.

Il signifie surtout que le rapport entre acheteurs et vendeurs a brutalement changé.

Les ETF sont devenus plus importants.

BitMine et d’autres trésoreries ont absorbé de l’offre.

Les investisseurs qui vendaient Ethereum au printemps ont dû regarder l’actif reprendre plus de 60 % en quelques mois.

Et les shorts viennent encore d’être violemment secoués au-dessus de 2 600 dollars.

Le Q3 2026 a donc déjà changé le récit.

Reste maintenant à voir le chiffre qui sera réellement inscrit dans l’histoire le 30 septembre.

Si Ethereum termine au-dessus des +66,55 % de CoinGlass pour 2025, le record sera alors officiel.

Avant cette date, +67,89 % reste un record provisoire.

Ce qui, après le premier semestre qu’ETH vient de traverser, est déjà assez remarquable.

Sources citées1
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Auteur

Samson Hangi

<span style="font-weight: 400">Chercheur et médecin, </span><b>Samson Hangi</b><span style="font-weight: 400"> évolue à la convergence de la rigueur scientifique et des technologies décentralisées. Spécialiste de l'écosystème Bitcoin et de la blockchain, il applique une méthodologie issue de la recherche pour analyser les dynamiques de marché et les innovations fintech.</span> <span style="font-weight: 400">Son approche, strictement fondée sur les preuves (</span><i><span style="font-weight: 400">evidence-based</span></i><span style="font-weight: 400">), privilégie la compréhension des fondamentaux technologiques et des contextes macroéconomiques. À travers ses analyses, il s'attache à déconstruire les concepts complexes pour offrir une lecture structurée, pédagogique et nuancée de la transition numérique, loin de la spéculation volatile.</span>