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CoinTracker : c’est quoi, comment ça marche et à quoi ça sert ?

CoinTracker est un logiciel de suivi de portefeuille et de fiscalité crypto. Il permet de connecter plusieurs exchanges, wallets et blockchains dans une seule interface afin de reconstituer les transactions, suivre la valeur du portefeuille, calculer les gains ou pertes et préparer certaines données nécessaires à la déclaration fiscale.

Un tableau de bord centralise les wallets, exchanges et transactions suivis par CoinTracker
CoinTracker rassemble les données de plusieurs exchanges, wallets et blockchains pour suivre un portefeuille et préparer sa fiscalité.

CoinTracker n’est ni un exchange comme Binance ou Coinbase, ni un portefeuille crypto destiné à conserver des Bitcoin. L’entreprise ne détient pas les cryptomonnaies de ses utilisateurs et affirme n’utiliser que des connexions en lecture seule. Elle ne demande donc pas les clés privées permettant de déplacer les fonds.

Fondé en 2017 par Jon Lerner et Chandan Lodha, CoinTracker revendique en 2026 environ 3 millions d’utilisateurs. Sa page d’intégrations recense plus de 600 connexions avec des blockchains, exchanges et wallets, tandis que le service prend en charge le suivi de plus de 30 000 crypto-actifs.

L’intérêt devient évident dès qu’un investisseur ne possède plus uniquement 100 euros de Bitcoin sur une seule plateforme. Deux exchanges, un wallet MetaMask, quelques opérations DeFi, du staking, des stablecoins et plusieurs années de transactions peuvent rapidement transformer un simple historique en milliers de lignes.

CoinTracker essaie de remettre de l’ordre dans tout cela.

CoinTracker rassemble les comptes crypto au même endroit

Le problème auquel CoinTracker répond apparaît assez vite dans la vie d’un investisseur. Un exchange conserve une partie de l’historique. Un autre exchange en conserve une autre. Le wallet personnel affiche les transactions réalisées sur Ethereum. Solana possède son propre historique. Les achats effectués deux ans auparavant ne sont parfois plus faciles à retrouver.

Pour comprendre cette fragmentation, il faut déjà distinguer un wallet d’une plateforme d’échange. Notre guide sur le fonctionnement d’un exchange crypto explique précisément cette différence. Un exchange crypto, c’est quoi exactement ?

CoinTracker se place au-dessus de ces différentes infrastructures.

L’utilisateur peut connecter un exchange à l’aide d’une API en lecture seule, ajouter l’adresse publique d’un wallet, importer un fichier CSV ou utiliser d’autres méthodes lorsque l’intégration automatique n’est pas disponible. CoinTracker recommande d’importer l’ensemble de l’historique crypto, y compris les anciens comptes devenus inactifs, car une transaction manquante peut fausser le coût d’acquisition et donc le calcul des gains.

Supposons qu’une personne achète 0,1 BTC sur Coinbase, transfère ensuite ces bitcoins vers Ledger, puis envoie une partie vers Kraken avant de les vendre.

Trois services différents voient chacun seulement une partie de l’histoire.

CoinTracker essaie de comprendre qu’il ne s’agit pas de trois opérations indépendantes, mais du parcours d’un même actif entre plusieurs comptes appartenant au même utilisateur.

C’est précisément là que le logiciel devient plus utile qu’un simple graphique de portefeuille.

CoinTracker n’est pas un portefeuille crypto

Le nom peut prêter à confusion.

« Tracker » ne signifie pas « wallet ».

CoinTracker ne doit pas être utilisé comme une adresse vers laquelle envoyer du Bitcoin, de l’Ether ou de l’USDT. Le service précise lui-même qu’il n’est ni un exchange ni un fournisseur de wallet et qu’il ne conserve aucune cryptomonnaie pour ses clients.

Cette différence a une conséquence importante en matière de sécurité.

Lorsque l’utilisateur ajoute un wallet Ethereum à CoinTracker, il peut simplement fournir son adresse publique. Cette adresse est suffisante pour lire les transactions publiques présentes sur la blockchain.

Elle n’est pas suffisante pour déplacer les fonds.

La clé privée, elle, reste dans le véritable wallet de l’utilisateur.

Même logique avec plusieurs exchanges. CoinTracker utilise lorsque cela est possible des clés API disposant uniquement de permissions de lecture. Ces clés permettent d’obtenir l’historique des transactions, mais elles ne devraient pas autoriser l’achat, la vente ou le retrait de cryptomonnaies.

CoinTracker indique par exemple que son intégration Coinbase utilise OAuth avec des autorisations en lecture seule. Les clés API utilisées pour d’autres plateformes doivent également être limitées à la consultation.

C’est un point essentiel.

Si une application de suivi fiscal demande une seed phrase de 12 ou 24 mots, il faut s’arrêter.

CoinTracker indique explicitement ne jamais demander les clés privées ou phrases de récupération.

Le logiciel observe le portefeuille.

Il ne doit pas en prendre le contrôle.

L’import automatique évite des centaines de lignes manuelles

Imaginez quelqu’un effectuant deux achats crypto par semaine.

Cela paraît très peu.

Sur cinq ans, cela représente déjà plus de 500 opérations.

Ajoutons des dépôts, retraits, conversions, récompenses de staking et quelques transferts entre wallets. Le nombre de lignes peut dépasser le millier beaucoup plus vite que prévu.

CoinTracker automatise une grande partie de ce travail.

Sa page d’intégrations affichait en septembre 2026 632 intégrations au total, tandis que la section spécifique aux exchanges en répertoriait environ 480. Les principales plateformes comme Coinbase, Binance, Kraken, Bybit, Gemini ou KuCoin figurent parmi les services proposés.

Pour les wallets, CoinTracker accepte notamment des adresses publiques, certaines clés publiques étendues comme xPub, yPub ou zPub pour les réseaux UTXO, ainsi que différentes intégrations avec MetaMask, Ledger, Trezor, Phantom ou Trust Wallet.

L’automatisation n’est pourtant pas parfaite.

Une API peut cesser de fonctionner.

Un exchange peut modifier son système.

Une nouvelle blockchain peut ne pas être intégrée immédiatement.

Un token particulièrement récent peut ne pas encore être reconnu.

Dans ce cas, CoinTracker permet aussi l’import de fichiers CSV ou la création de données compatibles avec son format.

Cette flexibilité compte davantage qu’elle n’en a l’air.

Un outil fiscal devient presque inutile s’il ne permet de suivre que les transactions faciles.

Les cas compliqués sont justement ceux qui demandent le plus de travail.

Le suivi du portefeuille dépasse le simple prix des cryptos

CoinTracker sert également de portfolio tracker.

Cela signifie que l’utilisateur peut obtenir une vue consolidée de ses avoirs au lieu d’ouvrir quatre exchanges et trois wallets pour savoir combien vaut son portefeuille.

Le service affiche notamment les soldes, l’historique des transactions, les performances, les gains non réalisés et différentes informations liées à l’allocation.

CoinTracker affirme suivre plus de 30 000 cryptomonnaies, avec des données de prix provenant notamment de CoinMarketCap et DefiLlama. Pour certains actifs ou plateformes, le service récupère également des informations directement par API.

Cela paraît simple lorsque le portefeuille contient uniquement BTC et ETH.

Les choses deviennent plus intéressantes avec les stablecoins.

Un utilisateur peut posséder 5 000 USDT sur Binance, 2 000 USDC sur Base et 1 000 USDC dans un wallet Ethereum. D’un point de vue économique, il possède essentiellement plusieurs expositions au dollar. Techniquement, ces actifs se trouvent pourtant dans différents comptes et parfois sur différentes blockchains.

Cette fragmentation explique pourquoi les stablecoins représentent aujourd’hui une composante centrale de la liquidité conservée sur les plateformes. Stablecoins : près de la moitié de l’offre attend sur les exchanges

CoinTracker tente de transformer cette mosaïque en une seule photographie.

La valeur affichée reste toutefois dépendante de la qualité des données importées.

Un portefeuille incomplet produit une analyse incomplète.

Le logiciel automatise les calculs.

Il ne peut pas deviner un wallet dont l’utilisateur a oublié l’existence.

Son véritable terrain reste la fiscalité crypto

La fonction qui a construit la réputation de CoinTracker n’est pas le graphique de portefeuille.

C’est la fiscalité.

Les fondateurs racontent d’ailleurs avoir lancé l’entreprise en 2017 après avoir constaté que les conséquences fiscales de chaque opération crypto rendaient l’adoption beaucoup plus complexe. Ils ont ensuite rejoint Y Combinator en 2018.

Le problème est facile à comprendre.

Un utilisateur achète Bitcoin trois fois à des prix différents.

Il vend seulement une partie.

Quel est le coût d’acquisition des bitcoins vendus ?

Quels lots ont été cédés ?

Quel est le gain ?

Quelle méthode fiscale doit être utilisée ?

Ajoutez plusieurs exchanges et la question devient moins évidente.

Aux États-Unis, CoinTracker peut notamment générer des formulaires destinés à l’IRS et s’intégrer à TurboTax ou H&R Block. D’autres pays bénéficient de rapports adaptés, parmi lesquels le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Australie, l’Espagne, l’Italie, le Brésil ou le Portugal selon la documentation actuelle.

La fiscalité crypto devient d’ailleurs de plus en plus difficile à ignorer. Au Royaume-Uni, 17 600 contribuables avaient déclaré 1,38 milliard de livres de gains crypto sur l’exercice étudié par HMRC, dont 240 personnes dépassant chacune le million de livres. Crypto : 240 Britanniques déclarent plus d’un million £

CoinTracker intervient donc exactement là où l’écosystème devient adulte : au moment où un portefeuille ne doit plus seulement connaître sa valeur.

Il doit pouvoir expliquer son histoire.

Staking, DeFi et NFT compliquent énormément les calculs

Acheter Bitcoin à 40 000 dollars puis le revendre à 50 000 dollars est relativement facile à suivre.

La DeFi est une autre histoire.

Un utilisateur peut déposer de l’ETH dans un protocole.

Recevoir un token représentant ce dépôt.

Utiliser ce token comme collatéral.

Emprunter de l’USDC.

Déplacer les fonds vers une autre blockchain.

Fournir de la liquidité.

Recevoir des récompenses.

Puis retirer la position plusieurs mois plus tard.

D’un point de vue utilisateur, tout cela peut correspondre à une seule stratégie.

Pour un logiciel fiscal, ce sont potentiellement des dizaines d’événements dont le traitement dépend du pays.

CoinTracker possède différentes catégories pour le staking, les récompenses, les prêts, les bridges, les pools de liquidité et d’autres opérations. Sa documentation reconnaît elle-même que le traitement fiscal peut varier selon la juridiction et selon la configuration utilisée.

Le staking est particulièrement intéressant.

Recevoir une récompense ne signifie pas toujours qu’elle sera fiscalement traitée de la même manière partout.

Aux États-Unis, le calendrier de taxation des récompenses continue même de faire l’objet de débats législatifs. Crypto : le lobby exige une réforme fiscale intacte pour le staking

Voilà pourquoi CoinTracker doit être considéré comme un outil de calcul et d’organisation.

Pas comme une autorité fiscale universelle.

L’algorithme peut classer une opération.

Le droit national décide finalement ce que cette opération signifie fiscalement.

Cette distinction devient indispensable avec les protocoles complexes.

CoinTracker n’est pas parfaitement adapté à tous les pays

CoinTracker indique pouvoir produire des calculs fiscaux pour plus de 100 pays.

Cette formulation mérite néanmoins une précision.

Tous les pays ne bénéficient pas de formulaires fiscaux spécifiques.

La documentation de CoinTracker cite explicitement certains marchés disposant de rapports ou formulaires adaptés. Lorsque le pays n’apparaît pas dans cette liste, l’utilisateur peut encore télécharger des rapports de transactions, revenus ou gains, mais CoinTracker précise qu’il ne produit pas forcément de déclaration nationale spécifique.

La France mérite justement une attention particulière.

Le formulaire fiscal français 2086 utilise une méthode spécifique pour déclarer certaines plus ou moins-values sur actifs numériques. La formule prend notamment en compte la valeur globale du portefeuille au moment de la cession. L’administration française exige également la déclaration détaillée des cessions concernées.

Or la France n’apparaît pas dans la liste CoinTracker des pays disposant actuellement de formulaires nationaux spécifiques.

Un utilisateur français peut donc trouver CoinTracker utile pour reconstituer ses transactions et exporter ses données.

Il ne faut pas supposer que cliquer sur « Tax report » remplira automatiquement et correctement l’intégralité de la déclaration française 2086.

Cette distinction est capitale.

Les règles fiscales peuvent aussi changer très vite. En Allemagne, une réforme actuellement envisagée pourrait modifier fortement le traitement de certains gains crypto à partir de 2027. Crypto : l’Allemagne prépare une taxe de 25 % sur les gains

Un bon logiciel suit les règles.

Il ne les écrit pas.

Combien coûte CoinTracker ?

CoinTracker propose un niveau gratuit puis plusieurs abonnements payants.

En septembre 2026, la grille publique affiche notamment un plan Free à 0 dollar, un niveau Base à partir de 59 dollars par an, Prime à partir de 199 dollars, Ultra à partir de 599 dollars, ainsi que des variantes plus coûteuses permettant de traiter davantage de transactions.

Les limites changent fortement selon le plan.

Le niveau Base vise les portefeuilles relativement simples. Prime augmente le nombre de transactions prises en charge et ajoute notamment des outils plus avancés de performance et de fiscalité. Ultra monte beaucoup plus haut en volume et ajoute du support prioritaire ainsi que davantage de flexibilité dans certaines méthodes fiscales.

Le service Full Service démarre actuellement autour de 3 499 dollars par an et vise surtout les portefeuilles complexes, les gros volumes ou les clients souhaitant une assistance humaine dédiée. CoinTracker annonce jusqu’à 300 000 transactions dans ce niveau avant éventuels besoins supplémentaires.

Cette structure tarifaire produit une conséquence assez évidente.

Un investisseur ayant acheté Bitcoin trois fois dans l’année n’a pas les mêmes besoins qu’un trader utilisant plusieurs bots et réalisant 50 000 opérations.

Le volume de transactions devient donc lui-même un coût.

C’est parfois oublié lorsque les plateformes annoncent des transactions quasiment gratuites.

Chaque opération supplémentaire peut rendre la comptabilité plus lourde.

La blockchain facture parfois le gas.

Le logiciel fiscal facture ensuite la complexité.

Le marché crypto a ses petites ironies.

L’outil de tax-loss harvesting vise surtout les investisseurs américains

CoinTracker propose également un outil de tax-loss harvesting dans certaines offres payantes.

Le principe consiste à identifier des actifs actuellement en perte afin que l’investisseur puisse évaluer l’intérêt d’une vente susceptible de compenser fiscalement certaines plus-values.

CoinTracker ne vend pas automatiquement les actifs.

Le logiciel met plutôt en évidence les positions concernées. Les plans Prime et Ultra incluent notamment cette fonction.

Prenons un exemple simplifié.

Un investisseur gagne 5 000 dollars sur Bitcoin.

Il possède parallèlement un altcoin acheté 3 000 dollars et ne valant plus que 1 000 dollars.

La perte latente est de 2 000 dollars.

Dans certaines juridictions et sous certaines conditions, réaliser cette perte peut permettre de réduire la base nette sur laquelle certains gains sont imposés.

Cela paraît séduisant.

Ce n’est pas universel.

La France, par exemple, ne traite pas nécessairement les pertes crypto selon les mêmes principes que les États-Unis. L’administration française précise que certaines moins-values sur actifs numériques ne sont imputables que sur les plus-values de même nature de la même année et ne sont pas reportables sur les années suivantes.

C’est exactement pourquoi un outil fiscal international doit être utilisé avec son cadre national en tête.

Une fonction portant le même nom peut être très intéressante pour un Américain.

Beaucoup moins pertinente pour un contribuable soumis à un système différent.

L’interface reste mondiale.

Le fisc, lui, reste local.

CoinTracker est relativement sûr, mais il collecte des données sensibles

CoinTracker possède un avantage de sécurité important : il ne doit pas contrôler les fonds.

Les connexions aux exchanges sont annoncées en lecture seule. Les clés API sont chiffrées et CoinTracker affirme ne jamais demander de clé privée ou de seed phrase. La société indique également être conforme aux standards SOC 1 et SOC 2, utiliser une authentification à deux facteurs et faire réaliser des tests d’intrusion indépendants.

Cela réduit fortement le risque qu’une compromission classique de CoinTracker permette directement de retirer les bitcoins d’un wallet.

Le mot important est directement.

Les données elles-mêmes restent sensibles.

Un historique crypto peut révéler quels exchanges sont utilisés, quels actifs sont détenus, quels montants circulent et, dans certains cas, quelles adresses publiques appartiennent à la même personne.

Cela intéresse forcément les fraudeurs.

CoinTracker a d’ailleurs été touché indirectement par un incident en décembre 2022. Selon l’entreprise, la base de données d’un prestataire e-mail, SendGrid, avait été compromise et des adresses e-mail d’utilisateurs CoinTracker avaient été exposées. CoinTracker affirme que sa propre base de données n’avait pas été violée et qu’aucune donnée financière n’avait été exposée.

Ce type d’incident augmente surtout le risque de phishing.

Et les arnaques crypto sont devenues industrielles : FinCEN a récemment relié 33 904 signalements à 12,7 milliards de dollars d’activité financière suspecte. Crypto : FinCEN relie 12,7 milliards $ aux usines à arnaques

Protéger le compte CoinTracker avec un mot de passe unique et une 2FA reste donc indispensable.

Ajouter un wallet public ne donne pas accès aux cryptos

L’utilisation d’une adresse publique mérite une explication supplémentaire.

Quelqu’un peut se demander : « si je donne mon adresse Bitcoin ou Ethereum à CoinTracker, est-ce qu’il peut prendre mon argent ? »

Non.

Une adresse publique est justement conçue pour être partagée.

Elle permet notamment de recevoir des fonds et de consulter les opérations enregistrées sur la blockchain.

Pour déplacer les cryptos, il faut la clé privée correspondante ou le mécanisme de signature du wallet.

CoinTracker explique explicitement qu’il ne demande que l’adresse publique ou certains extended public keys lorsque nécessaire. Il ne réclame jamais les clés privées.

Dans Bitcoin, un xPub peut permettre de dériver et observer plusieurs adresses appartenant à un même portefeuille.

C’est très pratique pour la comptabilité.

Cela présente aussi un enjeu de confidentialité.

Une personne à qui l’on communique un xPub peut être capable d’observer beaucoup plus largement l’activité financière associée à ce portefeuille, même sans pouvoir voler les BTC.

Sécurité et confidentialité ne sont pas la même chose.

Une donnée peut être incapable de déplacer l’argent tout en révélant énormément d’informations sur cet argent.

Cette nuance devient particulièrement importante pour les gros portefeuilles.

Un utilisateur qui souhaite uniquement calculer ses impôts peut accepter cette visibilité.

Un autre peut préférer des méthodes différentes selon son modèle de confidentialité.

L’outil fonctionne parce qu’il voit.

Il faut donc comprendre ce qu’on lui permet de voir.

Les erreurs de synchronisation restent le vrai travail caché

Un logiciel automatisé donne facilement l’impression que tout se fera tout seul.

Dans la pratique, CoinTracker demande encore de la vérification.

Une connexion API peut expirer.

Un échange peut être importé deux fois.

Un retrait peut être interprété comme une vente alors qu’il s’agissait d’un transfert personnel.

Un token inconnu peut recevoir le mauvais symbole.

Une opération DeFi peut nécessiter une classification manuelle.

CoinTracker propose justement des outils permettant de modifier certaines transactions, d’ignorer des actifs, de corriger des frais ou de réimporter un compte lorsque la synchronisation pose problème.

C’est l’une des limites les plus importantes de tous les logiciels fiscaux crypto.

La blockchain fournit énormément de données.

Elle ne fournit pas toujours l’intention économique.

Une adresse A envoie 10 ETH à une adresse B.

La blockchain sait que 10 ETH ont bougé.

Elle ne sait pas automatiquement si A et B appartiennent à la même personne, si l’opération constitue un paiement, un don, un achat, un bridge, un dépôt sur une plateforme ou une autre opération.

Le contexte doit être reconstruit.

CoinTracker essaie d’automatiser cette interprétation à partir des intégrations et des données disponibles.

Les portefeuilles simples seront généralement plus faciles.

Les historiques DeFi de plusieurs années peuvent nécessiter davantage de nettoyage.

La règle reste donc élémentaire : ne jamais envoyer une déclaration fiscale simplement parce qu’un logiciel affiche un joli total vert.

Les transactions importantes doivent être vérifiées.

CoinTracker devient plus utile à mesure que le portefeuille se disperse

Il y a finalement une manière assez simple de savoir si CoinTracker est utile.

Imaginons un portefeuille composé uniquement de Bitcoin acheté deux fois par an sur une seule plateforme.

L’exchange fournit déjà l’historique.

La situation est lisible.

CoinTracker peut être pratique, mais il n’est pas forcément indispensable.

Maintenant, ajoutons Coinbase.

Puis Kraken.

Puis un Ledger.

Puis MetaMask.

Quelques opérations sur Uniswap.

Du staking.

Un bridge entre Ethereum et Base.

Du SOL envoyé vers Phantom.

Quelques stablecoins.

Un NFT.

Deux années supplémentaires.

La situation change complètement.

La DeFi est précisément devenue un marché où lending, collatéral, stablecoins et smart contracts s’enchaînent, avec une complexité que BrefCrypto observe aussi dans les nouvelles infrastructures financières on-chain. Narratives crypto 2026 : stablecoins, IA, RWA, Bitcoin et DeFi

CoinTracker devient alors une sorte de comptabilité centrale.

Il ne remplace pas les blockchains.

Il ne remplace pas les exchanges.

Il ne remplace pas l’expert-comptable.

Il rassemble les données nécessaires pour que ces différentes pièces deviennent compréhensibles.

Cette fonction peut sembler secondaire lorsque l’on débute.

Après cinq ans d’activité crypto, elle peut devenir centrale.

Les premiers achats paraissent toujours faciles à retenir.

Personne ne se souvient précisément, quatre ans plus tard, du prix d’acquisition d’un token obtenu après deux bridges et trois swaps.

CoinTracker peut-il remplacer un comptable ?

Pour un portefeuille simple, une grande partie du travail peut être automatisée.

Pour un portefeuille complexe, il faut être plus prudent.

CoinTracker peut calculer des gains, organiser les transactions, générer des rapports et fournir des données détaillées à un professionnel.

Cela ne signifie pas que le logiciel prend une responsabilité juridique à la place du contribuable.

CoinTracker précise d’ailleurs que son service est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou comptable.

Le besoin d’un professionnel augmente avec la complexité.

Trading professionnel.

Société détenant des crypto-actifs.

Mining.

Staking important.

Revenus internationaux.

NFT.

Activité DeFi complexe.

Plusieurs pays de résidence.

Ces situations dépassent rapidement la simple question « combien ai-je gagné sur Bitcoin ? ».

La localisation compte énormément.

Une personne installée en RDC ne possède pas les mêmes obligations qu’un résident fiscal français. Notre guide consacré aux usages et au cadre de la crypto en RDC montre justement pourquoi la réglementation doit être étudiée pays par pays. Crypto en RDC : usages, paiements et sécurité

CoinTracker peut rester utile dans les deux situations pour centraliser l’historique.

Le rapport final, lui, doit correspondre à la juridiction réelle.

Un tableur parfaitement organisé n’a jamais remplacé le droit fiscal.

CoinTracker vaut-il son prix ?

La réponse dépend moins de la taille du portefeuille que de son activité.

Un investisseur possédant 200 000 euros de Bitcoin acheté une seule fois peut avoir une situation comptable extrêmement simple.

Un trader possédant seulement 10 000 euros peut générer 20 000 transactions en un an.

Le deuxième utilisateur est probablement celui qui tire davantage de valeur d’un logiciel comme CoinTracker.

Le temps économisé est la véritable unité de mesure.

Reconstituer manuellement 5 000 lignes depuis plusieurs fichiers CSV peut prendre des jours.

Trouver une transaction oubliée dans un explorateur de blocs peut prendre encore plus de temps.

Corriger des transferts personnels identifiés comme des ventes peut devenir fastidieux.

Dans ce contexte, payer plusieurs centaines de dollars pour automatiser une partie du travail devient compréhensible.

À l’inverse, payer 599 dollars par an pour suivre dix achats Bitcoin n’aurait probablement pas beaucoup de sens.

Il faut également regarder la juridiction.

Un contribuable américain profite davantage des intégrations fiscales directes de CoinTracker.

Un utilisateur français doit actuellement effectuer davantage de travail pour adapter les informations à la déclaration française.

Voilà pourquoi « CoinTracker est-il bon ? » n’a pas une réponse universelle.

Le logiciel est mature.

Les intégrations sont nombreuses.

La fiscalité crypto reste, elle, profondément locale.

CoinTracker est surtout un grand registre personnel

La meilleure manière de comprendre CoinTracker est probablement d’oublier un instant les impôts.

Imaginez un grand registre personnel.

Chaque fois que de la crypto entre, sort, change de plateforme ou produit un revenu, CoinTracker essaie de conserver la trace de ce mouvement.

L’investisseur dispose ensuite d’un historique centralisé.

Combien de Bitcoin ont réellement été achetés ?

À quel prix ?

Combien ont été vendus ?

Quels actifs sont encore détenus ?

Quelle part du portefeuille est en perte ?

Combien de récompenses de staking ont été reçues ?

D’où provient cette transaction vieille de trois ans ?

Ce sont des questions comptables avant d’être fiscales.

Et plus la crypto se rapproche de la finance traditionnelle, plus cette comptabilité devient importante.

Les administrations fiscales commencent elles-mêmes à recevoir davantage d’informations des plateformes. Au Royaume-Uni, HMRC se prépare par exemple à automatiser plus largement la collecte de données crypto. Les dispositifs internationaux comme le CARF vont également pousser davantage d’intermédiaires à déclarer certaines informations aux administrations concernées.

Le temps où un historique incomplet de captures d’écran suffisait devient donc difficile à défendre.

CoinTracker a construit son activité sur ce changement.

La crypto a commencé avec l’idée que chacun pouvait contrôler directement ses actifs.

Elle découvre progressivement une autre réalité : contrôler directement ses actifs signifie aussi savoir ce qu’on en a fait.

Et c’est précisément là que CoinTracker intervient.

Ce n’est pas une plateforme pour acheter Bitcoin.

Ce n’est pas un wallet pour conserver Bitcoin.

Ce n’est pas un robot capable de faire disparaître l’impôt.

C’est un outil destiné à reconstruire et organiser l’histoire financière d’un portefeuille crypto.

Pour un débutant avec un seul compte, cette histoire tient encore dans quelques lignes.

Pour un utilisateur actif depuis 2017, elle peut contenir des dizaines de milliers de transactions.

CoinTracker devient alors beaucoup moins un gadget.

Et beaucoup plus une comptabilité.

Sources citées1
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Lydie Musekwa
Auteur

Lydie Musekwa

Lydie Musekwa, enseignante chercheuse passionnée par les nouvelles technologies, plonge dans l'univers des cryptomonnaies avec un regard analytique et innovant. Depuis sa découverte du bitcoin, son parcours s'est orienté vers une exploration exhaustive de la blockchain et de ses applications. Armée d'un esprit critique et d'une soif d'apprendre, elle s'attache à démystifier les concepts technologiques complexes pour ses lecteurs, tout en scrutant les dernières tendances et avancées. En tant que rédactrice, Lydie s'engage à partager des connaissances précises et à jour, faisant le pont entre le monde académique et la sphère digitale en constante évolution.