Bitcoin est en train de glisser vers une séquence rare : quatre mois de clôtures mensuelles négatives, une configuration qu’on n’avait plus vue depuis 2018. Dans l’imaginaire crypto, 2018 rime avec hiver et capitulation. D’où la question qui monte : est-ce que le scénario du crash vers la zone des 3 000 dollars peut, d’une manière ou d’une autre, se répéter ?
En bref :
- Bitcoin s’approche d’une série de quatre mois rouges, un schéma qu’on n’avait plus revu depuis 2018.
- Le parallèle avec l’époque des 3 000 dollars existe dans les esprits, mais le contexte de marché n’est plus le même.
- La surperformance récente de l’argent rappelle que les arbitrages « risque vs refuge » reviennent vite quand l’incertitude domine.
Quatre mois rouges, et l’alerte psychologique s’allume
Le marché crypto ne panique pas seulement à cause d’un prix qui baisse. Il réagit au rythme. Une série de mois rouges fatigue les acheteurs. Elle érode la confiance, même chez ceux qui se disent « long terme ».
Les chiffres cités dans le récit qui circule sont parlants. Un recul modéré en octobre, puis un mois de novembre très violent, suivi d’un décembre en retrait, et un janvier qui menace de finir du même côté. Ce n’est pas un effondrement continu. C’est pire, parfois : des rebonds qui n’accrochent rien, puis une nouvelle glissade.
À court terme, bitcoin se traite autour des 87 805 dollars au moment où ces données sont relevées. Ce niveau n’explique pas, à lui seul, la nervosité. Ce qui inquiète, c’est la sensation de « plancher qui se dérobe ». Une sensation connue des anciens.
2018 n’était pas qu’un krach, c’était une purge de récit
Comparer 2026 à 2018, c’est tentant. C’est aussi dangereux si on oublie le contexte. En 2018, bitcoin sortait d’une bulle grand public. Les promesses faciles s’évaporaient. Et le marché devait réapprendre la patience.
Ce qui a marqué les esprits, c’est la dernière jambe de baisse. Un décrochage final, brutal, qui a laissé peu de place aux sorties propres. L’idée de « flush » revient aujourd’hui dans les commentaires : un mouvement qui nettoie les positions les plus têtues.
Mais 2018 a aussi un chiffre concret. Le point bas de décembre s’est imprimé autour de 3 122 dollars, et la clôture annuelle s’est faite nettement sous 4 000 dollars. Ce rappel calme un peu le fantasme. Passer de près de 90 000 à 3 000 n’est pas une simple rime historique. Ce serait un changement d’ère.
L’argent métal qui surclasse bitcoin, vrai signal ou miroir déformant ?
Le papier qui alimente le débat ajoute un contraste spectaculaire : l’argent (silver) ferait mieux que bitcoin sur une période récente, avec un écart décrit comme « historique ». Pris comme une punchline, c’est efficace. Pris comme un indicateur, ça mérite un filtre.
Les pourcentages varient selon les fenêtres et les sources. Reuters, par exemple, souligne une forte hausse de l’argent sur une période comparable, portée par la demande industrielle et une offre contrainte, mais les chiffres ne sont pas strictement les mêmes que ceux qui circulent sur les réseaux. Cela n’annule pas l’idée. Cela rappelle juste qu’un graphique peut raconter plusieurs histoires.
Ensuite, le « market cap » de l’argent est une estimation théorique. Celui de bitcoin, lui, est calculé en continu sur un marché transparent. Quand on lit que l’argent pèserait plusieurs fois bitcoin, il faut comprendre : on compare deux mondes. Le message utile n’est pas la précision du ratio. C’est le retour en grâce des actifs tangibles quand le risque redevient à la mode… mais dans le mauvais sens.
Ce que les investisseurs peuvent en tirer, sans jouer au devin
L’enseignement le plus solide est simple. Une série de mois négatifs change le comportement des acteurs. Les traders raccourcissent leur horizon. Les investisseurs, eux, deviennent plus exigeants sur les points d’entrée. Et le marché, globalement, devient plus sensible aux chocs macro.
Sur ce cycle, Reuters a déjà relié certains décrochages à la baisse d’appétit pour le risque, à l’incertitude politique et aux tensions commerciales. Autrement dit, bitcoin n’évolue pas dans une bulle. Il respire l’air du temps, parfois à pleins poumons, parfois en apnée.
La question des « 3 000 dollars » fonctionne donc surtout comme un test mental. Elle force à distinguer deux choses : une comparaison de forme, et une comparaison de fond. La forme peut se répéter. Le fond, lui, dépend de facteurs nouveaux. C’est là que bitcoin surprend souvent. Pas quand tout va bien, mais quand tout le monde croit avoir déjà vu le film.
