En moins de 48 heures, le marché crypto a encaissé un choc violent : près de 2 milliards de dollars de positions ont été liquidées, pendant que la capitalisation totale fondait d’environ 240 milliards. Bitcoin a glissé jusqu’à 81 087 $ et Ethereum a touché 2 689 $, entraînant XRP, Solana et une large partie des altcoins dans la même vague.
En bref :
- Le marché crypto a subi un débouclage brutal, avec près de 2 milliards de dollars liquidés.
- Les tensions géopolitiques et l’incertitude autour de la Fed ont renforcé l’aversion au risque.
- Les sorties d’ETF Bitcoin ajoutent une pression supplémentaire sur la demande.
Un marché crypto qui casse parce qu’il était trop tendu
Ce n’est pas un “simple” repli. C’est un débouclage. Quand le prix décroche, l’effet domino vient du levier : les positions longues se font couper automatiquement, puis ces ventes forcées poussent encore le prix plus bas. Le marché se met alors à chuter par à-coups, comme une porte qui claque sur les doigts. Comme le rapporte Brefcrypto, Ethereum n’a pas pu tenir les 3000 dollars.
Les chiffres racontent cette mécanique sans poésie. Plus de 267 000 traders auraient été liquidés sur 24 heures, avec un ordre de liquidation majeur sur BTC-USDT dépassant 80 millions de dollars sur HTX. Et sur l’ensemble de la séquence. On évoque presque 2 milliards liquidés en deux jours.
Le timing n’aide pas. Une échéance d’options importante agit souvent comme un aimant à volatilité. Quand les volumes sont nerveux, les hedges bougent vite, les niveaux techniques sautent, et les stop-loss deviennent des accélérateurs. Bref, la structure de marché fait le travail sale avant même que le récit “macro” n’arrive sur scène.
Washington et le Moyen-Orient comme carburant émotionnel
La crypto aime se croire indépendante. Pourtant, quand les marchés globaux se crispent, elle se comporte souvent comme l’actif “risque” le plus pur : ça monte vite, ça se dégonfle plus vite encore. Cette fois, la nervosité vient aussi du bruit géopolitique autour de l’Iran, avec une rhétorique qui s’est durcie et une posture militaire affichée.
Dans le même temps, la politique monétaire américaine est redevenue un feuilleton à suspense. Donald Trump a confirmé qu’il annoncerait son choix pour la présidence de la Fed vendredi matin, et Kevin Warsh apparaît comme un favori crédible.
Le détail qui compte pour la crypto n’est pas le nom, mais l’interprétation. Les marchés ont commencé à “pricer” un scénario où la Fed pourrait être moins prévisible. Et dès que l’incertitude grimpe, le levier devient un luxe inutile. Bloomberg et Reuters ont rapporté que l’administration se préparait à une nomination de Warsh, ce qui a suffi à tendre encore un peu plus les nerfs.
Les ETF Bitcoin : la fuite par la porte institutionnelle
Le signal le plus clair, lui, vient des flux. Quand les ETF spot Bitcoin sortent massivement, ce n’est pas juste du trading de détail qui panique. C’est une partie de l’argent “propre”, celui qui a des comités de risque, qui réduit la voilure. Sur la séance de jeudi, les données suivies par Farside indiquent un net outflow de 817,8 millions de dollars.
Ces sorties ne prouvent pas que “les institutions abandonnent”. Elles disent plutôt que, dans un marché fragile, la demande marginale n’est plus là pour absorber les ventes forcées. Et sans acheteur marginal, les supports techniques deviennent des panneaux indicateurs, pas des airbags.
Là où c’est intéressant, c’est l’enchaînement : sorties d’ETF, baisse de prix, liquidations, puis nouvelle baisse. Le cercle est connu. La différence, c’est l’échelle, car les ETF ont connecté Bitcoin à une plomberie de marché plus large, plus réactive, parfois plus impatiente.
Ce que ce crash révèle vraiment sur le cycle crypto
Le réflexe serait de chercher un coupable unique. La réalité est plus banale et plus cruelle : trop de positions, trop concentrées, sur un marché qui dépend encore fortement de la liquidité globale. Quand l’ambiance macro se durcit, la crypto ne “résiste” pas, elle amplifie.
Le passage en “extrême peur” sur les indicateurs de sentiment, souvent cité dans ce type d’épisodes, n’est pas une prédiction. C’est un thermomètre. Il dit que le risque perçu monte d’un cran, et que les acteurs deviennent moins tolérants à la volatilité.
Reste la question que tout le monde pose sans la formuler : est-ce un nettoyage sain ou un début de tendance baissière plus longue ? La réponse dépendra moins d’une bougie quotidienne que de deux choses très concrètes : la stabilisation des flux (ETF, stablecoins, financement) et la capacité de Bitcoin à reconstruire des niveaux sans levier excessif. Tant que le marché cherchera l’équilibre “à crédit”, la prochaine secousse restera une question de calendrier, pas de possibilité.
