Le ton monte à Washington. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a intensifié la pression sur l’industrie crypto et ses opposants à la loi CLARITY, appelant à un compromis urgent avant une réunion décisive organisée à la Maison-Blanche entre banques et entreprises du secteur. Le sort des stablecoins américains pourrait bien se jouer dans les prochaines heures.
En Bref
- Scott Bessent critique la position du PDG de Coinbase sur la loi CLARITY et appelle à un compromis rapide
- Une nouvelle réunion à la Maison-Blanche tente aujourd’hui de débloquer le projet bloqué au Sénat
- Les rendements des stablecoins restent au cœur de la bataille entre banques et plateformes crypto
Le Trésor américain hausse le ton face à Coinbase
Le gant de fer semble avoir remplacé la diplomatie. Lors d’interventions publiques récentes, Scott Bessent a dénoncé l’attitude de certains acteurs du secteur crypto qui refusent tout compromis sur la loi CLARITY, allant jusqu’à affirmer que ceux qui rejettent toute régulation devraient envisager d’opérer ailleurs.
Sans citer directement Brian Armstrong dans toutes ses déclarations, le secrétaire au Trésor a clairement visé la position du PDG de Coinbase, lequel avait affirmé qu’il valait mieux ne pas avoir de loi plutôt qu’une mauvaise réglementation. Pour Bessent, cette posture freine l’avancée d’un cadre indispensable à la croissance du marché.
« Certains acteurs récalcitrants affirment qu’il vaut mieux ne pas légiférer que d’avoir une législation qui ne nous convient pas. Pour que la crypto reste un actif numérique viable et puisse progresser, il est impératif d’adopter la loi CLARITY. »
Le projet CLARITY reste bloqué au Sénat depuis plusieurs semaines, malgré la volonté affichée de l’administration américaine de donner aux États-Unis un rôle central dans l’écosystème crypto mondial. Washington estime que l’absence de règles claires fragilise l’innovation autant que la protection des investisseurs.
Derrière le bras de fer politique se cachent aussi des intérêts économiques majeurs. Coinbase dépend fortement de l’écosystème des stablecoins, notamment via l’USDC. Or, plusieurs dispositions débattues pourraient limiter les programmes de récompenses et les rendements, ce qui explique l’opposition ferme de certaines plateformes.
Sommet décisif à la Maison-Blanche : compromis ou blocage prolongé?
La réunion organisée à la Maison-Blanche représente une tentative cruciale de rapprocher les positions entre banques traditionnelles et acteurs crypto. Une première série de discussions n’avait pas permis de trouver d’accord concret, laissant le projet CLARITY dans l’impasse.
Au cœur des tensions figure une question stratégique : les plateformes crypto doivent-elles être autorisées à offrir des rendements sur les stablecoins ? Les institutions financières traditionnelles s’y opposent, craignant une concurrence directe avec les dépôts bancaires. À l’inverse, les entreprises crypto défendent ces produits comme un moteur d’innovation et d’adoption.
Plusieurs organisations du secteur ont salué la tenue de ces discussions, estimant qu’un dialogue direct avec les régulateurs reste la seule voie pour débloquer la situation. Des représentants majeurs de l’industrie ainsi que des acteurs bancaires participent aux négociations.
L’issue de cette réunion pourrait déterminer la trajectoire future du texte. Un compromis permettrait de relancer rapidement le processus législatif, tandis qu’un nouvel échec risquerait de prolonger l’incertitude réglementaire et de peser sur la confiance du marché crypto américain.
La bataille autour de la loi CLARITY dépasse largement un simple débat technique. Elle oppose deux visions de la régulation : un encadrement rapide pour sécuriser l’écosystème ou une prudence accrue pour éviter d’étouffer l’innovation. En appelant à des concessions mutuelles, Scott Bessent tente d’accélérer un processus devenu crucial pour l’avenir des stablecoins et du marché crypto américain.
Si les négociations aboutissent, les États-Unis pourraient franchir une étape majeure vers une régulation structurée des actifs numériques. Dans le cas contraire, le secteur risque de s’enliser encore davantage dans une incertitude politique qui freine déjà son développement.
