Goldman Sachs vient de mettre un nombre sur son exposition crypto : 2,36 milliards de dollars au quatrième trimestre 2025, déclarés dans un formulaire 13F déposé le 10 février 2026. Dans le détail, la banque affiche environ 1,1 milliard de dollars d’exposition au Bitcoin et près de 1 milliard à l’Ethereum, puis 153 millions sur le XRP et 108 millions sur Solana. Le tout reste petit à l’échelle de la maison : autour de 0,33 % du portefeuille 13F déclaré.
En bref :
- Goldman Sachs déclare 2,36 Md$ d’exposition crypto au T4 2025, surtout via Bitcoin et Ethereum.
- Le poids reste limité dans son portefeuille, mais la structure BTC/ETH intrigue.
- Le timing coïncide avec des discussions à Washington sur le rendement des stablecoins.
Un gros chiffre… mais une petite place dans le portefeuille
Le montant impressionne parce qu’il dépasse 2 milliards. Pourtant, le ratio raconte une autre histoire. Goldman Sachs montre de la présence, pas un virage à 180 degrés. Le 13F ne photographie pas “toute” la banque. Il reflète des positions sur titres cotés et certains instruments, à une date précise, ici au 31 décembre 2025. Ce que ça capte, ce n’est pas la philosophie de Goldman. C’est un instantané réglementaire.
Autre point qui recadre : les cryptos apparaissent surtout comme une exposition via des produits régulés, typiquement des ETF. On est loin du fantasme d’une salle des marchés remplie de wallets “on-chain” au nom de Goldman. C’est de la crypto empaquetée, format Wall Street.
Bitcoin et Ethereum au coude-à-coude, un signal crypto qui intrigue
Le duo BTC/ETH est le cœur du message. Le Bitcoin domine, mais l’Ethereum suit de très près. Cette quasi-égalité est inhabituelle dans les portefeuilles dits prudents, souvent plus proches d’une logique de “poids du marché” où le BTC écrase le reste.
Dans l’écosystème, ce détail a été relevé comme un marqueur. Simon Dedic (Moonrock Capital) a notamment souligné l’intérêt de voir Goldman détenir presque autant d’ETH que de BTC. La lecture implicite est simple : l’ETH n’est plus seulement “l’altcoin numéro 1”, il devient une jambe stratégique à part entière.
Ça ne veut pas dire que Goldman “parie” sur une surperformance d’Ethereum demain matin. Mais ça suggère une thèse plus nuancée que le réflexe institutionnel classique. Ethereum, avec ses usages, ses frais, ses mises à jour et son rôle d’infrastructure, ressemble davantage à une exposition “technologique” qu’à un simple actif de réserve. C’est souvent ce langage-là qui passe dans les comités.
La crypto XRP et Solana apparaissent, et ce n’est pas un détail décoratif
Les lignes XRP et Solana sont plus petites, mais elles comptent. Quand une banque de ce calibre affiche noir sur blanc une exposition à ces actifs, même via des produits de marché, elle normalise l’idée que la crypto ne se résume plus à BTC et ETH.
Évidemment, 153 millions et 108 millions restent modestes à l’échelle d’un portefeuille 13F géant. Mais l’important n’est pas seulement la taille. C’est le fait que ces expositions existent, donc qu’elles ont franchi des filtres internes, juridiques, risques et conformité.
La discussion devient alors plus intéressante que le chiffre. XRP, Solana, demain d’autres : la crypto entre dans une phase où les institutions peuvent “panacher” sans avoir l’impression de sortir du cadre. C’est souvent comme ça que les grandes tendances s’installent. Pas par un coup de tonnerre, plutôt par une série de gestes qui finissent par sembler banals.
Le contexte politique compte aussi, surtout sur les stablecoins
Cette publication arrive au moment où Washington remet les stablecoins au centre du jeu. Une réunion à la Maison Blanche sur la question du rendement des stablecoins a été programmée un mardi après-midi, avec des représentants des secteurs bancaire et crypto, et sans PDG à la table.
Pourquoi c’est lié ? Parce que la crypto “institutionnelle” avance rarement sans rails réglementaires. Les ETF ont servi de passerelle. Les stablecoins pourraient devenir l’autre passerelle, côté paiements et cash management, à condition que la bataille du rendement et des règles de distribution se règle.
Dans ce décor, les 2,36 milliards de Goldman ressemblent moins à une prise de risque qu’à un positionnement. La banque ne crie pas victoire. Elle se place là où le marché devient fréquentable. Et elle laisse au public le soin de confondre “exposition” et “adhésion totale”.
