La crypto entre-t-elle dans une nouvelle ère ? Pour Mike Novogratz, PDG de Galaxy, le temps des rendements explosifs pourrait céder la place à des performances plus stables, portées par la tokenisation des actifs du monde réel sous-entendant ainsi la fin de l’âge de speculation crypto.
En bref
- La crypto pourrait quitter son âge spéculatif.
- La tokenisation des actifs réels gagne en importance.
- Le profil des investisseurs devient plus institutionnel.
Fin de la spéculation crypto : un marché en pleine transition
Le marché crypto a longtemps attiré les investisseurs en quête de multiplicateurs rapides. Cependant, selon Mike Novogratz, cette dynamique pourrait s’essouffler. Lors du CNBC Digital Finance Forum à New York, le dirigeant de Galaxy a affirmé que l’industrie mûrit et attire désormais des acteurs institutionnels moins enclins au risque.
En effet, les investisseurs particuliers cherchent traditionnellement des rendements extrêmes — du “10x” ou “30x”. Or, cette culture spéculative repose sur des cycles narratifs puissants. Comme l’a rappelé Novogratz, la crypto fonctionne avant tout sur des “histoires” capables d’entraîner les foules.
Toutefois,les chocs successifs ont fragilisé cet élan. L’effondrement de FTX en 2022 a provoqué une chute historique du Bitcoin, passé de 69 000 dollars à près de 15 700 dollars, soit une correction de 78 %. Cette rupture de confiance a durablement marqué le marché baissier. Plus récemment, le “rinçage” d’octobre, sans catalyseur clair, a accentué la pression vendeuse et éliminé de nombreux acteurs à effet de levier.
Ainsi, la crypto semble entrer dans une phase de transition. Le capital spéculatif se raréfie, tandis que les institutions redéfinissent les règles du jeu.
La tokenisation des actifs, nouveau moteur de la crypto ?
Face à ce changement, Novogratz anticipe une transformation profonde du secteur. Selon lui, la tokenisation des actifs du monde réel (RWA) pourrait progressivement remplacer la spéculation pure. Immobilier, obligations ou matières premières pourraient être intégrés sur les rails blockchain.
Cette évolution modifierait la structure des rendements. Au lieu de paris à haut risque, les investisseurs pourraient privilégier des performances plus faibles mais régulières. En d’autres termes, la crypto deviendrait une infrastructure financière plutôt qu’un casino numérique.
D’ailleurs, cette vision gagne du terrain. Sergey Nazarov, cofondateur de Chainlink, estime que les actifs tokenisés pourraient dépasser la capitalisation des cryptomonnaies traditionnelles. Parallèlement, David Marcus (Lightspark) observe un changement dans la détention du Bitcoin, désormais davantage intégré au système financier classique via les ETF et produits régulés.
Par conséquent, le profil des détenteurs évolue. Les croyants de long terme conservent leur position stratégique sur Bitcoin comme couverture macroéconomique, tandis que la spéculation excessive s’estompe.
La crypto ne disparaît pas ; elle se transforme. Si l’ère des gains fulgurants semble ralentir, une nouvelle phase axée sur la tokenisation et la stabilité pourrait émerger. Reste à savoir si ce virage séduira autant que les promesses de rendements explosifs.
