Ça chauffe pour Paul Atkins. Le patron de la SEC vient de se faire démonter au Congrès par les élus démocrates qui l’accusent de brader la protection des investisseurs pour servir les intérêts crypto de Trump. Le bilan fait froid dans le dos : 60% de poursuites en moins depuis son arrivée, des millions qui atterrissent directement chez les Trump, et des dossiers bétons qui s’évaporent du jour au lendemain.
En Bref
- Baisse de 60% des actions d’application de la loi crypto depuis l’arrivée d’Atkins à la SEC
- 500 millions de dollars investis par les Émirats arabes unis dans World Liberty Financial avant l’investiture de Trump
- Classement d’affaires contre Binance, Coinbase et Justin Sun suscitent l’indignation des démocrates
Une Audition Explosive au Congrès
L’audition du 11 février 2026 devant la commission des services financiers de la Chambre des représentants s’est transformée en véritable réquisitoire. Paul Atkins, président de la SEC nommé par Donald Trump, s’est retrouvé dans la ligne de mire. Les élus démocrates dénoncent un virage réglementaire inquiétant.
Stephen Lynch, représentant démocrate du Massachusetts, a ouvert les hostilités en révélant des chiffres accablants. Depuis l’entrée en fonction de Trump et la nomination d’Atkins, les mesures d’application de la loi sur les cryptos ont chuté de 60%.
Le démocrate a particulièrement souligné l’abandon de poursuites majeures, notamment celle contre Binance. Cette plateforme joue pourtant un rôle central dans l’écosystème de World Liberty Financial (WLFI) liée à la famille Trump. Lynch n’a pas mâché ses mots
Les gens perdent confiance, et c’est mauvais pour les cryptomonnaies. Ce n’est certainement pas bon pour les consommateurs, et le préjudice moral subi par la SEC est catastrophique.
Face aux accusations, Atkins a maintenu sa ligne de défense. Il affirme que la SEC dispose d’un « dispositif de répression très efficace » et continue d’engager des poursuites. Néanmoins, cette réponse n’a convaincu personne parmi les rangs démocrates qui y voient une volonté manifeste d’affaiblir la surveillance réglementaire.
World Liberty Financial au Cœur du Scandale
L’affaire World Liberty Financial cristallise toutes les tensions. Selon des révélations récentes du Wall Street Journal, Aryam Investment 1, un véhicule d’investissement d’Abu Dhabi soutenu par le cheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, a acquis 49% de la start-up derrière WLFI pour 500 millions de dollars.
Cette transaction, signée par Eric Trump quatre jours avant l’investiture présidentielle, soulève d’innombrables questions éthiques. Sur le premier versement de 250 millions $ 187 millions ont directement alimenté des entités contrôlées par la famille Trump. 31 millions supplémentaires ont été versés à des structures affiliées à Steve Witkoff, cofondateur de WLFI et envoyé spécial de Trump au Moyen-Orient.
Lynch a expressément cité cet investissement étranger comme source d’inquiétude majeure. Il suggère qu’une implication financière aussi massive nécessite un examen réglementaire approfondi. Les démocrates craignent que ces liens financiers n’aient influencé des décisions politiques cruciales, notamment l’autorisation récente d’exportation de puces d’intelligence artificielle vers les Émirats arabes unis, malgré les préoccupations de sécurité nationale.
Maxine Waters Monte au Créneau
Maxine Waters, représentante de Californie et figure de proue de l’opposition démocrate, s’est montrée encore plus virulente. Elle accuse directement Atkins d’avoir abandonné des affaires judiciaires que la SEC était pourtant en train de remporter.
« Ces affaires ont été classées sans suite, malgré le fait que la SEC gagnait en justice, prouvant ainsi que son programme de répression des fraudes aux cryptomonnaies était bien fondé sur le droit », a-t-elle martelé.
Waters pointe du doigt un schéma récurrent : les dirigeants du secteur crypto qui ont bénéficié de grâces présidentielles ou d’abandons de poursuites réglementaires auraient versé « des millions de dollars » à Trump et à sa famille. L’affaire Justin Sun, fondateur de la Tron Foundation, illustre parfaitement cette dynamique troublante.
L’enquête contre Sun pour manipulation présumée du token TRX a été mise en suspens après son investissement de 30 millions de dollars dans World Liberty Financial, ultérieurement porté à 75 millions. Waters a interrogé Atkins sur cette coïncidence temporelle suspecte : « Pendant que vous exploriez une résolution potentielle, M. Sun s’est empressé de s’intégrer dans l’orbite de Trump. »
Critique virulente de Trump et du secteur crypto depuis des années, Waters réclame à plusieurs reprises des enquêtes sur les activités cryptographiques de la famille présidentielle. Elle qualifie ces projets de porte dérobée potentielle permettant à des entités étrangères d’influencer la politique du pouvoir exécutif par la corruption.
Des Implications Politiques Majeures
Cette confrontation s’inscrit dans un contexte électoral sensible. Les élections de mi-mandat approchent, et les démocrates espèrent reprendre le contrôle d’au moins une chambre du Congrès. Leur résistance affichée à la déréglementation crypto pourrait bloquer toute législation future sur la structure du marché si leur stratégie électorale porte ses fruits.
Le marché crypto lui-même semble réagir négativement à l’accumulation des controverses. Lynch a souligné que la chute de 25% des valorisations témoigne d’une perte de confiance généralisée. Certains influenceurs pro-Trump, autrefois enthousiastes, commencent à critiquer ouvertement le président, l’accusant d’avoir utilisé sa base électorale comme « liquidité de sortie » pour ses ventures crypto.
Atkins, de son côté, défend sa vision d’une réglementation modernisée à travers le « Project Crypto », une initiative visant à positionner les États-Unis comme capitale mondiale de la cryptomonnaie. Il soutient que la plupart des tokens ne sont pas des titres financiers et promet un cadre réglementaire plus clair. Cependant, cette approche pro-innovation semble irréconciliable avec les exigences démocrates de protection renforcée des investisseurs.
L’audition de mercredi marque un tournant décisif dans le débat sur la réglementation crypto américaine. D’un côté, l’administration Trump et Paul Atkins prônent l’assouplissement réglementaire pour favoriser l’innovation et la compétitivité américaine. De l’autre, les démocrates dénoncent un système de corruption potentiel où les intérêts financiers de la famille présidentielle dictent les politiques publiques.
