Aujourd’hui, le marché crypto joue avec deux allumettes dans une pièce déjà pleine de fumée : une grosse expiration d’options sur Deribit et la publication de l’IPC américain. Le mélange est simple. Moins de liquidité, plus de nervosité, et des niveaux techniques qui se défendent au millimètre.
En bref :
- Le marché crypto fait face à une double secousse entre expiration d’options et IPC américain.
- Une surprise sur l’inflation peut amplifier la volatilité bien au-delà des dérivés crypto.
- Le prix réalisé autour de 55 000 $ reste un repère clé, mais il n’offre aucune garantie.
L’expiration des options : un aimant à prix, pas un oracle
D’un côté, environ 38 000 options Bitcoin arrivent à échéance pour une valeur notionnelle proche de 2,5 milliards de dollars. Les repères de marché associés à cette échéance pointent vers un max pain autour de 75 000 $ et un put/call proche de 0,76, ce qui traduit une lecture encore hésitante, pas un consensus clair. De l’autre côté, l’IPC de janvier est publié ce vendredi 13 février 2026 à 8h30 (ET). C’est exactement le genre de timing qui transforme une séance “normale” en séance nerveuse.
Une échéance d’options ne “prédit” pas le sens. Elle change surtout la façon dont le prix du bitcoin bouge. Quand beaucoup de contrats expirent, certains desks ajustent leurs couvertures. Le marché peut alors coller à des zones clés, comme si le prix suivait une corde invisible.
Pour cette échéance, la taille est suffisante pour créer des effets de traction. Le max pain vers 75 000 $ est loin du spot actuel. Résultat : la bataille se fait plutôt sur les niveaux intermédiaires, là où les positions se rééquilibrent vite. Les rebonds peuvent être secs. Les rejets aussi.
Ce qui compte, c’est l’après. Une fois l’échéance passée, une partie des “protections” disparaît ou se reconstruit. Le marché crypto respire parfois mieux. Ou bien il découvre qu’il tenait debout grâce à des béquilles. Dans une ambiance déjà fragile, ce détail fait toute la différence.
L’IPC : le chiffre qui peut casser l’histoire du “rebond crypto technique”
La journée est aussi suspendue au chiffre d’inflation américain. Les attentes dominantes tablent sur un ralentissement : une inflation globale qui passerait vers 2,5% sur un an (contre 2,7% auparavant), et une inflation “core” autour de 2,5%. Si ce scénario se confirme, le marché peut se raconter une histoire plus confortable : pression moindre sur les taux, air un peu plus respirable pour les actifs risqués, dont la crypto.
Le problème, c’est la surprise. Une inflation plus chaude que prévu rallume immédiatement le débat sur des taux plus hauts plus longtemps. Et la crypto déteste quand le coût de l’argent redevient le personnage principal. Dans ce cas, la volatilité ne vient pas seulement des traders crypto. Elle revient aussi des marchés actions, du dollar, et des arbitrages macro.
Même les discours “bull” deviennent prudents. Standard Chartered, par exemple, évoque un scénario où le bitcoin pourrait descendre vers 50 000 $ avant de redevenir une opportunité d’achat, tout en abaissant sa cible de fin 2026. Ce n’est pas une prophétie. C’est un rappel : quand la macro se durcit, les objectifs se plient.
On-chain et sentiment crypto : la peur extrême, et un plancher qui n’est pas garanti
Le sentiment a déjà basculé dans l’extrême. Début février, l’indice Crypto Fear & Greed a touché 5 avant de remonter à 8, un niveau associé à une peur rare. Ce genre de lecture signale souvent une capitulation émotionnelle. Mais ce n’est pas une assurance “bottom immédiat”. Parfois, c’est juste le début du silence.

Côté on-chain, un niveau revient comme une ligne de fracture : le prix réalisé du Bitcoin, proche de 55 000 $ selon Glassnode. Historiquement, le marché le traite comme une zone où la douleur change de camp. Au-dessus, les détenteurs tiennent. En dessous, la panique peut devenir mécanique.
Et la douleur, justement, est déjà visible. Des analyses relayant CryptoQuant décrivent une phase de pertes réalisées parmi les plus fortes de l’histoire récente, classée dans le haut du tableau des événements de capitulation. Dans ce contexte, l’expiration des options et l’IPC ne sont pas “deux news de plus”. Ce sont deux tests de solidité, le même jour.
