Le Bitcoin est retombé vers 64 000 dollars après la première réunion du FOMC dirigée par Kevin Warsh. La Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés, mais elle a ouvert la porte à une nouvelle hausse en 2026. Pour le marché crypto, l’espoir d’un assouplissement rapide vient de prendre un sérieux coup.
Le Bitcoin et l’Ether reculent après la Fed
Le Bitcoin a perdu plus de 2 % pour revenir autour de 64 300 dollars. Ce recul prolonge la série de réactions négatives du BTC autour des dernières réunions du FOMC. Il avait dépassé 66 000 dollars plus tôt dans la séance.
L’Ether a subi une pression encore plus forte, avec un recul supérieur à 3 % vers 1 740 dollars. La baisse touche également une large partie des altcoins. Les investisseurs ont réduit leur exposition aux actifs risqués après la publication des nouvelles projections monétaires.
Le marché espérait un discours équilibré. Il a reçu une Fed davantage préoccupée par l’inflation. Ce mouvement reste toutefois contenu par rapport aux corrections observées après certaines réunions précédentes.
Le Bitcoin défend encore la zone des 64 000 dollars. Mais son incapacité à conserver les gains obtenus avant le FOMC montre que les acheteurs restent fragiles.
Kevin Warsh ferme la porte aux baisses rapides
La Fed a conservé son taux directeur entre 3,50 % et 3,75 %. La décision a été approuvée à l’unanimité. Ce maintien était largement anticipé et ne constitue donc pas la véritable surprise de la réunion.
Le changement se trouve dans les projections. Neuf responsables sur dix-huit prévoient désormais au moins une hausse de taux avant la fin de l’année. Les marchés espéraient encore, il y a quelques semaines, que la Fed puisse reprendre ses baisses.
L’institution a également relevé sa prévision d’inflation pour 2026. Celle-ci passe de 2,7 % à 3,6 %. Cette révision reflète notamment la hausse des coûts énergétiques et les perturbations provoquées par le conflit au Moyen-Orient.
Kevin Warsh a insisté sur l’engagement de la banque centrale à ramener l’inflation vers son objectif de 2 %. Son message ne promet ni hausse immédiate ni calendrier précis. Il rappelle toutefois que la Fed n’est pas prête à soutenir les marchés simplement parce que les actifs risqués reculent.
Le nouveau président a aussi rompu avec la communication habituelle de son prédécesseur. Il souhaite réduire les indications données à l’avance et laisser davantage de place aux données économiques. Cette méthode augmente mécaniquement l’incertitude entre deux réunions.
Pour les traders, moins de visibilité signifie davantage de volatilité. Le marché ne peut plus compter sur une trajectoire monétaire clairement annoncée plusieurs mois à l’avance. Chaque chiffre sur l’emploi, l’inflation ou la consommation peut désormais modifier brutalement les anticipations.
Le dollar et les rendements mettent la crypto sous pression
Le virage de la Fed a rapidement renforcé le dollar. L’indice du billet vert a progressé d’environ 0,5 %. Le rendement des obligations américaines à deux ans a également atteint son plus haut niveau depuis plus d’un an.
Cette combinaison reste défavorable au Bitcoin. Un dollar plus fort réduit généralement l’attrait des actifs libellés dans cette monnaie. Des rendements obligataires élevés offrent aussi aux investisseurs une alternative moins volatile que la crypto.
Wall Street a suivi le même mouvement. Le S&P 500 a perdu plus de 1 %, tandis que le Nasdaq a également reculé. Le marché crypto ne réagit donc pas à un problème propre au Bitcoin. Il subit une réduction générale du goût pour le risque.
La baisse récente du pétrole pourrait néanmoins apporter un peu de répit. L’accord entre les États-Unis et l’Iran a réduit la crainte d’une crise énergétique prolongée. Si cette détente fait reculer l’inflation dans les prochains mois, la Fed pourrait éviter de relever réellement ses taux.
Le calendrier et les décisions officielles du FOMC restent disponibles sur le site de la Réserve fédérale.
Les 60 000 dollars reviennent dans le viseur
Le Bitcoin doit maintenant défendre la zone comprise entre 63 000 et 64 000 dollars. Une rupture ouvrirait la voie à un nouveau test du seuil psychologique des 60 000 dollars, brièvement franchi à la baisse au début du mois.
Cette zone reste centrale, car elle correspond à la ligne de défense principale des acheteurs depuis plusieurs semaines. Une cassure nette changerait rapidement le sentiment de marché.
À la hausse, le BTC devra reprendre 66 000 dollars pour effacer la réaction négative au FOMC. Un retour durable au-dessus de ce niveau permettrait ensuite de viser la zone des 68 000 à 70 000 dollars.
La suite dépendra moins de la décision du jour que des prochaines données économiques. Une baisse durable de l’inflation affaiblirait le scénario d’une hausse des taux. À l’inverse, de nouveaux chiffres élevés renforceraient le dollar et prolongeraient la pression sur la crypto.
La première réunion de Kevin Warsh envoie donc un message clair. La Fed ne vient pas sauver les marchés. Le Bitcoin devra construire sa reprise dans un environnement où l’argent pourrait rester cher plus longtemps que prévu, alors même que la liquidité en stablecoins attend encore un signal clair pour revenir.
En bref
- Le Bitcoin recule vers 64 000 dollars après le FOMC.
- La Fed envisage désormais une possible hausse des taux en 2026.
- Le dollar et les rendements obligataires pèsent sur la crypto.
