Brian Armstrong rejette l’idée selon laquelle Coinbase devrait abandonner la crypto pour suivre l’essor de l’intelligence artificielle. Le PDG estime que les deux technologies ne sont pas rivales. Selon lui, les agents IA auront besoin de réseaux financiers autonomes pour effectuer leurs paiements, ce qui pourrait renforcer l’utilité des stablecoins, de Base et du protocole x402.
Coinbase refuse le faux choix entre crypto et IA
Cette stratégie prolonge le récit des paiements x402 capables de facturer sous le centime. Brian Armstrong répond à un récit devenu fréquent dans la technologie. Des investisseurs et des entrepreneurs considèrent que l’intelligence artificielle attire désormais plus de capitaux, de talents et d’attention que la blockchain. Ils présentent donc l’IA comme le nouveau secteur à privilégier au détriment de la crypto.
Le dirigeant de Coinbase juge ce raisonnement trop limité. Une technologie généraliste ne disparaît pas automatiquement lorsqu’une autre prend de l’importance. Internet n’a pas rendu les paiements inutiles. Les smartphones n’ont pas supprimé le cloud. De la même manière, l’IA pourrait créer de nouveaux besoins auxquels les infrastructures crypto répondent mieux que les systèmes bancaires classiques.
Armstrong ne nie toutefois pas la domination financière actuelle de l’IA. En 2025, les entreprises du secteur ont capté une part massive des investissements mondiaux en capital-risque. Cette concentration explique pourquoi certaines startups crypto rencontrent davantage de difficultés pour lever des fonds.
Les agents IA auront besoin de leur propre argent
La thèse de Coinbase repose sur l’arrivée d’agents capables d’agir sans intervention humaine constante. Ces logiciels pourront rechercher un service, comparer des offres, louer de la puissance informatique ou acheter des données. Pour accomplir ces tâches, ils devront également être capables de payer.
Les infrastructures bancaires actuelles sont principalement conçues pour des humains et des entreprises identifiées. Elles imposent des comptes, des horaires, des autorisations et plusieurs intermédiaires. Un agent logiciel peut difficilement ouvrir seul un compte bancaire et effectuer des milliers de micropaiements internationaux chaque jour.
Une blockchain programmable offre une autre voie. Un agent peut contrôler un portefeuille soumis à des limites précises. Il peut envoyer un stablecoin seulement lorsqu’une condition est remplie. Cette logique apparaît aussi dans les transactions attribuées à des agents IA sur le XRP Ledger.
USDC, Base et x402 forment déjà l’infrastructure
Coinbase développe x402, un protocole de paiement inspiré du code HTTP 402, historiquement réservé aux paiements requis. La documentation de Coinbase présente x402 comme un moyen de demander et régler automatiquement un paiement avant de fournir une donnée, un contenu ou une ressource informatique.
L’USDC occupe une place centrale dans ce dispositif. Le protocole vise surtout les paiements de faible montant, rapides et programmables. Des analyses de marché ont déjà signalé une forte activité liée à x402 sur Base, même si la valeur moyenne des transactions et leur concentration restent à surveiller.
Base, le réseau de deuxième couche développé par Coinbase, sert de rail technique. Ses frais faibles et sa compatibilité avec Ethereum facilitent les paiements automatisés. La société cherche ainsi à occuper plusieurs positions à la fois : fournir le stablecoin, le réseau, le protocole et les outils permettant aux agents d’accéder à ces services. Cette stratégie s’inscrit dans la montée des stablecoins comme infrastructure de paiement numérique.
Coinbase adopte l’IA sans abandonner son métier
Refuser un « virage vers l’IA » ne signifie pas que Coinbase ignore cette technologie. L’entreprise utilise déjà des agents dans son fonctionnement interne. Elle veut automatiser davantage de tâches, accélérer le développement logiciel et améliorer certains modèles de gestion du risque.
Coinbase indique également que ses équipes utilisent de plus en plus l’assistance IA pour produire du code, avant contrôle humain. L’IA devient donc un outil opérationnel, tandis que la crypto reste le produit et l’infrastructure principale. Cette évolution rejoint l’intégration d’assistants IA dans les portefeuilles crypto.
Le pari de Brian Armstrong reste néanmoins à démontrer. Des agents peuvent utiliser des cartes virtuelles, des API bancaires ou des systèmes de paiement centralisés. La blockchain ne gagnera que si elle offre un coût inférieur, une meilleure disponibilité et une programmation réellement plus simple.
Coinbase ne choisit donc pas entre crypto et IA. L’entreprise tente de placer ses réseaux sous les échanges réalisés par les machines. Si les agents autonomes deviennent une véritable économie, Coinbase veut leur vendre les routes financières avant même que la circulation commence. Cette ambition ajoute un nouveau récit à une action déjà sensible, comme l’a montré le récent rebond de Coinbase après les achats de Cathie Wood.
En bref
- Brian Armstrong refuse d’opposer la crypto à l’intelligence artificielle.
- Coinbase mise sur Base, l’USDC et x402 pour les paiements des agents IA.
- L’usage progresse, mais la demande économique reste encore à confirmer.
