Digital Currency Group demande au Sénat américain d’adopter rapidement le CLARITY Act. Le géant de la crypto estime que l’absence de règles claires pousse déjà les entreprises, les capitaux et les talents vers des juridictions comme Singapour et les Émirats arabes unis. Son soutien intervient pourtant au moment où le projet de loi risque un nouveau blocage politique.
Crypto et CLARITY Act, DCG redoute un décrochage américain
Cette pression arrive alors que le CLARITY Act gagne des soutiens, mais manque toujours de temps. Digital Currency Group a apporté son appui à la version actuelle du texte, qu’il présente comme une étape nécessaire pour donner davantage de certitude aux entreprises crypto américaines.
DCG ne parle pas comme un acteur secondaire. Le groupe indique sur son site avoir réalisé plus de 200 investissements en capital, avec des activités allant de la gestion d’actifs à l’infrastructure crypto. Son portefeuille comprend notamment Grayscale, Foundry et Luno. Son message vise donc directement les sénateurs hésitants, mais aussi les responsables bancaires opposés à certains éléments du projet.
Le groupe considère que les États-Unis abandonnent progressivement leur avance technologique. Les entrepreneurs crypto chercheraient désormais des juridictions plus prévisibles. Singapour et les Émirats arabes unis figurent parmi les destinations régulièrement citées par l’industrie. Pour DCG, l’incertitude juridique n’est plus un simple problème administratif. Elle devient un handicap économique.
Une bataille pour répartir les pouvoirs entre la SEC et la CFTC
Le CLARITY Act veut définir plus précisément la nature juridique des actifs numériques. Il cherche notamment à distinguer les cryptos considérées comme des titres financiers de celles classées parmi les matières premières numériques. Cette séparation déterminerait ensuite quelle agence doit surveiller chaque marché.
La SEC conserverait son autorité sur les actifs assimilables à des valeurs mobilières. La CFTC obtiendrait un rôle plus large sur les cryptos reconnues comme matières premières. Les exchanges, les émetteurs et les investisseurs sauraient ainsi plus facilement quelles règles respecter. Aujourd’hui, cette frontière reste source de procédures judiciaires et de décisions parfois contradictoires.
La commission bancaire du Sénat a déjà avancé le texte par 15 voix contre 9 en mai 2026. Cynthia Lummis a ensuite publié une version mise à jour du texte, en expliquant que les prochaines semaines représentaient l’une des dernières vraies fenêtres pour agir. Cette urgence rejoint la lecture de Scott Bessent, qui jugeait déjà le vote crypto presque finalisé.
Le soutien de Paul Atkins renforce aussi l’argument de DCG. Dans un témoignage devant le Sénat, le président de la SEC a déclaré soutenir les efforts du Congrès pour adopter le CLARITY Act, tout en indiquant que la commission se préparait à accompagner une transition réglementaire.
Les stablecoins et Donald Trump bloquent encore les négociations
Le consensus apparent masque plusieurs conflits. Les banques contestent notamment les récompenses versées aux détenteurs de stablecoins. Elles craignent que ces produits détournent une partie des dépôts bancaires vers des dollars numériques, réduisant ainsi les ressources disponibles pour financer les prêts.
Le second blocage concerne l’éthique politique. Des élus démocrates réclament des mesures plus sévères pour empêcher les responsables publics de profiter personnellement des politiques favorables aux cryptos. Donald Trump et les activités numériques de sa famille restent au centre des critiques.
Une clause révisée empêcherait certains hauts responsables et leurs proches d’émettre ou de promouvoir des actifs numériques. Plusieurs démocrates jugent cependant cette protection insuffisante. Comme nous l’avons déjà expliqué, les revenus crypto de Trump compliquent directement le vote du CLARITY Act. Sans véritable compromis bipartisan, le soutien de l’industrie ne suffira pas à garantir son adoption.
MarketWatch souligne aussi que les objections bancaires et les controverses autour des activités crypto de Trump pèsent sur les chances du texte à court terme. Le problème n’est donc pas seulement technique. Il est devenu profondément politique.
DCG transforme le vote en choix économique
L’argument central de DCG dépasse la réglementation financière. Le groupe présente désormais le CLARITY Act comme un test de compétitivité. Washington doit choisir entre organiser son marché crypto ou regarder les projets américains s’installer dans des pays offrant des règles plus lisibles.
Cette pression est renforcée par le soutien de grandes institutions. Fidelity, Goldman Sachs et d’autres acteurs de Wall Street défendent également un cadre plus lisible. Cette convergence explique pourquoi le soutien de Goldman Sachs au CLARITY Act a pris une dimension symbolique. L’industrie traditionnelle et les entreprises crypto trouvent ici un intérêt commun.
Mais l’urgence affichée par DCG peut difficilement effacer les désaccords politiques. Le texte doit obtenir suffisamment de voix au Sénat, être harmonisé avec la version adoptée par la Chambre, puis recevoir la signature présidentielle. Chaque étape peut encore provoquer un retard. Le CLARITY Act pourrait offrir aux États-Unis leur premier cadre crypto global. Il pourrait aussi devenir le symbole d’une réforme longtemps annoncée, mais toujours repoussée.
En bref
- DCG demande au Sénat d’adopter rapidement le CLARITY Act.
- Le groupe redoute une fuite des entreprises crypto vers des juridictions plus lisibles.
- Les stablecoins et les conflits d’intérêts politiques bloquent encore le texte.
