Le représentant républicain Mike Haridopolos relance la pression en faveur du CLARITY Act, alors que le Sénat dispose de très peu de temps avant sa pause d’août. Le texte doit clarifier le partage des pouvoirs entre la SEC et la CFTC sur les cryptomonnaies. Mais son soutien à la Chambre n’est pas nouveau : cette dernière l’a déjà adopté en juillet 2025 par 294 voix contre 134. La véritable bataille se déroule désormais au Sénat.
Mike Haridopolos remet le CLARITY Act au centre
Cette sortie intervient alors que le Sénat a encore reporté le CLARITY Act. Mike Haridopolos, élu de Floride et membre de la commission des services financiers de la Chambre, a réaffirmé son soutien au texte lors d’une intervention sur Fox Business. Il estime que les États-Unis risquent de laisser leur avance dans les actifs numériques à d’autres juridictions si le Congrès tarde encore à agir.
Son intervention apporte surtout une nouvelle poussée médiatique. Elle ne représente pas un changement de majorité à la Chambre, puisque le projet y avait déjà obtenu un large soutien bipartisan. Haridopolos avait lui-même voté pour le texte lors de son adoption le 17 juillet 2025.
Le message vise donc principalement les sénateurs. Les partisans du CLARITY Act veulent empêcher que la réforme reste bloquée après avoir franchi la Chambre. Selon eux, l’incertitude actuelle décourage les entreprises et complique le lancement de nouveaux produits crypto aux États-Unis.
La SEC et la CFTC doivent enfin partager les rôles
Le CLARITY Act cherche à définir quels actifs numériques relèvent de la SEC et lesquels doivent être supervisés par la CFTC. La première contrôle traditionnellement les titres financiers. La seconde surveille les marchés de matières premières et leurs produits dérivés.
Cette séparation doit répondre à une question qui empoisonne le secteur depuis plusieurs années. Un token peut-il être considéré comme un titre lors de sa vente initiale, puis devenir une matière première numérique lorsque son réseau devient suffisamment décentralisé ? Le projet tente de fournir une méthode plus prévisible pour répondre à ce type de situation.
Le texte couvre également la lutte contre le blanchiment, les règles applicables aux plateformes, la finance décentralisée et la tokenisation. Il précise notamment qu’un titre financier traditionnel ne perd pas sa nature juridique simplement parce qu’il est représenté sur une blockchain.
La page officielle de Congress.gov consacrée au H.R. 3633 confirme le vote de la Chambre du 17 juillet 2025, avec 294 voix pour et 134 contre. Ce point est essentiel : la Chambre a déjà tranché. Le blocage actuel se situe donc bien au Sénat.
Le calendrier du Sénat menace le vote
Le principal obstacle n’est plus seulement juridique. Il est aussi politique et calendaire. Le Sénat a repoussé l’examen du CLARITY Act afin de traiter des nominations fédérales soutenues par Donald Trump et un texte renforçant les sanctions contre la Russie.
La pause parlementaire doit commencer autour du 7 ou du 8 août 2026. Il ne reste donc que quelques journées législatives pour lancer le débat, examiner les amendements et organiser un vote. Le chef de la majorité, John Thune, a lui-même reconnu que le temps pourrait manquer.
Cette tension contraste avec l’optimisme affiché récemment lorsque Scott Bessent présentait le CLARITY Act comme presque finalisé. Être proche d’un accord politique ne suffit pas si le Sénat ne trouve pas de créneau pour voter.
Une majorité simple ne suffira probablement pas. Les républicains devront obtenir l’appui de plusieurs démocrates afin de dépasser le seuil procédural de 60 voix et éviter un blocage prolongé. Deux démocrates avaient soutenu l’avancement du texte en commission en mai, mais ils avaient précisé que leur vote final n’était pas garanti.
Les désaccords dépassent la régulation crypto
Les démocrates réclament des protections plus fortes sur les conflits d’intérêts, la fraude et la finance illicite. Le projet contient désormais une disposition limitant temporairement la possibilité pour certains responsables politiques d’émettre ou de promouvoir des actifs numériques. Mais plusieurs élus jugent cette protection insuffisante.
Ce point reste particulièrement sensible depuis que la Maison-Blanche affirme avoir débloqué le volet éthique du CLARITY Act. Les critiques veulent voir le texte exact, pas seulement une annonce politique. Les conflits d’intérêts liés aux projets crypto de responsables publics continuent de peser sur les négociations.
Les stablecoins restent aussi un point sensible. Le texte interdirait les rendements versés sur une simple détention passive, tout en autorisant certaines récompenses liées à des paiements ou à d’autres activités. Les banques craignent une fuite des dépôts. Les entreprises crypto dénoncent, elles, une protection excessive du secteur bancaire.
Même si le Sénat adopte sa version, le parcours ne sera pas terminé. Les différences avec le texte voté par la Chambre devront être réconciliées avant l’envoi d’une version définitive au président. Le nouveau soutien de Haridopolos entretient donc la pression. Il ne résout ni les résistances démocrates au vote crypto, ni le manque de temps.
En bref
- Mike Haridopolos relance son soutien au CLARITY Act.
- La Chambre avait déjà adopté le texte par 294 voix contre 134.
- Le calendrier du Sénat rend un vote avant la pause très incertain.
