Trois hommes du Missouri sont accusés d’avoir participé à un projet destiné à voler des bitcoins à un investisseur du Connecticut. Selon la justice américaine, ils auraient surveillé la cible et sa famille pendant deux jours avant d’abandonner l’opération. Une autre équipe aurait ensuite poursuivi le plan. Les trois prévenus risquent jusqu’à vingt ans de prison s’ils sont reconnus coupables.
Trois hommes auraient été recrutés pour voler du Bitcoin
Cette affaire s’inscrit dans une montée des violences visant les détenteurs d’actifs numériques, déjà visible lorsque 77 enlèvements et extorsions liés à la crypto secouaient la France. Aux États-Unis, Sedric Louis, 32 ans, John Davis, 34 ans, et Martel Williams, 27 ans, vivent tous les trois à Saint-Louis, dans le Missouri. Les procureurs fédéraux les accusent d’avoir rejoint un groupe qui cherchait à récupérer une partie de bitcoins précédemment volés.
D’après l’acte d’accusation, les trois hommes se seraient rendus dans le Connecticut entre le 21 et le 24 août 2024. Ils auraient loué des véhicules et acquis du matériel pour communiquer et intimider leur cible. Ils auraient ensuite observé l’investisseur visé ainsi que ses parents.
L’objectif présumé consistait à forcer le détenteur de cryptos à transférer ses fonds vers des comptes contrôlés par les organisateurs. Les autorités ne précisent pas le montant exact que cette première équipe espérait récupérer. Elles évoquent cependant une affaire liée au vol de centaines de millions de dollars en Bitcoin.
Le média local News-Times rapporte que les accusations portent sur un dossier lié à un heist crypto de 245 millions de dollars, déjà associé à une attaque visant une famille de Danbury.
Le premier groupe abandonne le projet
Les trois hommes auraient finalement quitté le Connecticut sans mener l’opération jusqu’au bout. Ils craignaient notamment d’avoir été filmés par des caméras de sécurité. Des difficultés de communication avec les organisateurs auraient également créé des tensions au sein du groupe.
Ce retrait n’aurait pas mis fin au projet. Peu après leur départ, une deuxième équipe venue de Floride serait arrivée dans la région. Six hommes liés à cette autre équipe ont été arrêtés le 25 août 2024 après une attaque visant les parents de la personne associée aux bitcoins recherchés.
Les procureurs distinguent donc plusieurs niveaux de participation. Louis, Davis et Williams sont accusés d’avoir préparé une tentative de vol. D’autres personnes ont déjà plaidé coupable pour des faits liés à l’opération qui a suivi. Cette différence reste importante pour comprendre les responsabilités judiciaires de chacun.
Une peine maximale de vingt ans
Un grand jury fédéral de New Haven a inculpé les trois hommes le 22 mai 2026. Ils sont poursuivis pour complot visant à entraver le commerce par le vol, une infraction connue aux États-Unis sous le nom de Hobbs Act Robbery.
Le texte fédéral applicable, 18 U.S.C. § 1951, prévoit une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans d’emprisonnement pour ce type d’atteinte au commerce par vol, extorsion ou menace.
Louis et Davis sont détenus depuis leur arrestation du 25 juin 2026. Ils ont comparu devant un tribunal fédéral de Bridgeport le 30 juillet et ont plaidé non coupable. Williams avait plaidé non coupable le 17 juillet avant d’être libéré sous caution.
À ce stade, les accusations ne constituent pas une condamnation. Le ministère américain de la Justice rappelle régulièrement que les personnes inculpées restent présumées innocentes tant que leur culpabilité n’a pas été établie au-delà de tout doute raisonnable.
Les détenteurs de cryptos deviennent des cibles physiques
Cette affaire montre une évolution inquiétante de la criminalité crypto. Les attaques ne passent plus uniquement par le piratage, le phishing ou le vol de mots de passe. Certains groupes cherchent directement à identifier les détenteurs importants puis à exercer une pression physique sur eux.
CertiK a documenté cette bascule dans son rapport Intel3D H1 2026 sur les « wrench attacks ». L’entreprise recense 52 attaques physiques vérifiées au premier semestre 2026, dont 20 invasions de domicile, contre une seule sur la même période en 2025.
Le caractère public de la blockchain ne révèle pas automatiquement l’identité d’un propriétaire. Mais une exposition excessive sur les réseaux sociaux, des informations personnelles divulguées ou des liens entre une adresse et une identité réelle peuvent augmenter les risques.
L’affaire du Connecticut illustre surtout une réalité simple : protéger ses cryptos ne concerne plus seulement la sécurité informatique. Les scénarios d’extorsion se déplacent parfois dans le monde physique, comme lorsqu’un faux dossier d’enquête avait été utilisé pour extorquer des entreprises chinoises en Bitcoin.
Les enquêtes américaines montrent aussi que les autorités suivent de plus près ces circuits criminels. Le DOJ a récemment saisi des fonds liés à des escroqueries, tandis que le FBI a multiplié les alertes contre les manipulations et arnaques crypto. Ces dossiers rappellent que la traçabilité de la blockchain peut aider après coup, mais qu’elle n’empêche pas toujours la pression exercée directement sur les victimes.
Le risque rejoint enfin les affaires plus classiques de vol numérique. Quand un faux site de staking XRP a vidé 8,5 millions de dollars, le piège reposait sur l’interface et la confiance. Dans les attaques physiques, la cible devient la personne elle-même.
En bref
- Trois hommes sont accusés d’avoir préparé le vol de bitcoins dans le Connecticut.
- Ils auraient abandonné le projet après deux jours de surveillance.
- Chaque prévenu risque jusqu’à vingt ans de prison.
