Les États-Unis et le Royaume-Uni renforcent leur coopération sur la crypto, avec les stablecoins au centre des discussions. Les deux gouvernements veulent réduire les différences réglementaires qui compliquent les paiements transfrontaliers. Le GENIUS Act donne désormais une avance aux États-Unis, tandis que Londres accélère la construction de son propre cadre.
La coopération crypto transatlantique s’accélère
Les régulateurs américains et britanniques se sont réunis à Londres lors des travaux du UK-US Financial Regulatory Working Group. Cette discussion prolonge le mouvement déjà décrit dans notre article sur la finance tokenisée entre les États-Unis et le Royaume-Uni, où les deux marchés cherchent à réduire les frictions réglementaires.
Les discussions ont porté sur les stablecoins, la tokenisation, la modernisation des paiements et la structure du marché américain des actifs numériques. Le communiqué conjoint publié par GOV.UK présente les stablecoins comme un outil possible pour les paiements transfrontaliers, à condition d’éviter une fragmentation réglementaire.
Cette réunion n’a pas produit de nouvelle loi. Elle confirme toutefois une volonté politique commune. Washington et Londres cherchent à empêcher la création de deux systèmes incompatibles qui obligeraient les entreprises crypto à construire des produits différents pour chaque marché.
Le GENIUS Act donne une longueur d’avance aux États-Unis
Le GENIUS Act établit un cadre fédéral pour les stablecoins de paiement aux États-Unis. La loi impose notamment des obligations de lutte contre le blanchiment d’argent et le respect des sanctions aux émetteurs autorisés. Le Trésor américain travaille encore sur les règles précises nécessaires à son application.
Ces exigences rapprochent les émetteurs de stablecoins du fonctionnement des institutions financières traditionnelles. Ils devront mettre en place des programmes de conformité adaptés, surveiller les transactions suspectes et réduire l’utilisation de leurs actifs dans des opérations interdites.
Pour les entreprises américaines, ce cadre apporte une visibilité absente pendant plusieurs années. Il ne supprime pas toutes les contraintes. Mais il s’ajoute au débat sur le vote décisif du CLARITY Act au Sénat, autre chantier central pour définir les rôles de la SEC et de la CFTC.
Londres veut éviter un marché fragmenté
Le Royaume-Uni a déjà adopté en février 2026 une législation créant un régime financier pour les cryptoactifs. Le gouvernement prépare maintenant les règles qui encadreront les stablecoins émis au Royaume-Uni et leur utilisation dans les paiements. L’entrée complète du dispositif est prévue pour 2027.
La Bank of England a publié en juin ses projets de règles pour les émetteurs systémiques, tandis que la FCA doit compléter le dispositif. Cette approche rejoint notre analyse sur les stablecoins, la Banque d’Angleterre et la tokenisation au Royaume-Uni.
Cette recherche d’équilibre explique le rapprochement avec Washington. Le Royaume-Uni ne veut pas simplement copier le GENIUS Act. Il cherche plutôt à rendre son système compatible avec le marché américain, qui concentre déjà une grande partie des stablecoins adossés au dollar.
Les stablecoins devront être garantis à hauteur de 100 %
Dans leur déclaration commune publiée en juillet, les deux gouvernements affirment que les stablecoins présentés comme de la monnaie doivent être garantis au moins à un pour un. Les réserves devront être composées d’actifs liquides et de qualité clairement définis.
Les émetteurs devront également séparer les réserves de leurs propres fonds. Les détenteurs doivent pouvoir demander un remboursement rapide et disposer d’un droit clairement protégé sur les actifs de réserve en cas de faillite. Washington et Londres veulent aussi coordonner le traitement des défaillances transfrontalières.
À terme, les deux pays envisagent une voie permettant aux stablecoins réglementés dans l’un des marchés d’accéder plus facilement à l’autre. Cette reconnaissance mutuelle n’existe pas encore. Elle pourrait néanmoins réduire les coûts des paiements internationaux et faciliter l’utilisation des stablecoins dans les marchés tokenisés, un sujet déjà visible avec la tokenisation des liquidités de BlackRock sur Ethereum.
Le mouvement reste donc politique avant de devenir commercial. Les entreprises ne disposent pas encore d’un passeport réglementaire transatlantique. Mais les bases se précisent : réserves solides, remboursement garanti, protection en cas de faillite et règles comparables pour les mêmes risques.
En bref
- Washington et Londres rapprochent leurs politiques sur les stablecoins.
- Le GENIUS Act sert désormais de référence aux discussions.
- Une reconnaissance transatlantique reste envisagée, mais pas encore adoptée.
