Bitcoin remonte autour de 64 000 dollars alors qu’une information sensible circule au Moyen-Orient : les Émirats arabes unis auraient transféré plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens jusque-là bloqués, ainsi que 1,5 tonne d’or. Le marché y voit un possible signe de désescalade. Une prudence s’impose toutefois : Abu Dhabi n’a pas confirmé ces nouveaux transferts, et avait formellement démenti des informations similaires en juin.
Bitcoin profite d’un nouvel espoir autour de l’Iran
Bitcoin évolue autour de 63 900 dollars, après avoir touché environ 63 267 dollars au plus bas et dépassé 64 200 dollars au cours de la séance. Le rebond reste limité à environ 1 %, mais il intervient dans un contexte où Bitcoin réagit depuis plusieurs semaines aux avancées entre les États-Unis et l’Iran.
Cette fois, l’élément déclencheur vient d’informations non encore confirmées officiellement. Plusieurs sources citées par CoinGape affirment que les Émirats arabes unis auraient transféré à l’Iran plusieurs milliards de dollars détenus dans des banques émiraties, auxquels s’ajouteraient 1,5 tonne d’or, valorisée entre 200 et 283 millions de dollars.
Deux vols effectués les 11 et 12 août par un Boeing 737 de Royal Jet entre Abu Dhabi et l’Iran alimentent ces spéculations. L’appareil aurait successivement rejoint la région de Téhéran puis l’aéroport de Payam, près de Karaj. Ces déplacements ne prouvent toutefois pas, à eux seuls, que de l’or ou des milliards de dollars se trouvaient à bord.
L’histoire devient plus crédible lorsqu’on remonte au mois de juin. Reuters avait alors révélé l’existence de discussions portant sur 10 à 20 milliards de dollars susceptibles d’être débloqués au profit de Téhéran. Deux sources évoquaient 10 milliards, dont plus de 3 milliards auraient déjà été rendus disponibles. Deux autres parlaient d’un montant total pouvant atteindre 20 milliards.
Il reste un gros problème : le gouvernement émirati avait catégoriquement démenti ces transferts.
Les Émirats n’ont toujours rien confirmé
En juin, le ministère émirati des Affaires étrangères avait qualifié les informations sur le transfert de 3 milliards de dollars de fausses et infondées. Abu Dhabi assurait qu’aucun avoir iranien gelé n’avait été libéré, transféré ou facilité par les Émirats. Reuters précisait également ne pas avoir pu déterminer si les sommes évoquées provenaient réellement d’avoirs iraniens bloqués ou d’autres mécanismes financiers.
Les nouvelles affirmations du 13 août restent dans la même zone grise. CoinGape reconnaît lui-même que ni les Émirats ni les États-Unis n’ont confirmé ces derniers transferts.
Il serait donc prématuré d’écrire que « les Émirats ont libéré les avoirs iraniens » comme s’il s’agissait d’un fait établi.
Ce qui est établi, en revanche, c’est l’importance prise par ces actifs dans les négociations. Téhéran réclame depuis plusieurs mois la libération de fonds iraniens immobilisés à l’étranger. La question est également liée aux discussions sur les sanctions économiques et à la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le précédent de juin éclaire le mécanisme envisagé. Selon les sources de Reuters, un éventuel déblocage financier permettrait aux Émirats d’obtenir en retour l’arrêt des frappes iraniennes contre leur territoire et une normalisation progressive des relations économiques. L’Iran aurait même approché au moins deux autres États du Golfe pour examiner des arrangements similaires.
La géographie financière explique une partie de cette situation. Dubai constitue depuis longtemps l’un des principaux points de passage économiques entre l’Iran et le reste du monde. Les banques et entreprises émiraties sont donc particulièrement exposées aux sanctions américaines visant les flux liés à Téhéran.
Cette relation est devenue encore plus sensible depuis que les tensions entre l’Iran et les États-Unis ont commencé à peser directement sur Bitcoin.
Le pétrole aide aussi Bitcoin
Le rebond du BTC ne repose pas uniquement sur les rumeurs concernant les avoirs iraniens.
Le pétrole a reculé vers 82 dollars le baril après cinq séances de hausse. Les investisseurs recommencent à envisager un compromis capable d’améliorer la circulation dans le détroit d’Ormuz. Cette baisse réduit légèrement le risque d’un nouveau choc énergétique mondial.
C’est important pour Bitcoin.
Un pétrole durablement élevé nourrit l’inflation, complique la tâche des banques centrales et éloigne les baisses de taux. À l’inverse, une détente énergétique améliore généralement l’environnement des actifs risqués. Bitcoin entre encore largement dans cette catégorie lorsque les investisseurs ajustent rapidement leurs portefeuilles.
Le mouvement reste pourtant fragile. La veille encore, les marchés du Golfe avançaient avec prudence parce que l’Iran refusait de considérer les négociations actuelles comme suffisantes et maintenait plusieurs conditions, notamment sur les sanctions et les actifs gelés. Le détroit d’Ormuz reste partiellement perturbé.
Bitcoin se négocie actuellement autour de 63 856 dollars. Son plus haut intrajournalier atteint environ 64 298 dollars, contre un plus bas proche de 63 267 dollars.
Le marché retrouve donc un peu d’air, pas encore une véritable rupture.
Le scénario rappelle le précédent rebond de Bitcoin au-dessus de 64 000 dollars après les annonces sur Ormuz. À chaque fois, une réduction du risque géopolitique apporte quelques acheteurs. À chaque fois aussi, l’absence d’accord solide empêche le BTC de transformer rapidement le soulagement en tendance.
Cette fois, la prudence est encore plus justifiée. Les milliards supposément transférés à l’Iran restent une information non confirmée. Le pétrole baisse réellement. Bitcoin remonte réellement. Le reste attend encore des preuves.
En bref
- Bitcoin rebondit autour de 64 000 dollars avec le recul du pétrole.
- Des sources affirment que plusieurs milliards de dollars et 1,5 tonne d’or auraient été transférés à l’Iran.
- Les Émirats n’ont pas confirmé ces nouveaux transferts et avaient démenti des affirmations similaires en juin.
