1 à 2 % du portefeuille. C’est l’exposition à Bitcoin que BlackRock juge désormais raisonnable pour un investisseur de long terme cherchant à diversifier un portefeuille traditionnel.
Le chiffre paraît modeste. La réaction de Hunter Horsley l’est beaucoup moins. Pour le patron de Bitwise, voir le plus grand gestionnaire d’actifs mondial conseiller publiquement une allocation au BTC prouve justement que l’adoption n’est pas arrivée à son terme.
« Difficile à croire en 2026 : c’est encore tôt », a-t-il réagi.
BlackRock formule pourtant cette recommandation alors que Bitcoin sort d’une correction sévère et reste environ 50 % sous son sommet d’octobre 2025. Une manière assez directe de distinguer volatilité et thèse d’investissement.
Bitcoin entre officiellement dans le portefeuille
BlackRock avait déjà franchi plusieurs étapes avec Bitcoin. Le lancement d’IBIT en janvier 2024 avait donné aux investisseurs américains une voie réglementée pour acheter une exposition au BTC sans gérer de wallet ni de clé privée.
L’intégration va désormais plus loin. IBIT transforme déjà certains détenteurs de Bitcoin en clients de la finance traditionnelle, tandis que BlackRock commence à expliquer quelle place concrète l’actif peut occuper dans un portefeuille classique.
Dans une nouvelle analyse publiée le 17 août, le gestionnaire recommande une exposition mesurée de 1 à 2 % pour les investisseurs capables d’assumer la volatilité du BTC.
Ce chiffre repose notamment sur une simulation historique couvrant dix ans. Selon BlackRock, introduire 1 à 2 % de Bitcoin dans un portefeuille composé à 60 % d’actions et 40 % d’obligations aurait amélioré son rendement ajusté au risque.
Le raisonnement n’est donc pas : Bitcoin va forcément monter.
Il est plutôt question de diversification.
BlackRock souligne que Bitcoin conserve sur de longues périodes une corrélation relativement faible avec les actifs risqués traditionnels, même s’il peut se comporter comme une action technologique lors de phases brutales de désendettement du marché.
Le BTC aurait ainsi une sorte de double personnalité. Actif risqué lorsque les investisseurs cherchent de la liquidité, puis actif monétaire alternatif lorsque les inquiétudes portent davantage sur la dette publique, les déficits ou la dépréciation des monnaies.
Une allocation de 1 ou 2 % permettrait de profiter de cette particularité sans laisser Bitcoin dicter l’ensemble du risque du portefeuille.
Au-delà, BlackRock devient beaucoup plus prudent.
BlackRock reste prudent malgré 48 milliards $ dans IBIT
La position du gestionnaire mérite d’autant plus d’attention qu’elle arrive après une année difficile pour Bitcoin.
BlackRock estime que le BTC a perdu environ 50 % depuis son sommet d’octobre 2025. Le groupe attribue une grande partie de la correction à la réduction du levier dans l’écosystème crypto et aux changements de flux des investisseurs, plutôt qu’à une dégradation fondamentale de la thèse Bitcoin.
La nuance est importante.
Quelques mois plus tôt, les ETF Bitcoin avaient subi 11 séances consécutives de sorties. IBIT avait notamment perdu 440,3 millions de dollars lors d’une seule journée particulièrement mauvaise.
Les institutions ne sont donc pas devenues des holders inconditionnels. Elles achètent, arbitrent, réduisent leur risque et sortent parfois très vite.
Et pourtant, IBIT reste énorme.
Au 18 août 2026, l’iShares Bitcoin Trust gérait environ 48,44 milliards de dollars d’actifs nets. Le fonds, lancé seulement en janvier 2024, est devenu l’un des principaux véhicules financiers liés directement au BTC.
Voilà ce qui rend la réaction de Hunter Horsley intéressante.
Nous sommes en 2026. BlackRock possède déjà un ETF Bitcoin pesant près de 50 milliards de dollars. Des banques, fonds, conseillers financiers et investisseurs institutionnels peuvent obtenir une exposition au BTC depuis leur compte de courtage habituel.
Et le patron de Bitwise considère toujours cette phase comme précoce.
Il faut évidemment comprendre « tôt » avec prudence. Horsley dirige Bitwise, un gestionnaire directement exposé à la croissance de l’investissement crypto. Son intérêt économique est évident.
Mais son raisonnement tient sur un point : recommander seulement 1 à 2 % signifie précisément que Bitcoin n’occupe encore qu’une petite place dans l’allocation patrimoniale traditionnelle.
Si des millions de portefeuilles commencent un jour à utiliser ce type de pondération, les montants deviennent rapidement considérables.
1 % pourrait déjà changer beaucoup de choses
La force de la thèse institutionnelle de Bitcoin vient justement de cette asymétrie.
Bitcoin n’a pas besoin de remplacer les actions, les obligations ou l’or pour attirer beaucoup plus de capitaux. Il suffit qu’il devienne une petite composante récurrente des portefeuilles.
Prenons simplement le raisonnement de BlackRock : 1 %.
Pour un investisseur possédant 100 000 dollars d’actifs, cela représente 1 000 dollars de Bitcoin. Rien de spectaculaire.
Appliqué à des portefeuilles de plusieurs centaines de milliards, voire plusieurs milliers de milliards de dollars, l’échelle change complètement.
C’est aussi pourquoi l’adoption institutionnelle ne se mesure plus seulement au nombre d’entreprises annonçant acheter du BTC. Elle passe par son intégration progressive dans les modèles d’allocation, les plateformes de courtage, les comptes de retraite et les recommandations des conseillers financiers.
Les ETF ont supprimé une grande partie de la friction technique.
Reste la conviction.
Et elle n’est pas encore acquise. Bitcoin évoluait encore autour de 64 000 dollars cette semaine, dans un marché marqué par la peur et des flux institutionnels irréguliers. IBIT affiche lui-même une performance largement négative depuis le début de 2026.
BlackRock ne cache d’ailleurs pas le risque. Bitcoin reste extrêmement volatil, son adoption future n’est pas garantie et ses phases de correction peuvent être brutales.
C’est précisément ce qui rend le changement de discours remarquable.
Il y a quelques années, la bataille portait sur la légitimité de Bitcoin à entrer dans la finance traditionnelle. En 2026, BlackRock discute désormais du pourcentage exact à lui consacrer dans un portefeuille 60/40.
Hunter Horsley appelle cela être encore tôt.
Peut-être. Une chose est déjà acquise : Bitcoin n’essaie plus seulement d’entrer à Wall Street. Les gestionnaires commencent à lui réserver une place.
En bref
- BlackRock estime qu’une allocation de 1 à 2 % en Bitcoin peut être pertinente dans un portefeuille diversifié.
- Son analyse historique indique que cette exposition aurait amélioré le rendement ajusté au risque d’un portefeuille 60/40.
- IBIT gérait environ 48,44 milliards de dollars au 18 août 2026.
- Hunter Horsley, CEO de Bitwise, estime malgré cette institutionnalisation que l’adoption de Bitcoin reste encore précoce.
