Les ETF Bitcoin au comptant américains ont enregistré 225,18 millions de dollars de sorties nettes. Ce retrait met fin à sept séances positives ayant attiré près d’un milliard de dollars. Le mouvement intervient alors que le rendement des obligations américaines à dix ans a atteint 4,71 %, son plus haut niveau depuis environ 18 mois.
Les ETF Bitcoin perdent 225 millions de dollars
Les ETF Bitcoin cotés aux États-Unis ont subi leur première séance négative après une semaine de collecte continue. Le rôle central d’IBIT rappelle pourquoi BlackRock transforme déjà les détenteurs d’IBIT en clients de Wall Street, avec un produit devenu l’un des principaux canaux institutionnels d’exposition au BTC.
Les investisseurs avaient injecté près d’un milliard de dollars au cours des sept séances précédentes. Cette série avait participé au rebond du bitcoin vers 67 000 dollars.
Selon les données SoSoValue relayées par KuCoin News, les ETF Bitcoin spot ont enregistré 225 millions de dollars de sorties nettes le 23 juillet. Le fonds IBIT de BlackRock a concentré l’essentiel des retraits avec environ 202 millions de dollars de sorties. Les produits BITB de Bitwise et FBTC de Fidelity ont également enregistré des rachats. À l’inverse, le fonds MSBT de Morgan Stanley a attiré environ 5 millions de dollars.
La sortie d’IBIT mérite une attention particulière. Le produit de BlackRock constitue l’un des principaux moteurs de la demande institutionnelle depuis le lancement des ETF au comptant. Lorsqu’il perd plus de 200 millions de dollars en une séance, le signal dépasse la simple rotation entre gestionnaires.
Les obligations américaines redeviennent plus attractives
Le rendement des obligations du Trésor américain à dix ans est monté autour de 4,71 %. Ce niveau n’avait plus été observé depuis janvier 2025. Le rendement à trente ans a parallèlement atteint environ 5,18 %, selon les données de marché citées dans l’analyse.
Une obligation américaine offrant près de 5 % modifie les arbitrages des investisseurs. Les gestionnaires peuvent obtenir un revenu élevé sur un actif considéré comme moins risqué que le bitcoin. Ils deviennent donc plus exigeants avant de conserver une exposition importante à une cryptomonnaie volatile.
Cette pression n’est pas nouvelle pour le BTC. Elle rejoint notre analyse expliquant pourquoi des taux plus élevés peuvent faire chuter le Bitcoin, surtout lorsque la liquidité quitte les actifs risqués pour revenir vers les rendements garantis.
La hausse des taux produit également un effet mécanique sur les valorisations. Elle renchérit le financement et réduit la quantité de liquidités disponible pour les actifs spéculatifs. Les actions technologiques, les entreprises crypto et le BTC peuvent alors reculer ensemble, même sans détérioration propre à leur secteur.
Le pétrole et la dette entretiennent la tension
La remontée des rendements est alimentée par plusieurs inquiétudes. La progression du pétrole augmente le risque d’une nouvelle poussée inflationniste. Les marchés craignent que la Réserve fédérale reporte ses baisses de taux ou envisage un durcissement supplémentaire si les prix repartent nettement à la hausse.
Les données d’Investing.com affichaient le rendement américain à dix ans autour de 4,711 % le 24 juillet. Cette tension sur les taux donne un avantage tactique aux obligations, même si elle nourrit aussi le récit de long terme autour de la dette et du Bitcoin.
La dette publique américaine constitue une autre source de pression. Lorsque les besoins de financement de Washington augmentent, le Trésor doit émettre davantage d’obligations. Les acheteurs peuvent alors réclamer un rendement supérieur pour absorber cette offre.
Ce contexte place Bitcoin dans une position inconfortable. Il est parfois présenté comme une protection contre la dépréciation monétaire et l’endettement. Pourtant, à court terme, la hausse des rendements américains renforce le dollar et attire les capitaux vers les obligations. Cette contradiction rejoint l’idée selon laquelle la dette américaine peut soutenir le récit Bitcoin sans garantir son rallye immédiat.
Bitcoin doit prouver que la demande reste solide
Le prix du bitcoin a perdu plus de 3 % en deux jours et s’est rapproché de la zone des 65 000 dollars. Les tensions géopolitiques et les retards autour du CLARITY Act ont également pesé sur le sentiment. La sortie des ETF ajoute désormais une faiblesse institutionnelle à ce tableau.
Une seule séance négative ne suffit toutefois pas à confirmer un retournement durable. Les ETF sortaient d’une série positive importante. Une partie des rachats peut correspondre à des prises de bénéfices ou à des réallocations temporaires plutôt qu’à un abandon du bitcoin.
Les prochaines séances seront donc décisives. Une répétition des sorties indiquerait que les obligations captent réellement une partie du capital destiné au BTC. Un retour rapide des entrées montrerait plutôt que les investisseurs utilisent la baisse pour renforcer leurs positions, dans un marché où une grande partie des stablecoins reste encore en attente sur les exchanges.
Le principal concurrent de Bitcoin n’est momentanément pas une autre cryptomonnaie. C’est une obligation américaine qui rémunère près de 5 % sans exiger de supporter les mêmes fluctuations. Pour reconquérir les capitaux, le BTC devra offrir une perspective de hausse suffisamment forte pour compenser ce nouvel avantage.
En bref
- Les ETF Bitcoin ont subi 225,18 millions de dollars de sorties.
- IBIT de BlackRock a perdu à lui seul environ 202 millions de dollars.
- Le rendement américain à dix ans a atteint environ 4,71 %.
