La transformation est importante.
Robinhood s’est d’abord imposé aux États-Unis comme une application de courtage permettant d’acheter facilement des actions. La crypto est ensuite devenue une activité importante du groupe. En juin 2025, Robinhood a finalisé le rachat de Bitstamp pour environ 200 millions de dollars, récupérant au passage un exchange international créé en 2011, une clientèle institutionnelle et plus de 50 licences ou enregistrements réglementaires à travers le monde.
En août 2026, Robinhood a déclaré 17,5 milliards de dollars de volumes notionnels crypto, soit 61 % de plus qu’en juillet. 7,4 milliards provenaient directement de l’application Robinhood et 10,1 milliards de Bitstamp.
La société ne cherche donc plus seulement à permettre à ses clients boursiers d’acheter un peu de Bitcoin.
Elle construit progressivement une véritable infrastructure crypto mondiale.
Reste une question beaucoup plus pratique : quelles cryptomonnaies peut-on réellement acheter sur Robinhood, combien cela coûte et les actifs peuvent-ils être retirés ?
Robinhood est devenu bien plus qu’un courtier crypto
Pour comprendre les cryptomonnaies sur Robinhood, il faut d’abord comprendre ce qu’est la plateforme. Notre guide sur le fonctionnement d’un exchange crypto permet de distinguer courtier, exchange centralisé, DEX et wallet.
Robinhood a historiquement fonctionné davantage comme un courtier que comme un exchange crypto traditionnel.
L’utilisateur indiquait vouloir acheter 100 dollars de Bitcoin.
Robinhood acheminait l’ordre vers des fournisseurs de liquidité.
L’expérience était volontairement simple.
Pas de carnet d’ordres complexe.
Pas de dizaines de fenêtres professionnelles.
Et pas besoin de comprendre maker, taker ou profondeur de marché pour effectuer un premier achat.
Cette philosophie existe encore.
Mais Robinhood ajoute progressivement des fonctions beaucoup plus proches de celles d’un exchange.
Aux États-Unis, certains ordres peuvent désormais être envoyés directement vers des exchanges partenaires grâce au smart exchange routing. Robinhood Legend apporte des graphiques et outils destinés à des utilisateurs plus actifs. Une API permet également de placer des ordres programmatiquement.
Le rachat de Bitstamp complète cette évolution.
Robinhood ne se contente plus d’être une application transmettant des ordres crypto à des market makers. Le groupe possède désormais lui-même l’un des exchanges les plus anciens du marché.
Cette distinction explique aussi pourquoi plusieurs expériences Robinhood coexistent.
L’application classique.
Robinhood Legend.
Robinhood Wallet.
Bitstamp.
Et désormais Robinhood Chain.
Même entreprise.
Fonctions très différentes.
Quelles cryptomonnaies sont disponibles sur Robinhood ?
La réponse dépend du pays et même du mode de trading utilisé.
Aux États-Unis, la page officielle de disponibilité recense désormais plusieurs dizaines d’actifs négociables. La liste comprend notamment Bitcoin, Ethereum, Dogecoin, Litecoin, Shiba Inu, Aave, Aerodrome Finance, Arbitrum, Avalanche, Cardano, Chainlink, Solana et de nombreux autres tokens.
Certaines cryptos peuvent être achetées dans l’application classique avec un routage vers des market makers.
D’autres bénéficient aussi du routage vers des exchanges et des nouveaux frais maker/taker.
Certaines sont uniquement visibles pour suivre leur cours sans être directement négociables.
La distinction est importante.
Robinhood affiche par exemple des données de marché sur des actifs qu’il ne propose pas nécessairement à l’achat dans le compte concerné.
Monero, Tether, Tron, Filecoin ou certains autres tokens peuvent ainsi apparaître dans les données de marché américaines sans que cela signifie automatiquement qu’ils sont négociables.
Robinhood précise lui-même qu’afficher les données d’un actif ne constitue pas une indication d’un futur listing.
La liste change également régulièrement.
Une personne lisant un guide de 2024 ou 2025 peut donc obtenir une vision très incomplète de Robinhood Crypto en 2026.
Le bon réflexe reste de vérifier la page officielle de disponibilité ou directement son compte.
L’Europe possède une liste différente des États-Unis
Robinhood Crypto Europe fonctionne avec sa propre structure réglementaire et sa propre liste d’actifs.
La plateforme européenne affiche notamment BTC, ETH, SOL, XRP, ADA, AVAX, BNB, DOGE, SHIB, PEPE, BONK, WIF, AAVE, ARB, ALGO, ATOM, LINK, POL, SUI, HYPE, ZEC et plusieurs dizaines d’autres crypto-actifs.
Robinhood présente désormais son offre européenne comme donnant accès à plus de 90 cryptos dans son environnement global, même si le nombre précis de tokens négociables peut varier selon le produit, la juridiction et les évolutions de la liste.
La différence entre Europe et États-Unis vient notamment de la réglementation.
Une crypto autorisée dans une juridiction peut ne pas être proposée ailleurs.
L’inverse est également vrai.
L’Europe possède par exemple EURC, un stablecoin indexé sur l’euro, qui joue un rôle particulier dans certains flux de trading européens.
La société européenne, Robinhood Europe UAB, est basée en Lituanie et réglementée par la Banque de Lituanie comme société de courtage financier, prestataire de services sur crypto-actifs et établissement de paiement.
Ce cadre explique pourquoi l’utilisateur doit toujours regarder sa propre version de Robinhood.
Dire simplement « Robinhood propose telle crypto » ne suffit plus.
Il faut ajouter :
dans quel pays ?
Et parfois :
sur quelle interface ?
Bitcoin reste l’actif central
Malgré l’élargissement spectaculaire du catalogue, Bitcoin conserve une place particulière dans Robinhood Crypto.
BTC est disponible sur l’application américaine.
Il est disponible en Europe.
Il peut être transféré vers un wallet externe.
Et contrairement à de nombreux altcoins, Bitcoin bénéficie d’une liquidité mondiale considérable.
Pour quelqu’un qui découvre l’actif, notre guide complet sur Bitcoin détaille son offre maximale, son Proof of Work, ses transactions et sa logique monétaire.
Robinhood permet d’acheter une fraction de BTC.
Il n’est évidemment pas nécessaire de disposer du prix d’un bitcoin entier.
Aux États-Unis, la taille minimale de certains ordres crypto est même extrêmement faible : Robinhood indique un minimum de 0,01 dollar pour le routage market maker et 0,03 dollar pour le smart exchange routing.
Cette fractionnalisation correspond parfaitement au positionnement historique de Robinhood.
Rendre l’investissement accessible avec de très petits montants.
Cela ne réduit cependant pas la volatilité.
Acheter 10 dollars de Bitcoin reste une exposition à Bitcoin.
Robinhood simplifie l’accès.
La plateforme ne modifie pas le comportement économique du BTC.
Ethereum occupe désormais un rôle beaucoup plus large
Ethereum est également présent des deux côtés de l’Atlantique.
ETH peut être acheté, vendu, transféré et, selon la juridiction, staké.
Cette dernière fonction est particulièrement importante.
Bitcoin utilise le Proof of Work.
Ethereum utilise depuis 2022 le Proof of Stake.
Les détenteurs d’ETH peuvent donc contribuer indirectement à la sécurité du réseau en immobilisant leurs actifs à travers un service de staking et recevoir des récompenses.
Robinhood a intégré cette fonction directement dans son application.
Aux États-Unis, ETH fait partie des trois cryptomonnaies actuellement proposées au staking avec Solana et Cardano dans les juridictions éligibles.
En Europe, Robinhood propose actuellement le staking pour ETH et SOL.
Cela transforme l’expérience.
ETH n’est plus seulement un actif dont l’utilisateur attend une hausse du prix.
Il peut également produire des récompenses en participant au mécanisme économique du réseau.
Il faut néanmoins intégrer les risques : période de bonding, volatilité du token, délai de retrait et frais prélevés sur les récompenses.
Le rendement affiché peut évoluer.
Il ne s’agit jamais d’un taux garanti comparable à un compte bancaire.
Solana est désormais pleinement intégrée
Solana illustre bien la transformation de Robinhood.
SOL n’est plus simplement un token affiché dans une application d’investissement.
Il est négociable sur Robinhood.
Il peut être transféré.
Robinhood Wallet prend en charge le réseau Solana.
Et le staking de SOL est accessible dans plusieurs juridictions.
Cette intégration compte parce que Solana est devenue l’une des grandes infrastructures crypto utilisées pour les stablecoins, applications DeFi, paiements et meme coins.
Robinhood Wallet prend également en charge les transferts sur Solana directement depuis son application self-custody.
L’utilisateur peut donc acheter SOL dans Robinhood Crypto puis décider de le laisser sur la plateforme ou de l’envoyer dans son propre wallet.
Ce choix marque une différence importante avec les premières années de Robinhood Crypto.
À l’époque, l’un des principaux reproches adressés au service était justement l’impossibilité de retirer réellement certaines cryptos.
L’utilisateur pouvait acheter une exposition au BTC ou à l’ETH, mais son interaction avec la blockchain restait très limitée.
Ce modèle a changé.
Robinhood devient progressivement compatible avec la logique fondamentale de la crypto : acheter sur une plateforme puis pouvoir déplacer l’actif.
Dogecoin et les meme coins ont aussi leur place
Robinhood entretient depuis longtemps une relation particulière avec Dogecoin.
DOGE faisait partie des actifs disponibles bien avant l’élargissement actuel de la liste.
Depuis, les meme coins ont envahi l’offre.
Shiba Inu est disponible.
PEPE apparaît dans l’offre européenne.
BONK et Dogwifhat sont également proposés selon la juridiction.
Certains marchés Robinhood donnent même accès à OFFICIAL TRUMP.
Cette diversification répond à la demande des utilisateurs.
Elle augmente aussi le profil spéculatif du catalogue.
Notre analyse sur Bitcoin et les meme coins rappelle à quel point ces deux catégories répondent à des logiques différentes.
Dogecoin possède sa propre blockchain.
PEPE est un token Ethereum.
BONK évolue dans l’écosystème Solana.
Ils sont pourtant regroupés dans l’imaginaire du marché sous l’étiquette « meme coins » parce que leur demande dépend largement de leur communauté, de la culture Internet et de la spéculation.
Robinhood ne transforme pas ces actifs en investissements prudents simplement parce qu’ils sont listés.
Le listing indique que la plateforme permet leur négociation.
Il ne constitue pas une recommandation.
Cette distinction est particulièrement importante dans une application dont la facilité d’utilisation peut rendre l’achat presque instantané.
Robinhood propose aussi la DeFi et les tokens d’infrastructure
La liste va beaucoup plus loin que les grandes capitalisations.
Aave permet une exposition à l’un des principaux protocoles de lending DeFi.
Uniswap représente la gouvernance d’un grand exchange décentralisé.
Arbitrum est lié à l’un des principaux réseaux Layer 2 Ethereum.
Chainlink fournit des infrastructures d’oracles.
Aerodrome Finance appartient à l’écosystème DeFi de Base.
Synthetix, Compound, Curve et d’autres protocoles sont également présents selon les juridictions.
Autrement dit, Robinhood commence à ressembler à un catalogue sectoriel du marché crypto.
Paiement.
Smart contracts.
DeFi.
Layer 2.
IA.
Meme coins.
RWA.
Stablecoins.
Le débutant pourrait interpréter cette variété comme une invitation à acheter un peu de tout.
Ce serait une mauvaise lecture.
Chaque catégorie possède sa propre économie.
Acheter AAVE ne revient pas à acheter Ethereum.
Acheter ARB ne revient pas directement à posséder une part d’Arbitrum comme une action représenterait une société.
Et acheter un token DeFi parce que son protocole est populaire ne garantit pas automatiquement que le token captera toute la valeur créée.
Le catalogue doit donc être utilisé comme un accès au marché.
Pas comme une liste d’investissements approuvés.
USDC donne accès au dollar tokenisé
Les stablecoins sont particulièrement importants pour comprendre l’évolution de Robinhood.
USDC est disponible dans plusieurs marchés.
Contrairement à Bitcoin ou SOL, son objectif n’est pas de prendre fortement de la valeur.
USDC cherche à rester proche de 1 dollar.
Notre dossier sur les avantages et risques des stablecoins explique pourquoi ces tokens sont devenus une infrastructure essentielle du marché crypto.
Sur Robinhood, USDC peut servir à plusieurs usages.
Conserver temporairement de la valeur dans une unité proche du dollar.
Transférer un stablecoin vers un wallet.
Interagir ensuite avec d’autres infrastructures.
Ou simplement rester dans l’écosystème crypto sans conserver toute son exposition sur BTC ou ETH.
Les utilisateurs doivent néanmoins distinguer deux notions.
USDC peut être relativement stable en prix.
Cela ne signifie pas qu’il bénéficie automatiquement des garanties d’un dépôt bancaire.
Robinhood rappelle lui-même que les crypto-actifs détenus chez Robinhood Crypto ne sont pas couverts par l’assurance FDIC ni par la protection SIPC applicable à certaines valeurs mobilières.
Stable ne veut donc pas dire assuré.
EURC prend une dimension particulière en Europe
L’Europe ajoute une autre couche avec EURC.
EURC est un stablecoin conçu pour suivre l’euro.
Robinhood l’utilise même pour proposer dans certains pays européens un mode de trading crypto différent de l’utilisation directe du solde cash.
La documentation Robinhood mentionne notamment la France, l’Autriche et la Pologne pour certains usages d’EURC associés à un traitement fiscal présenté comme simplifié dans son interface.
Cela ne signifie évidemment pas qu’EURC supprime les obligations fiscales nationales.
Il permet surtout d’effectuer certaines conversions crypto vers crypto en restant dans une unité numérique indexée sur l’euro.
L’arrivée d’EURC montre aussi la régionalisation du marché des stablecoins.
Le dollar domine encore largement le secteur.
Mais la réglementation européenne encourage l’émergence d’instruments conformes au cadre local.
Pour Robinhood, intégrer un euro tokenisé facilite également la construction d’une plateforme où actions tokenisées, crypto et monnaie numérique peuvent progressivement interagir.
C’est là que la stratégie Robinhood commence à dépasser la simple question des cryptomonnaies disponibles.
La société veut rapprocher plusieurs classes d’actifs dans la même infrastructure.
Acheter de la crypto sur Robinhood reste très simple
L’expérience classique est volontairement directe.
L’utilisateur recherche BTC, ETH ou un autre actif.
Il choisit le montant, vérifie l’ordre. Il confirme. En effetn il est possible d’acheter une fraction d’une cryptomonnaie.
L’expérience ressemble donc davantage à l’achat d’une action dans une application mobile qu’à la navigation dans un terminal professionnel traditionnel.
Robinhood prend également en charge plusieurs types d’ordres.
Marché.
Limite.
Stop.
Stop-limit selon les interfaces et produits.
Les graphiques avancés et la nouvelle crypto ladder ajoutent désormais davantage de précision pour les utilisateurs actifs.
Il faut toutefois comprendre le prix affiché.
Le graphique montre généralement un mid price, situé entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur.
Lors d’un achat au marché, l’ordre peut être exécuté au prix ask, donc légèrement supérieur.
Lors d’une vente, il peut être exécuté au bid, légèrement inférieur.
Cette différence est le spread.
Une plateforme peut donc annoncer zéro commission explicite et tout de même présenter un coût économique dans l’exécution.
C’est précisément pourquoi Robinhood a progressivement modifié son modèle de trading aux États-Unis.
Les frais américains ont profondément changé en 2026
Le système américain mérite une explication particulière.
Robinhood propose désormais deux modèles de routage pour plusieurs cryptomonnaies.
Le premier passe par des market makers.
C’est toujours le modèle par défaut pour plusieurs ordres classiques dans l’application et sur le web classique.
Robinhood indique qu’à partir du 15 juin 2026, pour 100 dollars de volume crypto exécuté par ce mode, Robinhood Crypto reçoit 0,95 dollar de ses market makers. Ce montant est intégré dans le spread.
Dit autrement, « sans commission » ne signifie pas « sans revenu pour Robinhood ».
Le coût peut être incorporé dans le prix.
Le deuxième modèle utilise le smart exchange routing.
Les ordres sont alors envoyés vers un ou plusieurs exchanges partenaires.
Dans ce cas, Robinhood applique des frais maker/taker déterminés par le volume de trading des trente derniers jours.
La grille officielle va actuellement de 0 % à 0,95 % selon le niveau de volume et le type d’ordre.
Le système devient donc beaucoup plus proche des exchanges traditionnels.
Le trader peut désormais choisir entre simplicité du market maker et tarification explicite du routage exchange pour certains actifs.
En Europe, Robinhood facture actuellement 0,50 %
Le modèle européen est plus facile à lire.
Robinhood facture actuellement 0,50 % de frais sur la valeur en euros exécutée pour toutes les cryptomonnaies, avec un minimum de 0,01 euro.
Sur un achat de 100 euros, cela correspond donc à 0,50 euro de frais explicites.
Sur 1 000 euros, 5 euros.
Il faut ensuite intégrer le spread entre bid et ask.
Robinhood Europe affirme ne pas conserver une part de ce spread dans ce modèle.
L’utilisateur doit néanmoins regarder le coût total.
Supposons que Bitcoin s’affiche à un prix médian donné.
L’ask peut être légèrement supérieur.
Le client paie ensuite 0,50 % de frais.
Le véritable coût d’achat correspond donc au prix effectivement obtenu plus la commission.
Robinhood peut ponctuellement proposer des promotions. La documentation européenne indique par exemple que des opérations BTC sans frais peuvent être proposées temporairement à sa discrétion.
Il faut éviter de transformer une promotion en règle générale.
Le barème courant reste la référence.
Robinhood permet désormais de retirer ses cryptos
C’est l’un des changements les plus importants.
Les utilisateurs peuvent envoyer plusieurs cryptomonnaies depuis Robinhood vers des wallets externes.
BTC peut être envoyé vers une adresse Bitcoin compatible.
ETH et plusieurs tokens Ethereum peuvent être retirés vers des adresses correspondantes.
SOL utilise son réseau.
BNB peut être envoyé selon les réseaux pris en charge.
La documentation européenne et américaine possède des listes précises de tokens et formats d’adresses disponibles.
Les retraits eux-mêmes ne sont pas identiques pour toutes les cryptos.
Un actif peut être négociable sans être immédiatement transférable sur tous les réseaux où il existe.
C’est important pour les stablecoins.
USDC peut exister sur plusieurs blockchains.
Il faut vérifier le réseau que Robinhood utilise pour le retrait et celui accepté par le wallet de destination.
Une erreur de réseau peut devenir difficile à récupérer.
La bonne pratique reste donc la même que sur n’importe quel exchange.
Pour une nouvelle adresse, tester d’abord avec un petit montant.
Quelques dollars de frais supplémentaires valent largement mieux qu’une erreur sur plusieurs milliers.
Robinhood Wallet est un produit différent
Robinhood Crypto et Robinhood Wallet ne doivent pas être confondus. En fait, Robinhood Crypto est le service de trading et de garde centralisé. Tandis que Robinhood Wallet est une application de self-custody séparée.
Cette différence est fondamentale.
Dans Robinhood Crypto, l’intermédiaire assure la garde des actifs.
Dans un wallet self-custody, l’utilisateur contrôle les informations permettant d’autoriser ses transactions.
Robinhood Wallet prend désormais en charge les transferts sur Bitcoin, Ethereum, Solana, Dogecoin, Arbitrum, Polygon, Optimism, Base et Robinhood Chain. Il peut également se connecter à des applications décentralisées sur plusieurs de ces réseaux.
Le wallet permet aussi des swaps grâce à des agrégateurs comme 0x et LI.FI.
L’expérience devient alors beaucoup plus proche du Web3 traditionnel.
Un utilisateur peut acheter du BTC ou de l’ETH via Robinhood Crypto.
Le transférer vers Robinhood Wallet.
Puis gérer directement l’actif.
Le changement est important philosophiquement.
Les premières versions de Robinhood Crypto ont souvent été critiquées parce que l’utilisateur pouvait spéculer sur la crypto sans réellement interagir avec la blockchain.
Le produit actuel donne davantage de choix.
Self-custody ou garde chez Robinhood ?
Aucune réponse ne convient à tout le monde.
Laisser ses cryptos dans Robinhood Crypto simplifie énormément la vie.
Pas de seed phrase à conserver.
Pas besoin de manipuler des adresses pour vendre.
L’utilisateur se connecte à son compte et retrouve ses actifs.
Robinhood indique conserver presque toutes les cryptomonnaies clientes en cold storage et affirme ne pas les prêter ni les utiliser comme levier.
Ce modèle conserve toutefois un risque d’intermédiaire.
L’utilisateur dépend de Robinhood.
Une self-custody déplace le risque.
Le propriétaire maîtrise directement son wallet.
Mais perdre les bonnes informations de récupération, signer une transaction malveillante ou communiquer sa seed phrase peut entraîner la perte des actifs.
L’affaire Zondacrypto suivie par BrefCrypto rappelle pourquoi la conservation sur une plateforme et la possession directe des clés ne sont pas opérationnellement identiques.
Cela ne signifie pas qu’il faille retirer chaque dollar de Robinhood.
Cela signifie que l’utilisateur doit savoir quel risque il accepte.
La garde centralisée et la self-custody résolvent des problèmes différents.
Le staking transforme Robinhood en plateforme de rendement
Robinhood permet désormais de mettre certaines cryptomonnaies en staking.
Aux États-Unis, la liste actuelle comprend ETH, SOL et ADA.
La plateforme indique qu’un utilisateur peut commencer avec seulement 1 dollar de crypto sur les actifs éligibles.
En Europe, ETH et SOL sont actuellement disponibles.
Le fonctionnement dépend du réseau.
Pour Cardano aux États-Unis, Robinhood mentionne par exemple une période de bonding de 15 jours avant que les récompenses commencent à être générées. Les taux sont variables et Robinhood déduit certains frais liés à son propre service et aux partenaires de staking.
Le staking ne doit donc pas être réduit au chiffre APY affiché.
Supposons SOL à 100 dollars.
Un rendement théorique de 5 % peut produire 5 dollars de SOL supplémentaires sur un an.
Mais si SOL perd 50 % contre le dollar, la valeur du portefeuille reste fortement négative.
Le staking rémunère la participation au réseau.
Il n’assure pas le prix du token.
Les questions fiscales comptent également. Notre dossier sur la fiscalité du staking crypto montre que le traitement des récompenses continue même d’évoluer dans certaines grandes juridictions.
Les achats récurrents permettent un DCA automatisé
Robinhood propose aussi des investissements récurrents en crypto.
Le principe est utile pour quelqu’un souhaitant appliquer une stratégie DCA.
20 dollars de Bitcoin chaque semaine.
100 dollars tous les mois.
L’utilisateur fixe la règle une fois.
Robinhood passe ensuite automatiquement les ordres selon le calendrier prévu.
La documentation américaine indique que les ordres crypto récurrents sont généralement exécutés autour de 17 h 30 à 19 h, heure de l’Est américain, et que les ordres sur un même actif sont regroupés dans une fenêtre similaire afin de proposer une exécution cohérente entre clients.
La tarification dépend du système de routage actif.
Le DCA ne garantit évidemment aucun profit.
Il réduit surtout la dépendance à une seule date d’achat.
Cette fonction correspond bien au public historique de Robinhood.
Tous les utilisateurs ne souhaitent pas devenir traders professionnels.
Certains veulent simplement automatiser une exposition régulière à BTC ou ETH.
Pour eux, l’absence de dizaines d’outils complexes peut même être un avantage.
Robinhood n’est pas une banque pour vos cryptos
Cette distinction mérite sa propre section.
Les actifs crypto détenus chez Robinhood ne bénéficient pas automatiquement des mêmes garanties que de l’argent déposé dans une banque américaine.
Robinhood Crypto rappelle explicitement que les crypto-actifs ne sont ni assurés par la FDIC, ni protégés par SIPC.
Même logique générale en Europe.
Robinhood Europe précise que les cryptomonnaies ne sont pas une monnaie ayant cours légal, ne sont pas garanties par un gouvernement et ne sont pas couvertes par un régime gouvernemental d’indemnisation comparable à celui de certains dépôts bancaires.
Cette différence est particulièrement importante avec USDC ou EURC.
Parce que le prix est stable, l’utilisateur peut inconsciemment considérer son solde comme un compte bancaire.
Ce n’est pas la même architecture.
Il existe plusieurs couches de risque :
le token ;
son émetteur ;
la blockchain ;
Robinhood ;
et éventuellement le système utilisé pour transférer ou staker l’actif.
Une interface familière ne supprime aucune de ces couches.
Le rachat de Bitstamp change l’échelle du projet
Le 2 juin 2025 constitue une date importante dans l’histoire crypto de Robinhood.
L’entreprise a officiellement finalisé l’acquisition de Bitstamp.
Le prix annoncé était d’environ 200 millions de dollars en cash avant ajustements habituels.
Bitstamp apportait alors plus de 500 000 clients retail financés, environ 5 000 clients institutionnels et plus de 50 licences ou enregistrements actifs à travers différents marchés.
L’objectif allait bien au-delà du catalogue de coins.
Bitstamp possédait déjà une infrastructure institutionnelle.
API.
Carnets d’ordres.
Relations avec de grands clients.
Présence européenne, britannique et asiatique.
Robinhood récupérait donc immédiatement plusieurs années d’infrastructure et d’expérience.
Les volumes montrent aujourd’hui le poids de cette acquisition.
En août 2026, Bitstamp a traité 10,1 milliards de dollars de volumes crypto contre 7,4 milliards directement dans l’application Robinhood.
Autrement dit, plus de la moitié des volumes crypto mensuels déclarés par le groupe provenait alors de Bitstamp.
Robinhood Crypto n’est plus seulement Robinhood Crypto.
Le groupe possède désormais deux moteurs.
Une application retail extrêmement connue.
Et un exchange beaucoup plus orienté infrastructure et institutionnels.
Les volumes crypto ont rebondi de 61 % en août
Les chiffres les plus récents donnent une idée du poids du secteur.
Robinhood comptait 28,6 millions de clients financés fin août 2026 et près de 384 milliards de dollars d’actifs sur l’ensemble de sa plateforme.
Les volumes crypto ont atteint 17,5 milliards de dollars durant le mois.
C’est +61 % par rapport à juillet.
La seule application Robinhood a progressé de 72 % à 7,4 milliards.
Bitstamp a gagné 53 % à 10,1 milliards.
Le rebond est donc fort.
La comparaison annuelle apporte toutefois une nuance : les volumes totaux restaient 38 % inférieurs à août 2025.
C’est typiquement le genre de chiffre qu’il faut lire dans les deux sens.
+61 % sur un mois.
-38 % sur un an.
Les deux sont vrais.
BrefCrypto avait justement relevé la hausse de 61 % des volumes Robinhood dans une semaine où Bitcoin, la Fed et la réglementation américaine concentraient l’attention des marchés.
L’activité crypto de Robinhood reste donc extrêmement cyclique.
Lorsque le marché accélère, le volume revient vite.
Lorsque l’intérêt diminue, les transactions peuvent chuter tout aussi rapidement.
C’est important pour Robinhood en tant qu’entreprise.
Moins pour quelqu’un qui veut simplement acheter 50 euros de BTC.
Robinhood avance très vite en Europe
L’Europe est devenue l’un des laboratoires les plus intéressants du groupe.
Robinhood avait initialement lancé son offre crypto européenne avec une gamme relativement limitée.
En juin 2025, l’entreprise annonçait une expansion dans une trentaine de pays européens et commençait parallèlement à déployer ses actions tokenisées.
L’offre s’est depuis considérablement élargie.
Plus de tokens.
Staking.
Transferts.
Stablecoins.
Produits liés à la tokenisation.
Cette croissance intervient dans un environnement réglementaire beaucoup plus structuré qu’il y a quelques années.
MiCA a notamment créé un cadre harmonisé pour les prestataires crypto dans l’Union.
Robinhood Europe est réglementée par la Banque de Lituanie et peut proposer ses services selon les autorisations et règles applicables dans les juridictions concernées.
Il existe cependant encore des différences locales.
En Hongrie, Robinhood indique avoir cessé le trading crypto à partir du 8 septembre 2025 après des changements réglementaires, tout en maintenant certains dépôts, retraits et services de staking.
L’Europe possède donc un cadre commun.
Pas une disponibilité parfaitement identique dans chaque pays.
Robinhood mise aussi sur la tokenisation
Le projet crypto de Robinhood dépasse désormais les cryptomonnaies classiques.
En Europe, la société a commencé à proposer des Stock Tokens, c’est-à-dire des représentations tokenisées d’actions et d’ETF américains dans son propre environnement.
L’offre est passée de quelques centaines de titres à environ 2 000 à la fin de 2025 selon les résultats publiés par le groupe.
Cette stratégie rejoint un mouvement beaucoup plus large. BrefCrypto a récemment détaillé comment BlackRock, JPMorgan et la DTCC expérimentent eux aussi la tokenisation d’actions et de titres traditionnels.
Robinhood cherche donc à réduire progressivement la frontière entre deux mondes.
D’un côté :
BTC, ETH, SOL, DOGE.
De l’autre :
actions, ETF et autres produits financiers.
La blockchain peut servir d’infrastructure commune.
C’est aussi le rôle attendu de Robinhood Chain.
La société développe sa propre blockchain pour supporter davantage de produits financiers tokenisés et services on-chain.
En août 2026, Robinhood publiait même déjà des informations sur le partage futur des revenus de séquençage de Robinhood Chain avec ses partenaires de lancement.
L’ambition devient claire.
Robinhood ne veut pas seulement vendre des cryptomonnaies.
Il veut devenir une infrastructure où finance traditionnelle et blockchain se rencontrent.
Robinhood ou un exchange crypto spécialisé ?
La réponse dépend du profil.
Robinhood possède plusieurs avantages évidents.
L’interface est simple.
Les actions et crypto peuvent coexister dans un même environnement.
Les achats fractionnés sont faciles.
Le staking est intégré.
Les transferts externes sont désormais disponibles.
Et l’écosystème Bitstamp améliore nettement l’infrastructure derrière le produit.
Pour un investisseur qui possède déjà un compte Robinhood et veut acheter BTC ou ETH, créer un second compte sur une autre plateforme n’est pas forcément nécessaire.
Un exchange spécialisé possède cependant d’autres forces.
Plus de paires de trading.
Davantage de réseaux.
Des carnets d’ordres très détaillés.
Plus d’outils dérivés selon la juridiction.
Une intégration DeFi parfois plus profonde.
Des services destinés aux traders professionnels.
Robinhood réduit progressivement cet écart, notamment avec Legend, son API et Bitstamp.
Mais le produit reste très orienté vers l’idée d’une plateforme financière générale.
Un exchange crypto pur reste centré sur la crypto elle-même.
Le meilleur choix dépend donc moins de la marque que de l’usage.
Un acheteur mensuel de Bitcoin n’a pas les mêmes besoins qu’un market maker professionnel.
Les limites de Robinhood existent toujours
La première limite reste géographique.
L’offre n’est pas universelle.
Aux États-Unis, Robinhood Crypto est disponible dans tous les États, le District de Columbia, Porto Rico et les Îles Vierges américaines, mais certaines fonctions comme le staking ou certains modes de routage possèdent encore des restrictions locales.
En Europe, les restrictions peuvent également différer.
Deuxième limite : tous les tokens ne sont pas transférables sur tous leurs réseaux.
Troisième limite : certaines cryptomonnaies visibles ne sont pas négociables.
Quatrième limite : l’expérience Robinhood Wallet n’est pas exactement la même chose que le compte de courtage principal.
Enfin, Robinhood conserve l’un des risques communs à tous les intermédiaires centralisés : lorsque les actifs restent sous sa garde, le propriétaire doit faire confiance à l’entreprise pour protéger l’infrastructure et honorer les retraits.
La réglementation et le cold storage réduisent certains risques.
Ils ne créent pas une impossibilité mathématique de défaillance.
Un utilisateur doit donc comprendre ce qu’il possède et où.
Cette remarque paraît répétitive dans la crypto.
Elle reste l’une des rares qui ne vieillit presque jamais.
Robinhood convient particulièrement aux débutants
Pour un débutant américain ou européen éligible, Robinhood possède un avantage évident : l’environnement ne ressemble pas à une salle de trading professionnelle.
On peut commencer avec Bitcoin.
Puis découvrir Ethereum.
Comprendre les stablecoins.
Tester un transfert.
Éventuellement essayer le staking.
Le niveau de complexité augmente progressivement.
La plateforme permet aussi de garder actions et cryptomonnaies dans un univers relativement cohérent.
Cela peut aider quelqu’un qui considère BTC comme une petite partie d’un portefeuille plus large.
Il faut cependant résister à la facilité de l’interface.
Trois clics suffisent pour acheter un token.
Trois clics ne suffisent pas pour le comprendre.
Les centaines de cryptomonnaies qui apparaissent aujourd’hui dans l’écosystème Robinhood ne possèdent pas toutes le même niveau de risque.
Un token listé hier mérite beaucoup plus d’analyse qu’un BTC disposant de plus de quinze années d’historique.
La meilleure utilisation de la simplicité consiste donc à simplifier l’exécution.
Pas la réflexion.
Quelles cryptomonnaies privilégier sur Robinhood ?
Robinhood ne répond évidemment pas à cette question à la place de l’utilisateur.
Sa fonction est de fournir le marché.
Un débutant peut toutefois classer les actifs avant de choisir.
Bitcoin représente surtout une thèse monétaire.
Ethereum et Solana sont des infrastructures programmables.
USDC et EURC sont des stablecoins.
AAVE, UNI ou COMP appartiennent davantage à la DeFi.
DOGE, SHIB, PEPE, BONK ou WIF possèdent une dimension fortement spéculative liée aux meme coins.
Les actifs comme ARB ou OP sont liés à des Layer 2.
LINK appartient à l’infrastructure oracle.
Cette classification aide à éviter une fausse diversification.
Acheter huit tokens DeFi n’est pas nécessairement diversifier dans huit secteurs différents.
Le dossier BrefCrypto sur les grandes narratives crypto permet justement d’identifier les différents moteurs économiques du marché.
Il faut ensuite regarder la capitalisation, l’offre, la liquidité, l’usage réel et les risques propres à chaque token.
Robinhood rend l’achat possible.
Il ne dispense pas de cette analyse.
Les cryptomonnaies sur Robinhood valent-elles le coup ?
Robinhood est devenu une option beaucoup plus sérieuse pour la crypto qu’il y a cinq ans.
C’est probablement le constat principal.
L’ancien Robinhood Crypto pouvait être décrit comme une interface très simple permettant d’obtenir une exposition à quelques actifs.
Le Robinhood de 2026 est différent.
Plusieurs dizaines de cryptomonnaies.
Transferts on-chain.
Self-custody via Robinhood Wallet.
Staking.
API.
Ordres avancés.
Smart exchange routing.
Bitstamp.
Expansion européenne.
Stablecoins.
Stock Tokens.
Robinhood Chain.
Le groupe construit progressivement un écosystème financier où la crypto n’est plus un onglet secondaire.
Elle devient une couche centrale.
Les chiffres d’août 2026 le montrent : 17,5 milliards de dollars de volume mensuel, dont plus de 10 milliards via Bitstamp.
Cela ne signifie pas que Robinhood soit automatiquement la meilleure plateforme pour chaque investisseur.
Le trader professionnel peut préférer un exchange plus spécialisé.
Un maximaliste Bitcoin peut préférer acheter puis retirer immédiatement vers un wallet personnel.
Un débutant peut au contraire apprécier une interface où Bitcoin apparaît à côté de ses actions et ETF.
L’Europe ajoute encore une dimension avec les stablecoins en euros et la tokenisation d’actions.
La vraie évolution est ailleurs.
Robinhood était surtout connu pour avoir démocratisé le trading d’actions sans commission.
Il cherche maintenant à reproduire ce même changement dans la crypto et la tokenisation.
La question n’est donc plus vraiment de savoir si Robinhood « fait de la crypto ».
La crypto représente déjà une activité importante.
La question devient plutôt jusqu’où Robinhood réussira à réunir actions, crypto, stablecoins et actifs tokenisés dans une seule infrastructure financière.
Et au vu de son évolution depuis le rachat de Bitstamp, le projet dépasse désormais largement le simple bouton « Acheter Bitcoin ».