Crypto : Strike Force Angle remonte les paiements
La crypto est au cœur de l’enquête. L’Australie surveille déjà de près les usages criminels des actifs numériques : les escroqueries crypto y avaient causé plus de 122 millions de dollars de pertes sur une période de douze mois.
Cette fois, le dossier concerne un tout autre type de criminalité.
La Cybercrime Squad de la police de Nouvelle-Galles du Sud explique que Strike Force Angle cherche à déterminer « l’étendue et les moyens » par lesquels des auteurs utilisent des cryptomonnaies pour diffuser, acheter ou produire des contenus pédocriminels sur Internet. Les autorités n’ont pas détaillé publiquement les cryptomonnaies utilisées ni les montants des transactions concernées.
Une perquisition a été menée mercredi matin dans une habitation de North Albury avec l’appui du Raptor Squad. Des appareils électroniques, des substances interdites présumées et différents objets ont été saisis pour analyse médico-légale.
Jamie Bell, 29 ans, a ensuite été arrêté et conduit au commissariat d’Albury.
Des échanges avec des modèles d’IA retrouvés
Les accusations dépassent la simple possession présumée de fichiers.
L’homme est notamment poursuivi pour deux chefs de production de contenus pédocriminels, possession de tels contenus, production présumée de contenus impliquant des animaux, possession d’un objet à caractère sexuel représentant un enfant, possession de drogue interdite et violation de ses conditions de liberté sous caution. Il bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’une juridiction ne l’a pas reconnu coupable.
Le volet IA apparaît dans l’audience consacrée à sa demande de remise en liberté. Selon ABC, les procureurs ont indiqué que les enquêteurs avaient découvert des fils de discussion avec des modèles d’intelligence artificielle sur les appareils examinés. La juge Miranda Moody a également évoqué une production présumée utilisant « l’IA et d’autres fonctionnalités ».
L’affaire arrive alors que l’utilisation de l’IA dans la cybercriminalité progresse rapidement. Les outils génératifs peuvent automatiser ou simplifier certaines tâches autrefois plus complexes, ce qui oblige les enquêteurs à adapter leurs méthodes.
La justice australienne n’a cependant pas précisé quels modèles auraient été utilisés, ni exactement comment l’intelligence artificielle serait intervenue dans les faits reprochés.
Crypto et IA deviennent deux traces d’enquête
Ce dossier rappelle aussi une réalité souvent oubliée concernant les cryptomonnaies : paiement numérique ne signifie pas nécessairement anonymat absolu.
Les transactions enregistrées sur une blockchain publique peuvent laisser des traces exploitables. Une adresse n’affiche certes pas directement un nom, mais les enquêteurs peuvent parfois la relier à une identité grâce aux plateformes d’échange, aux procédures KYC, aux saisies d’appareils ou à d’autres éléments d’une enquête.
Strike Force Angle semble précisément chercher à comprendre comment ces circuits financiers sont utilisés dans la diffusion de contenus illégaux.
L’intelligence artificielle ajoute désormais une deuxième couche. Les conversations enregistrées avec un assistant, les fichiers générés, les métadonnées ou les historiques présents sur un appareil peuvent eux aussi devenir des éléments examinés par les enquêteurs. Les usages criminels de l’IA ne se limitent d’ailleurs plus aux fraudes financières : Bref Crypto avait récemment montré comment des contenus liés à des assistants IA pouvaient également servir à diffuser des malwares visant des wallets crypto.
Dans l’affaire de North Albury, rien ne permet encore d’affirmer publiquement quelle part exacte des contenus reprochés aurait été créée par IA. C’est désormais à l’analyse des appareils saisis et à la procédure judiciaire de l’établir.
La demande de remise en liberté de Jamie Bell a été refusée. Il doit de nouveau comparaître devant le tribunal local d’Albury en novembre.
En bref
- Un homme de 29 ans a été arrêté à North Albury le 23 septembre.
- Strike Force Angle enquête sur l’usage de crypto pour acheter, diffuser ou produire des contenus pédocriminels.
- Des appareils électroniques ont été saisis pour analyse.
- Des échanges avec des modèles d’IA auraient été retrouvés.
- La justice évoque une production présumée utilisant l’IA et d’autres outils numériques.
- Le suspect a été placé en détention provisoire et reste présumé innocent.