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Actualité Crypto Afrique

Crypto Afrique : Stellar finance 5 projets avec 477 000 $

L’Afrique récupère une part visible du dernier tour de financement du Stellar Community Fund. Sur les 40 projets sélectionnés lors du SCF #45, cinq ciblent explicitement les marchés africains, pour environ 477 000 dollars de financements en XLM. Stablecoins, mobile money, commerce transfrontalier et franc CFA dominent les projets retenus. Le message est assez clair : Stellar mise moins sur la spéculation que sur les rails financiers dont le continent manque encore.

Une développeuse africaine relie symboliquement cinq usages de paiement autour d’un smartphone et du symbole Stellar
Cinq projets financés par Stellar visent les paiements, le mobile money et les conversions en monnaies africaines.

Crypto Afrique : cinq projets captent 477 000 $

Le Stellar Community Fund a distribué environ 4,04 millions de dollars en XLM lors de son 45e round. Huit projets appartiennent à l’Open Track, 28 à l’Integration Track et quatre aux appels à projets techniques. L’Afrique représente 5 des 40 projets financés, soit 12,5 % de la cohorte.

La tendance prolonge un mouvement déjà visible sur le continent. BrefCrypto observait récemment comment DCS Pay et Kotani Pay veulent connecter USDT et USDC au mobile money dans six marchés africains. Stellar finance presque exactement le même type d’infrastructure.

Sorted reçoit 150 000 dollars pour développer une application bancaire en stablecoins fonctionnant notamment sur Android Go et sur des téléphones peu puissants, avec une connectivité intermittente. Le projet vise l’Afrique et l’Asie du Sud.

Minisend obtient 100 000 dollars. Son objectif : permettre d’envoyer de l’USDC puis de verser la contrepartie en monnaie locale via M-PESA, Airtel Money ou directement sur un compte bancaire.

Pas besoin que le destinataire devienne expert en crypto.

Le Stellar Community Fund classe bien Sorted, Minisend et plusieurs autres solutions africaines parmi les projets du SCF #45.

Du franc CFA au commerce entre PME

Le troisième projet, Kutana, reçoit 97 000 dollars pour s’attaquer au commerce B2B africain. Sa solution Trade Secure utilise l’USDC sur Stellar pour placer l’argent d’une transaction sous séquestre. Les fonds sont ensuite libérés progressivement lorsque les différentes étapes commerciales sont réalisées.

Pour une PME qui importe des marchandises depuis un autre pays africain, le problème ne consiste pas seulement à transférer de l’argent. Il faut aussi savoir quand payer, à qui faire confiance et comment réduire le risque lorsqu’acheteur et vendeur travaillent dans deux juridictions différentes.

Cette question devient centrale alors que les stablecoins représentent déjà une part considérable des flux crypto transfrontaliers au Nigeria.

Lomi reçoit de son côté 95 000 dollars pour construire un pont entre l’USDC et le franc CFA BCEAO, le XOF. Son infrastructure vise les huit pays de l’UEMOA et doit connecter les paiements par mobile money et carte au règlement sur Stellar.

Le potentiel géographique mérite attention : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo utilisent la même monnaie.

Un seul rail XOF peut donc toucher plusieurs marchés sans reconstruire toute l’infrastructure monétaire à chaque frontière.

Stellar cherche surtout le dernier kilomètre

Le cinquième projet cité par BitcoinKE est SlimePay, avec 35 000 dollars. Il travaille sur un Stellar Anchor destiné au règlement des commerçants en monnaies africaines, avec un premier corridor USDC vers naira nigérian.

Les Anchor de Stellar servent précisément de pont entre blockchain et système financier traditionnel. Ils permettent par exemple de recevoir un stablecoin d’un côté et de verser une monnaie locale sur un compte bancaire de l’autre. SlimePay prévoit d’utiliser plusieurs standards Stellar, notamment SEP-6, SEP-24 et SEP-31, pour connecter comptes utilisateurs, banques et réseau blockchain.

Pris séparément, 35 000 ou 100 000 dollars restent des montants modestes. La répartition des projets raconte pourtant quelque chose de plus intéressant.

Sorted s’attaque au téléphone basique. Minisend au mobile money. Kutana au commerce entre entreprises. Lomi au franc CFA. SlimePay au naira.

Ce sont cinq versions du même problème : le dernier kilomètre de la crypto en Afrique.

La blockchain peut transférer un USDC en quelques secondes. Encore faut-il que son destinataire puisse ensuite acheter quelque chose avec, recevoir des francs CFA, des nairas ou de l’argent sur M-PESA.

C’est également pourquoi la réglementation kényane commence déjà à traiter les stablecoins comme une véritable infrastructure financière et plus uniquement comme des actifs de trading.

Les quelque 477 000 dollars du SCF #45 ne transformeront pas seuls les paiements africains. Ils montrent en revanche où Stellar place ses paris : moins de tokens à acheter, davantage de ponts entre dollars numériques et argent réellement utilisable en Afrique.

Sources citées1
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Gregoire Lacroix
Auteur

Gregoire Lacroix

Grégoire Lacroix est analyste et rédacteur chez BrefCrypto, spécialisé dans les cryptomonnaies et les marchés numériques. Il se concentre sur Bitcoin, l’analyse de marché, les cadres réglementaires et l’adoption réelle de la blockchain. Son travail privilégie une lecture stratégique et factuelle, orientée usage et impact économique. Il apporte un regard expert sur l’écosystème crypto africain, entre opportunités, risques et structuration du marché.