La volatilité aime les effets de manche. Tether, lui, préfère les virements. En fin d’année 2025, l’émetteur d’USDT a encore grossi sa trésorerie Bitcoin, avec une mécanique qui ressemble moins à un “coup” qu’à une routine assumée : acheter sur profits, puis consolider en fin de trimestre. Résultat, un portefeuille qui pèse désormais dans la catégorie “institution qui ne chuchote plus”.
Une accumulation méthodique, pas un coup de sang
Le point de départ est simple : au T4 2025, Tether ajoute 8 888,8 BTC à sa réserve Bitcoin. Le chiffre est précis, presque provocateur, comme si la compta avait gardé le dernier “8” pour la signature.
Derrière l’annonce, la blockchain raconte une chorégraphie en deux temps : un mouvement de 961 BTC le 7 novembre 2025, puis une grosse consolidation le 1er janvier 2026 avec 8 888,8 BTC envoyés vers l’adresse de réserve. Sur la photo, ça fait une addition proche de 9 850 BTC sur le trimestre, selon les lectures “on-chain”.
Après ces transferts, l’adresse principale de trésorerie affiche 96 185 BTC, valorisés autour de 8,4 milliards de dollars aux prix évoqués, et se classe parmi les plus grosses adresses connues. C’est moins un détail qu’un changement de statut : à ce niveau, on ne parle plus d’exposition, on parle d’empreinte.
Le “Bitcoin de trésorerie” version stablecoin
Cette stratégie n’est pas née d’une impulsion de marché. Tether avait annoncé en mai 2023 qu’il allouerait jusqu’à 15% de ses profits, sur une base trimestrielle, à l’achat de Bitcoin. Dit autrement : une règle interne, pas une humeur du jour.
Et c’est là que ça devient intéressant : un émetteur de stablecoin, donc, par définition, une machine à stabilité, choisit d’empiler un actif réputé instable. Paradoxal ? Pas totalement. Dans cette logique, Bitcoin devient une réserve hors système bancaire, un actif de long terme, et aussi un outil de narration financière : nous avons un matelas.
Au passage, le nombre 8 888 n’est pas neutre culturellement : il évoque souvent la prospérité dans certaines cultures asiatiques. Clin d’œil volontaire ou coïncidence très bien tolérée, le symbole fonctionne. Quoi qu’il en soit, le message est clair : la trésorerie Bitcoin de Tether n’est pas décorative.
Quand les trésoreries achètent, le marché écoute
Ce mouvement ne vit pas dans le vide. Même quand le prix du Bitcoin hésite, les trésoreries continuent de “manger” de la volatilité. On parle d’un Bitcoin oscillant dans une zone 88 000 à 90 000 dollars, un couloir où les particuliers doutent et où les acteurs structurés aiment lisser leurs entrées. Et c’est précisément dans ces phases de marché latéral que la comparaison devient impitoyable : si Bitcoin temporise, d’autres poches de capitaux cherchent un rendement ailleurs, parfois sur des marchés actions en pleine accélération. Pour garder le même angle “performance et allocation”, vous pouvez aussi lire notre focus sur une bourse africaine qui dépasse Bitcoin, un bon contrechamp qui illustre comment les flux se déplacent quand la crypto marque une pause.
Surtout, Tether n’est pas seul à traiter Bitcoin comme un actif de réserve. D’autres entreprises ont continué d’accumuler sur la période, renforçant l’idée que la demande corporate pèse de plus en plus sur le récit du marché. Ça ne supprime pas les corrections. Mais ça change le décor : une partie de la demande devient moins émotionnelle, plus comptable.
