Metaplanet affiche environ 680 millions de dollars de pertes latentes sur ses avoirs en Bitcoin pour son exercice 2025. L’annonce frappe, mais le détail compte. Il s’agit d’une dépréciation comptable liée au repli du marché, pas d’une sortie de cash. Dans le même communiqué, la société japonaise rehausse même ses prévisions 2025 grâce à son activité de génération de revenus autour du Bitcoin.
En bref :
- Metaplanet enregistre 680 M$ de pertes latentes sur ses bitcoins en 2025, principalement via une dépréciation comptable.
- La société rehausse pourtant ses prévisions grâce à son activité de “Bitcoin income”.
- Les résultats finaux sont attendus le 16 février.
Une perte comptable, pas un trou de trésorerie
Metaplanet indique une dépréciation d’environ 104,6 milliards de yens (≈ 680 M$) sur ses bitcoins. Cette charge est classée en “non-operating expense”, ce qui signifie qu’elle ne reflète pas une dépense opérationnelle et n’affecte pas directement les flux de trésorerie au jour le jour.
Le mécanisme est classique dans une entreprise “bitcoin treasury”. Quand le prix du BTC recule à une date de clôture, la comptabilité peut imposer une écriture de dépréciation. Le paradoxe est brutal : la perte “existe” sur le papier, même si l’entreprise n’a rien vendu.
Ce point explique pourquoi le marché réagit parfois de façon binaire. On lit “pertes”, on pense “fragilité”. Or la santé financière se juge aussi sur la liquidité, la structure de financement et la capacité à traverser des trimestres agités sans être forcé de vendre au pire moment.
Un stock de BTC qui a grossi à marche forcée
La vraie information de fond, c’est l’ampleur du pari. Metaplanet termine 2025 avec 35 102 BTC, contre 1 762 BTC un an plus tôt. À ce niveau, la volatilité n’est plus un bruit de fond. Elle devient une variable centrale de la communication financière.
L’entreprise a notamment acheté 4 279 BTC au T4 2025 pour environ 451,06 M$, à un prix moyen proche de 105 412 $. Fin décembre 2025, le bitcoin évoluait autour de 87 500 $, ce qui suffit à expliquer l’écart entre coût d’acquisition et valeur de marché.
Dans ce contexte, la date du 16 février est à surveiller. Metaplanet doit publier ses résultats finaux, après avoir déjà indiqué une perte ordinaire et une perte nette attendues à cause de la dépréciation.
Le “Bitcoin income” comme amortisseur inattendu
C’est là que le dossier devient moins linéaire. Malgré la dépréciation, Metaplanet a relevé ses prévisions 2025 en mettant en avant sa branche de génération de revenus sur bitcoin, basée notamment sur des stratégies de dérivés et d’options. L’entreprise vise désormais 8,9 milliards de yens de revenus et 6,3 milliards de yens de résultat opérationnel sur 2025, en hausse par rapport aux estimations précédentes.
Ce mélange est particulier : d’un côté, on accumule un actif volatil sur bilan. De l’autre, on essaie de “faire travailler” ce même actif pour produire des revenus. Sur le papier, c’est cohérent. Dans la pratique, ça demande une exécution prudente, surtout quand la volatilité se retourne contre vous.
Metaplanet ajoute que des sources de financement plus diversifiées lui ont permis de déployer du capital plus souplement, avec notamment des émissions de titres et une facilité de crédit. Le message implicite est clair : la société veut rester maîtresse de son calendrier, et ne pas dépendre d’un seul robinet.
Ce que le marché retient, au-delà du chiffre choc
La Bourse, elle, retient souvent une image. Le titre coté à Tokyo a reculé dans la foulée de l’annonce, signe que la pédagogie comptable ne suffit pas toujours à calmer les nerfs.
Pour l’investisseur, la question n’est pas “pertes ou pas pertes”. Elle est plus sèche : Metaplanet peut-elle continuer à porter un stock massif de BTC tout en finançant son modèle, sans se retrouver piégée par un cycle baissier prolongé ? La réponse dépendra du coût du capital, du niveau de collatéral exigé, et de la discipline sur les stratégies de rendement.
