Bitcoin enchaîne là où les bears échouaient
Le contraste avec les précédents marchés baissiers est assez net. En 2014, Bitcoin avait réussi deux mois positifs consécutifs en mai et juin avant de replonger. En 2018, les rebonds restaient encore plus courts. Même scénario en 2022 : février et mars avaient terminé dans le vert, avant qu’avril ne relance violemment la baisse.
Jamais trois mois verts d’affilée au cœur de ces trois grandes années baissières.
En 2026, la séquence est différente. Bitcoin sortait pourtant d’un mois de juin catastrophique à environ -20,4 %. Juillet a répondu avec +7,3 %, puis août avec près de +25 %. BrefCrypto avait déjà relevé le caractère inhabituel de ce mois d’août signé en plein bear market. Septembre était censé constituer le test suivant.
Pour l’instant, il tient.
Les données historiques de Look Into Bitcoin montrent aussi pourquoi la séquence attire autant l’attention : les marchés baissiers passés ont produit des rebonds violents, mais rarement assez persistants pour aligner trois clôtures mensuelles positives.
Le mot important reste toutefois « clôtures ». Septembre n’est pas encore terminé.
Trois mois verts ne suffisent pas à déclarer un bull market
Bitcoin évolue actuellement autour de 84 000 dollars, alors que le mois d’août s’était terminé près de 78 000 dollars. Il faudrait donc une baisse importante avant la clôture mensuelle pour effacer complètement le gain de septembre.
Le scénario de trois mois verts paraît donc bien engagé.
Cela ne transforme pas automatiquement le marché en bull market. L’histoire de Bitcoin contient plusieurs longues phases de reprise à l’intérieur de cycles encore fragiles. Et 2026 reste particulier : janvier a perdu environ 10 %, février près de 15 % et juin plus de 20 %. Sur l’ensemble de l’année, BTC reste encore légèrement négatif malgré son rallye récent.
Même Fidelity refusait récemment d’enterrer définitivement le bear market après le retour de Bitcoin au-dessus de 81 000 dollars. Le gestionnaire considérait qu’un nouveau creux restait possible malgré l’amélioration du prix.
Le signal des trois mois doit donc être lu pour ce qu’il est : une différence de comportement par rapport aux bear markets de 2014, 2018 et 2022, pas une loi mathématique capable de prédire la suite.
Il existe également un problème de définition. Un bear market n’a pas de frontière officielle sur Bitcoin. Certains retiennent une chute de plus de 20 % depuis un sommet, d’autres attendent la formation d’un nouveau cycle de plus bas et de plus hauts. Dire que « trois mois verts ne se produisent jamais en bear market » dépend donc en partie de la période que l’on décide d’appeler bear market.
Octobre arrive avec un marché beaucoup plus solide
La clôture de septembre prend encore plus de relief avec le calendrier.
Bitcoin entrera jeudi dans octobre, historiquement l’un de ses mois les plus favorables. Sur les séries récentes, le rendement moyen d’octobre tourne autour de 19 %, avec une majorité très nette de clôtures positives. Le fameux « Uptober » arriverait donc juste après trois mois de reconstruction.
Le contexte technique s’est également amélioré. Bitcoin a récemment repris sa moyenne mobile à 50 semaines, après l’avoir testée plusieurs fois pendant le rebond. BrefCrypto suivait déjà cette 50W MA comme l’un des niveaux capables de modifier la tendance de moyen terme.
Reste la macro. PCE américain, emploi, Fed et rendements obligataires peuvent encore provoquer de fortes variations. Septembre lui-même a montré que le BTC pouvait passer rapidement de 87 000 à 83 000 dollars sans que la structure mensuelle soit détruite.
C’est probablement la différence la plus importante avec le début du rebond. En juillet, Bitcoin sortait simplement d’un effondrement. En août, il signait un mois spectaculaire. En septembre, il tente maintenant de prouver que le mouvement peut durer.
Une clôture verte ne dira pas que le prochain bull market est officiellement lancé.
Elle dira quelque chose de plus factuel : Bitcoin aura fait en trois mois ce que les bear markets de 2014, 2018 et 2022 n’avaient jamais réussi à faire.