Apple Pay regarde désormais les stablecoins
L’offre concerne un poste d’Apple Pay Financial Product Strategy Lead au sein de l’équipe Apple Card et Apple Cash. La mission consiste notamment à étudier de nouvelles opportunités de croissance et à participer à la stratégie de long terme des produits financiers maison. Parmi les qualifications recherchées figurent explicitement la compréhension des stablecoins, des dépôts tokenisés et des technologies blockchain.
Le détail mérite attention alors que les stablecoins quittent progressivement le seul marché crypto pour entrer dans les paiements. Apple travaille déjà sur les transferts entre particuliers via Apple Cash, les cartes et l’immense réseau Apple Pay. Introduire un dollar tokenisé dans cette architecture ne demanderait donc pas de créer un système de paiement à partir de zéro.
Le salaire renforce aussi l’intérêt de l’annonce : Apple affiche une fourchette comprise entre 149 700 et 280 000 dollars. Cela ne prouve pas qu’un stablecoin arrivera demain dans Wallet. L’entreprise demande une compétence, pas la construction explicite d’un produit crypto.
La distinction compte.
Pour autant, Apple place désormais la blockchain parmi les compétences utiles à la définition de ses futurs services financiers. Il y a encore quelques années, ce genre de mention aurait été inhabituel dans une offre liée directement à Apple Pay.
Samsung est déjà allé beaucoup plus loin
Chez Samsung, le conditionnel est moins nécessaire. Lors du Galaxy Unpacked du 22 juillet 2026 à Londres, le groupe a annoncé que Samsung Wallet intégrera nativement les stablecoins. Une démonstration affichait même USDC, même si Samsung n’a encore confirmé ni blockchain, ni émetteur partenaire, ni calendrier précis de lancement.
BrefCrypto avait déjà suivi cette stratégie lorsque Samsung SDS a commencé à préparer une infrastructure de stablecoins avec Dunamu. Le projet couvre l’émission, la circulation et le règlement, avec en parallèle des travaux autour des paiements numériques.
Samsung ne part pas non plus de zéro dans la crypto. Samsung Pay est disponible comme moyen de financement sur Coinbase aux États-Unis et au Canada depuis 2025, tandis que le groupe prévoit de rapprocher progressivement ses fonctions blockchain de Samsung Wallet.
Apple se retrouve donc face à un concurrent qui a déjà publiquement franchi une étape supplémentaire.
Pas étonnant que Cupertino regarde le sujet.
Plus de 3,5 milliards d’appareils dans l’équation
L’échelle donne une autre dimension à cette bataille. Apple déclarait en janvier disposer de plus de 2,5 milliards d’appareils actifs dans le monde. Samsung dépasse de son côté le milliard de smartphones Galaxy actifs, selon les données de Counterpoint Research. Additionnées, les deux bases dépassent donc 3,5 milliards d’appareils. Il ne s’agit toutefois pas de 3,5 milliards de personnes distinctes : un utilisateur peut posséder plusieurs appareils Apple ou utiliser plusieurs écosystèmes.
C’est probablement là que cette histoire devient plus intéressante que le simple recrutement d’un spécialiste blockchain.
Les stablecoins ont longtemps eu besoin d’exchanges, de wallets spécialisés et de connaissances techniques pour atteindre le grand public. Leur arrivée dans Apple Wallet ou Samsung Wallet changerait l’interface. L’utilisateur pourrait théoriquement envoyer un dollar numérique depuis l’application qu’il utilise déjà pour sa carte bancaire, ses billets ou ses clés numériques.
En Afrique, cette logique commence déjà à apparaître autrement. DCS Pay et Kotani Pay cherchent par exemple à relier USDT et USDC au mobile money et aux monnaies locales. Le produit crypto disparaît progressivement derrière l’expérience de paiement.
Apple n’en est pas encore là. Il manque une annonce, un stablecoin, une blockchain et surtout un produit réellement disponible.
Samsung a déjà annoncé son intention.
Apple recrute désormais les compétences pour comprendre ce terrain.
Si Apple Pay finit par franchir le pas, les stablecoins ne gagneront pas simplement un nouveau wallet. Ils accéderont à l’un des plus grands réseaux de distribution technologique au monde.