La plateforme crypto BitGo a fait son entrée en Bourse le 22 janvier 2026 à New York, avec un prix fixé à 18 dollars et une levée d’environ 213 millions de dollars. Le titre a même ouvert au-dessus du prix d’émission. Forcément, la comparaison se déclenche avec Circle, dont l’arrivée en Bourse en juin 2025 avait ressemblé à un feu d’artifice.
En bref :
- BitGo a lancé l’IPO crypto la plus observée de ce début 2026.
- Circle reste la référence, mais aussi un modèle plus sensible aux cycles de taux.
- La “surperformance” dépendra du temps que le marché est prêt à laisser au scénario infrastructure.
BitGo, l’IPO crypto qui rouvre une fenêtre
BitGo a été présenté comme le premier grand acteur crypto à se coter en 2026. Le symbole BTGO sur le NYSE n’est pas qu’un détail marketing. C’est un signal pour les investisseurs traditionnels qui reviennent prudemment sur le secteur.
Le démarrage a été nerveux, mais plutôt favorable. On évoque une hausse d’environ 24,6% lors du début de cotation et une valorisation qui grimpe au-delà de 2 milliards de dollars selon les métriques retenues. Ce n’est pas l’euphorie de 2021, mais ce n’est pas non plus une entrée timide.
Surtout, BitGo arrive avec une étiquette que Wall Street comprend mieux qu’avant : infrastructure régulée. Un point rare dans la crypto cotée, c’est la rentabilité sur 2025 (sur les neuf premiers mois) et une trajectoire de statut bancaire plus large aux États-Unis. Ça change la discussion.
Circle reste le mètre étalon, parce que son IPO a marqué les esprits. En juin 2025, le titre a flambé au point de presque quadrupler son prix d’introduction dans les séances qui ont suivi. Ce genre de performance crée des attentes impossibles à tenir pour le suivant.
Mais l’autre face de cette pièce, c’est la volatilité. L’action Circle peut alterner semaines de rebond et phases de baisse, avec un modèle fortement lié à l’économie de l’USDC et aux conditions de marché. Même quand le cours se stabilise, le récit reste fragile.
Deux modèles, deux façons de gagner du temps
BitGo vend du coffre-fort, du rail, et de la conformité. Circle, lui, vend une promesse monétaire privée, adossée à une infrastructure financière classique. Son produit est simple à comprendre. Un dollar tokenisé, liquide, utile. Pourtant, la simplicité du produit n’empêche pas la complexité du modèle économique, car tout dépend de l’ampleur de l’USDC et de la rémunération des réserves.
Si l’on cherche la surperformance boursière, la question devient presque psychologique. Circle peut surperformer sur une phase d’euphorie, car l’histoire “stablecoin” se raconte vite. BitGo peut surperformer sur la durée, parce que changer de dépositaire institutionnel ne se fait pas sur un coup de tête. Peut-il vraiment “faire mieux” que Circle ?
Tout dépend de ce que “faire mieux” veut dire. Si l’on parle d’un coup d’accélérateur immédiat comme Circle en 2025, BitGo part avec un handicap. Son activité est moins grand public. Elle excite moins les réseaux.
Si l’on parle de résilience, BitGo a des arguments. On voit plus un profil perçu comme moins exposé aux à-coups du marché, justement parce qu’il s’agit d’une société de services et d’infrastructure, avec un ancrage réglementaire plus lisible. Dans un cycle où le bitcoin peut corriger sans prévenir, ce détail devient central.
Au fond, BitGo et Circle ne jouent pas la même course. Circle est un pari sur la monétisation d’une monnaie numérique privée à grande échelle. BitGo, c’est un pari sur la professionnalisation continue de la crypto. Et cette professionnalisation avance souvent en silence, puis s’impose d’un bloc.
