Les agents IA auront besoin de payer
La thèse rejoint un mouvement déjà suivi par BrefCrypto : Visa considère désormais stablecoins et agents IA comme une nouvelle couche possible du paiement, même si le groupe reste prudent sur leur impact à court terme.
BlackRock Investment Institute va plus loin sur la logique économique. Un agent IA capable de commander automatiquement du stockage, des API, des données ou du calcul doit aussi être capable de payer sans attendre qu’un humain ouvre un compte, entre des coordonnées bancaires ou autorise chaque opération.
Les infrastructures traditionnelles savent déjà automatiser une partie de ces paiements. BlackRock pointe toutefois leurs limites pour des transactions très fréquentes et parfois inférieures à un centime : frais marchands, procédures d’identification et délais variables de règlement.
Les stablecoins, cryptomonnaies natives et actifs tokenisés fonctionnent 24 heures sur 24 et sont programmables. Ils peuvent donc mieux correspondre à ces échanges machine à machine. BlackRock estime que plusieurs actifs numériques pourront jouer ce rôle, tout en jugeant que les stablecoins devraient dominer les usages transactionnels.
Les stablecoins dépassent déjà le trading
L’idée arrive alors que les stablecoins sont devenus l’une des principales narratives crypto de 2026. Leur rôle ne se limite plus à stationner des capitaux entre deux trades.
Le rapport de BlackRock cite plus de 11 000 milliards de dollars de volume transactionnel ajusté en stablecoins en 2025. Ce chiffre exclut une partie des mouvements non économiques afin de mieux mesurer les paiements réels.
Les agents IA pourraient accélérer cette évolution. Coinbase développe x402 pour permettre à des logiciels de payer directement des ressources sur Internet. Stripe et Tempo travaillent sur leur Machine Payments Protocol. Circle a lancé des wallets et outils USDC adaptés aux agents.
L’argent programmable commence ainsi à trouver son utilisateur idéal : un logiciel lui-même programmable.
Et ce marché ne concernerait pas uniquement les paiements. BlackRock imagine également des agents capables d’acheter automatiquement de la puissance informatique en fonction du prix, de la latence ou des performances disponibles.
BlackRock voit plus loin que les stablecoins
La partie la plus ambitieuse concerne justement le compute.
Les besoins de calcul explosent avec l’IA. BlackRock estime que des droits sur cette capacité informatique pourraient être tokenisés, négociés et même utilisés comme collatéral. Un fournisseur pourrait ainsi représenter une quantité de calcul disponible sous forme d’actif numérique, tandis qu’un agent IA achèterait automatiquement la ressource dont il a besoin.
Cette vision s’inscrit assez naturellement dans la stratégie déjà visible chez le gestionnaire. BlackRock expérimente la tokenisation aux côtés de JPMorgan et de la DTCC, tandis qu’il fait partie des validateurs fondateurs d’Arc, la nouvelle blockchain de Circle destinée aux paiements, aux stablecoins et aux actifs financiers tokenisés.
BlackRock reste cependant prudent : il ne dit pas que cette économie autonome existe déjà à grande échelle. Son étude présente surtout une trajectoire. Les standards d’identité, la réglementation et l’interopérabilité doivent encore suivre.
Le changement de lecture est déjà notable. Pendant longtemps, l’IA et la crypto ont été présentées comme deux grandes tendances technologiques concurrentes pour les capitaux. BlackRock les voit désormais comme complémentaires : l’IA fournit les agents économiques, la blockchain pourrait fournir leurs rails de paiement.