Crypto démarre la semaine du lundi 5 janvier 2026 avec un cocktail rare : des statistiques américaines qui peuvent bouger les taux, et un choc géopolitique qui remet le mot « risque » au centre du jeu. Le marché pèse autour de 3,17 billions de dollars, et Bitcoin gravite vers 92 000 $, pendant qu’Ethereum reste au-dessus de 3 100 $.
Si un « pump » doit naître cette semaine, il viendra surtout de cinq catalyseurs. Deux PMI, trois données liées à l’emploi, et une histoire vénézuélienne qui fait grimper la pression. Le point clé, c’est l’enchaînement. Les chiffres sortent, les anticipations de taux se déplacent, et la crypto réagit souvent plus vite que le reste.
PMI : le thermomètre du risque dès le début de semaine
Le premier test arrive tout de suite avec le PMI manufacturier de l’ISM, publié le lundi 5 janvier. C’est typiquement le genre de statistique qui ne raconte pas la crypto, mais qui raconte l’humeur des investisseurs. Et la crypto adore l’humeur. L’exemple récent est la hausse du bitcoin après la capture de Maduro.
Un PMI qui surprend positivement peut relancer la lecture de la croissance solide. C’est bon pour les actifs risqués… jusqu’au moment où le marché se dit que la Fed n’aura aucune raison de baisser ses taux. Cette seconde pensée arrive parfois en une heure. Et elle peut refroidir un rallye naissant.
Le PMI services suit très vite, car l’ISM le publie au troisième jour ouvré du mois. Début janvier, cela tombe généralement dès le mardi. Les services pèsent lourd dans l’économie américaine, donc dans les attentes de politique monétaire. Un chiffre robuste peut nourrir l’appétit pour le risque, mais aussi durcir le récit sur les taux.
Emploi : la semaine où la macro parle « liquidité »
Le milieu de semaine a un parfum plus direct, car il touche au nerf central des marchés : l’emploi. Le rapport JOLTS sur les offres d’emploi sort le mercredi 7 janvier. Il ne fait pas toujours la une, mais il alimente un diagnostic essentiel. Le marché du travail ralentit-il vraiment, ou résiste-t-il encore ?
Si les offres d’emploi se tassent nettement, les traders y voient souvent une porte entrouverte vers des taux plus bas. Et quand les taux futurs baissent dans les modèles, la crypto récupère souvent une partie de la lumière. C’est mécanique, presque un réflexe conditionné.
Le jeudi, les demandes hebdomadaires d’allocations chômage remettent une couche, avec leur rythme régulier de 8h30 (heure de la côte Est), sauf exception de calendrier. C’est une donnée courte, parfois bruyante, mais elle influence la narration minute par minute.
Vendredi : le rapport qui peut allumer ou éteindre
Le moment le plus « électrique » arrive le vendredi 9 janvier avec le rapport officiel sur l’emploi américain, l’Employment Situation. C’est le rendez-vous qui peut changer une semaine entière en dix minutes.
Un marché du travail qui ralentit franchement, avec des créations d’emplois faibles et des salaires qui se calment, peut réactiver l’idée d’un assouplissement monétaire plus proche. Dans ce scénario, la crypto ne monte pas parce que « tout va bien », mais parce que l’argent redevient moins cher. C’est un moteur plus froid, mais souvent plus puissant.
À l’inverse, un rapport solide peut casser le rythme. Pas forcément en faisant chuter le marché sur-le-champ, mais en installant un plafond mental. Le « prochain pump » devient alors un mot qu’on remet au frigo, en attendant une fenêtre plus claire.
Fed et Venezuela : deux récits qui changent la lecture
Beaucoup parlent du FOMC cette semaine, mais le calendrier officiel indique que la prochaine réunion FOMC est prévue les 27-28 janvier 2026. Pourtant, la Fed reste au centre, parce que les marchés n’attendent pas une réunion pour ajuster leurs paris. Ils réagissent à chaque donnée, comme si elle était un mini-vote.
C’est là que la crypto devient intéressante. Elle fonctionne souvent comme un baromètre de liquidité anticipée. Quand les traders se mettent à croire que les conditions vont s’assouplir, Bitcoin et certains altcoins captent l’élan. Quand ils pensent l’inverse, l’énergie s’éparpille, ou se réfugie dans quelques gros actifs.
En parallèle, le Venezuela ajoute une couche de volatilité narrative. Selon plusieurs médias, une opération américaine a abouti à la capture de Nicolás Maduro et à un basculement politique immédiat, avec Delcy Rodríguez en position de dirigeante par intérim. Ce type de choc réveille les questions sur le pétrole, les sanctions, et le risque géopolitique.
Dans ces moments-là, la crypto hésite sur son rôle. Parfois elle souffre en mode risk-off. Parfois elle profite d’un réflexe de diversification, surtout via les stablecoins et Bitcoin. Le « pump » le plus crédible, cette semaine, ressemble donc moins à une fusée qu’à un alignement de signaux : des chiffres d’emploi qui se refroidissent, des PMI qui ne paniquent pas, et un marché qui réinterprète tout cela comme une respiration des taux.
