Ethereum vient d’entrer dans une zone que beaucoup associent à une capitulation. Le score Z MVRV de l’Ether est passé à -0,42, pendant que le prix lâchait environ 30 % en deux semaines, avec un creux autour de 1 825 $ avant un rebond vers 2 100 $. Le signal est clair. L’interprétation, elle, divise déjà les analystes.
En bref :
Ethereum entre en zone de capitulation selon le Z MVRV, tombé à -0,42.
Les analystes hésitent entre bottom proche et baisse encore possible.
Les fondamentaux restent solides, mais la liquidité peut peser.
Un indicateur qui chuchote “creux”, mais ne le jure pas
Le Z MVRV compare la valeur de marché à la valeur “réalisée”. Dit autrement, il mesure à quel point le prix actuel s’éloigne du prix moyen auquel les coins ont bougé pour la dernière fois. Quand ça passe sous zéro, le marché bascule souvent dans une zone de peur froide.
Joao Wedson (CryptoQuant, Alphractal) parle d’un processus de capitulation “évident”. Mais il ajoute un détail qui change la lecture. L’intensité ne ressemble pas aux grands points bas historiques. En 2018, le score avait plongé jusqu’à -0,76. On en est loin.
C’est là que l’indicateur devient piégeux. Il peut signaler “sous-valorisation” sans garantir que le marché a fini de purger. Un thermomètre ne décide pas de la météo. Il dit juste qu’il fait froid.
Le marché peut encore serrer la vis
Plusieurs analystes rappellent qu’un plancher “structurel” se forme rarement en un seul mouvement. Souvent, le prix fait des allers-retours. Il teste la patience, puis la conviction. Wedson prévient qu’il existe historiquement encore une marge de baisse avant un vrai socle.
Le contexte compte autant que le graphique. Si la liquidité se tend, les rebonds deviennent fragiles. Ils ressemblent à une respiration. Pas à une reprise. La crypto adore les récits simples, mais la réalité est souvent plus granuleuse.
Un autre élément revient dans les discussions : la saisonnalité financière. Tim Sun (HashKey) évoque des contraintes de liquidité possibles liées à la période fiscale d’avril, et donc le risque d’une pression prolongée. Ce n’est pas une prophétie. C’est un rappel : le marché ne vit pas dans une bulle.
Les fondamentaux d’Ethereum : pas de casse, mais un timing compliqué
L’argument “bull” le plus solide est celui des fondamentaux. Tim Sun insiste sur un point : l’activité on-chain, l’évolution du protocole et la structure de l’écosystème ne montrent pas de détérioration majeure. Au contraire, il parle d’améliorations sur plusieurs dimensions.
Ce contraste explique le débat actuel. D’un côté, un actif qui se fait secouer par le marché. De l’autre, une machine technologique qui continue d’avancer, parfois sans demander la permission au prix. C’est inconfortable, mais fréquent en crypto.
Cela dit, “bons fondamentaux” n’implique pas “bottom immédiat”. Un actif peut être solide et sous pression. La macro, la liquidité et la psychologie peuvent dominer pendant plus longtemps que prévu. Ethereum l’a déjà montré sur d’autres cycles.
Opportunité ou faux ami : ce que raconte le MVRV négatif
Les plus optimistes voient dans le MVRV négatif une zone d’accumulation. Michaël van de Poppe parle d’un écart notable avec le “juste prix” et d’une opportunité. D’autres, comme chez Bitrue, rappellent que ces zones ont souvent précédé de fortes reprises sur les cycles passés.
Le raisonnement est logique. Quand beaucoup de porteurs sont en pertes latentes, les ventes forcées finissent par s’épuiser. Puis le marché repart, parfois brutalement. Mais ce scénario a une condition : il faut que le flux vendeur se tarisse vraiment. Et ça, aucun indicateur ne peut le tamponner avec un “certifié”.
La lecture la plus saine reste la plus simple. Le Z MVRV à -0,42 signale que l’Ether est dans une zone historiquement intéressante. Il ne dit pas si le point bas est déjà derrière nous. En crypto, le fond n’est pas un endroit. C’est un processus.
