Crypto : Ce géant britannique déconseillait Bitcoin, il le vend désormais à 2 millions de clients
Hargreaves Lansdown ouvre neuf ETN Bitcoin et Ether à ses 2 millions de clients britanniques, moins d’un an après avoir déconseillé la crypto.

Hargreaves Lansdown déconseillait encore récemment aux particuliers de miser sur Bitcoin. Moins d’un an plus tard, la plus grande plateforme d’investissement grand public du Royaume-Uni ouvre l’accès à neuf ETN Bitcoin et Ether. BlackRock, Bitwise, CoinShares, WisdomTree, 21Shares et Invesco figurent parmi les gestionnaires sélectionnés. Le discours reste prudent. Le produit, lui, est désormais en rayon.
Crypto : neuf ETN arrivent chez Hargreaves Lansdown
Deux millions de clients peuvent désormais obtenir une exposition à Bitcoin ou Ether sans ouvrir de compte sur un exchange.
L’évolution rappelle l’intégration spectaculaire de Bitcoin à la finance traditionnelle avec IBIT de BlackRock. Chez Hargreaves Lansdown, les investisseurs restent dans leur environnement habituel : compte d’investissement, interface traditionnelle, produit réglementé.
Les neuf ETN proposés affichent des frais annuels compris entre 0 % et 0,35 %. Ils proviennent de grands noms de la gestion d’actifs, dont iShares de BlackRock.
Un ETN crypto ne donne pas directement des bitcoins à l’investisseur. Il s’agit d’un titre financier conçu pour répliquer l’évolution du prix d’un actif numérique. Pas de clé privée à gérer, pas de seed phrase.
Hargreaves Lansdown administre plus de 200 milliards de dollars d’actifs et sert environ deux millions d’investisseurs. Son arrivée donne donc accès à la crypto depuis l’une des principales portes d’entrée de l’épargne britannique.
Londres a ouvert la porte
Ce revirement aurait été impossible sous les anciennes règles.
La Financial Conduct Authority interdisait depuis 2021 l’accès des particuliers britanniques aux crypto ETN. Elle a levé cette interdiction le 8 octobre 2025, estimant que ces produits étaient devenus plus courants et mieux compris.
La FCA précise toutefois qu’ils restent classés parmi les investissements présentant un niveau de risque important.
Hargreaves Lansdown impose donc plusieurs barrières. Les nouveaux acheteurs doivent réussir une évaluation destinée à vérifier qu’ils comprennent le produit. Une période d’attente de 24 heures s’applique ensuite avant le premier investissement.
Les produits ne bénéficient pas de la protection du Financial Services Compensation Scheme en cas de problème.
Londres ouvre ainsi son marché crypto tout en renforçant parallèlement sa surveillance. Le fisc britannique dispose déjà de données beaucoup plus précises sur les gains réalisés par ses investisseurs crypto.
Ouverture et contrôle avancent ensemble.
Hargreaves reste pourtant sceptique
Le plus intéressant reste la position de la plateforme elle-même.
Hargreaves Lansdown continue d’affirmer que Bitcoin n’est pas une véritable classe d’actifs et qu’il ne possède pas, selon elle, les caractéristiques intrinsèques permettant d’en faire une base solide pour atteindre des objectifs de croissance ou de revenus.
Elle insiste également sur les pertes extrêmes déjà observées sur le BTC.
Et pourtant, elle distribue désormais des produits Bitcoin.
Ce n’est pas forcément une contradiction commerciale. C’est aussi le signe que la crypto atteint une taille que les grands intermédiaires financiers peuvent difficilement ignorer. Une plateforme peut considérer Bitcoin comme très spéculatif tout en estimant que ses clients doivent pouvoir y accéder dans un environnement réglementé.
BlackRock illustre déjà cette normalisation : son ETF Bitcoin IBIT gère environ 60 milliards de dollars et affiche depuis 2024 une performance légèrement supérieure au Vanguard S&P 500.
Hargreaves Lansdown n’est donc pas devenu pro-Bitcoin. C’est presque plus révélateur ainsi. La crypto entre désormais dans les rayons de ceux qui continuent ouvertement de s’en méfier.


