Bitcoin : le mystère des achats du Salvador enfin éclairci par le FMI
Le FMI confirme que les nouveaux bitcoins accumulés par le Salvador depuis juin 2025 proviennent de dons privés et non de fonds publics.

La réserve Bitcoin du Salvador continuait de grossir alors que le pays s’était engagé auprès du FMI à ne plus utiliser de fonds publics pour accumuler du BTC. Contradiction ? Le Fonds monétaire international vient d’apporter une réponse : les bitcoins ajoutés depuis juin 2025 proviennent de dons privés. Aucun argent public n’aurait servi à ces acquisitions.
Bitcoin : le FMI explique enfin les nouveaux BTC
Le Salvador affiche désormais environ 7 764 BTC dans son portefeuille officiel. Cette progression intriguait depuis plusieurs mois, alors que Bref Crypto avait déjà détaillé les restrictions imposées par le FMI au projet Bitcoin salvadorien.
L’accord conclu avec le Fonds prévoyait notamment de limiter l’exposition du secteur public au BTC. Pourtant, le tracker gouvernemental continuait d’enregistrer de nouveaux bitcoins, parfois au rythme symbolique d’un BTC par jour.
Le FMI affirme désormais avoir reçu des documents permettant de retracer ces mouvements.
Tous les bitcoins ajoutés depuis la première revue du programme, achevée en juin 2025, proviendraient de dons privés. Aucun financement public n’aurait été mobilisé.
Un détail reste toutefois absent : le FMI n’a révélé ni l’identité des donateurs ni les montants apportés individuellement.
Bukele garde ses bitcoins sans casser l’accord
Le mécanisme permet donc au Salvador de continuer à voir sa réserve augmenter tout en respectant, techniquement, ses engagements.
Dans son communiqué publié le 3 septembre, le FMI précise cependant qu’aucune accumulation supplémentaire n’est attendue au-delà des dons déjà documentés.
Cette clarification arrive cinq ans après que le Salvador a fait de Bitcoin le cœur d’une expérience monétaire sans précédent.
Le projet a depuis été largement révisé.
L’acceptation du BTC dans le secteur privé est devenue volontaire, les impôts restent payables en dollars et le rôle de l’État dans l’écosystème Bitcoin a été réduit.
Chivo illustre parfaitement ce recul. Le gouvernement vient de transférer la majorité du capital et le contrôle opérationnel de son portefeuille crypto à un opérateur privé encore non identifié. L’État conserve seulement une participation minoritaire et certaines responsabilités de conservation des actifs des utilisateurs.
Le FMI desserre l’étau, pas complètement
La clarification sur Bitcoin accompagne surtout une bonne nouvelle financière pour San Salvador.
Le FMI et le gouvernement ont conclu un accord technique sur les deuxième et troisième revues du programme de financement de 1,4 milliard de dollars approuvé en 2025. Après validation du conseil d’administration du Fonds, environ 140 millions de dollars supplémentaires devraient être débloqués.
L’économie salvadorienne devrait parallèlement croître de 4,5 % en 2026 selon le FMI.
Bitcoin reste néanmoins surveillé. Le pays s’est engagé à renforcer le cadre juridique applicable aux actifs numériques et la gouvernance des cryptos détenues par le secteur public.
Le contraste avec d’autres stratégies nationales est intéressant. Aux États-Unis, le Trésor refuse lui aussi d’utiliser directement l’argent des contribuables pour acheter du Bitcoin.
Bukele peut donc conserver son immense symbole politique sans ouvrir le portefeuille de l’État. Le FMI vient simplement de révéler le circuit : les bitcoins continuent d’entrer, mais la facture n’est plus publique.


