Crypto : A7A5 atteint 179 milliards de dollars
Le chiffre impressionne, mais il faut le lire correctement. 179,1 milliards de dollars représentent un volume cumulé de transactions, et non 179 milliards de dollars différents placés dans A7A5. Un même token peut circuler plusieurs fois entre différentes adresses et être comptabilisé à chaque transfert.
Le dossier n’arrive pas de nulle part. BrefCrypto avait déjà suivi le durcissement des restrictions lorsque A7 Nigeria et A7 Africa sont entrés dans le périmètre des sanctions touchant plusieurs services crypto.
A7A5 fonctionne sur Tron et Ethereum. Le token est émis par Old Vector LLC, société elle-même sanctionnée par les États-Unis. FinCEN décrit son utilisation comme une sorte de comptabilité parallèle : des A7A5 peuvent circuler à l’intérieur du réseau pour représenter un paiement tandis qu’une société intermédiaire règle la contrepartie à l’étranger en dollars, euros, yuans ou dirhams.
Le stablecoin n’est donc pas simplement présenté comme un substitut numérique du rouble destiné au trading.
Il devient une pièce d’un système de règlement transfrontalier.
A7 mélange stablecoin, banques et sociétés écrans
A7 Network s’appuie sur des sociétés appelées « sub-agents », installées dans différentes juridictions. Selon FinCEN, elles peuvent recevoir et transmettre des paiements internationaux tout en utilisant des documents commerciaux, factures ou descriptions d’import-export pour donner à certaines opérations l’apparence d’un commerce classique.
Entre janvier 2025 et juin 2026, ces intermédiaires auraient traité plus de 17 milliards de dollars dans le système financier traditionnel. Là encore, ce montant ne doit pas être additionné mécaniquement aux 179,1 milliards d’A7A5 : les deux chiffres décrivent des couches différentes d’un même réseau.
Cette infrastructure contraste avec l’autre visage de la politique crypto russe. Depuis septembre, la Russie dispose également d’un marché réglementé permettant sous conditions l’accès à Bitcoin, Ethereum et USDT.
A7 affirme de son côté avoir dépassé 2 000 transactions quotidiennes et 7 500 milliards de roubles de volume en janvier, environ 91,5 milliards de dollars. Le Trésor reprend cette déclaration en précisant qu’elle vient d’A7 lui-même.
Trois chiffres, donc. Trois métriques différentes.
Washington veut couper les passerelles financières
L’OFAC a désormais désigné A7 Network comme une organisation criminelle transnationale significative. Les avoirs du réseau relevant de la juridiction américaine doivent être bloqués et les personnes américaines ne peuvent généralement plus effectuer de transactions impliquant ses biens ou intérêts sans autorisation.
FinCEN propose parallèlement d’empêcher les institutions financières américaines de transmettre des fonds liés aux sub-agents d’A7. La mesure reste à ce stade une proposition réglementaire, avec une période de commentaires publics prévue après sa publication au Federal Register.
La couche crypto évolue elle aussi. FinCEN indique qu’après le piratage présumé de Grinex en avril 2026, une partie importante des A7A5 a été regroupée dans des wallets non hébergés. Jusqu’alors, l’essentiel des transactions identifiées passait notamment par Garantex et Grinex, deux acteurs déjà sanctionnés.
Pour les exchanges, cette extension des sanctions complique la conformité. BrefCrypto avait déjà montré comment 12 000 microtransactions liées à des adresses sanctionnées avaient déclenché des restrictions temporaires chez Kraken.
A7A5 pousse cette logique beaucoup plus loin. Le stablecoin n’est pas utilisé isolément : il s’insère entre wallets, sociétés intermédiaires et banques traditionnelles.
C’est probablement la donnée la plus importante des 179,1 milliards de dollars. La finance parallèle visée par Washington n’oppose plus vraiment crypto et système bancaire. Elle utilise les deux.