Crypto : une enquête liée à Zondacrypto mène à l’arrestation du patron olympique polonais
L’enquête visant Zondacrypto s’étend : le président du Comité olympique polonais a été interpellé le 27 août dans un dossier de corruption présumée.

Radosław Piesiewicz, président du Comité olympique polonais, a été interpellé ce 27 août dans l’enquête visant Zondacrypto. Les procureurs examinent notamment de possibles avantages financiers accordés au dirigeant sportif dans le cadre des relations entre l’exchange crypto et le mouvement olympique polonais.
Au centre des soupçons figure une montre de luxe estimée à environ 40 000 euros. Piesiewicz nie l’avoir reçue comme cadeau et affirme l’avoir achetée lui-même en espèces.
Crypto : Zondacrypto rattrape le patron olympique
L’affaire rappelle à quel point un exchange crypto concentre des risques qui dépassent largement le simple trading. Zondacrypto avait signé un accord faisant de la plateforme le sponsor général du Comité olympique polonais pour la période 2026-2028.
Selon plusieurs médias polonais, son dirigeant Przemysław Kral aurait offert à Piesiewicz une montre Patek Philippe d’environ 40 000 euros ainsi que d’autres avantages. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si ces cadeaux étaient liés aux contrats de sponsoring ou à une aide concernant les difficultés réglementaires de Zondacrypto.
Piesiewicz rejette cette version concernant la montre. Le ministre polonais de la Justice, Waldemar Żurek, a confirmé sa détention tout en indiquant que davantage d’informations seraient communiquées après les actes de procédure.
À ce stade, il s’agit donc d’une enquête, pas d’une condamnation.
L’enquête crypto dépasse largement le sponsoring
Zondacrypto est déjà au cœur d’un dossier beaucoup plus lourd. Le parquet régional de Katowice a ouvert le 17 avril 2026 une enquête portant notamment sur des soupçons de fraude et de blanchiment d’argent.
Les documents officiels du Sénat polonais indiquent que les enquêteurs cherchent à savoir si des clients ont été trompés sur leur capacité à acheter et conserver des monnaies fiat et des cryptomonnaies sur la plateforme.
Zondacrypto a cessé ses activités en avril après une crise de liquidité. Les pertes des clients sont estimées à au moins 350 millions de zlotys, soit autour de 80 à 95 millions de dollars selon les taux de conversion utilisés. Plus de 3 600 plaintes avaient été recensées en juin.
L’affaire rejoint une tendance plus large où les régulateurs crypto sanctionnent de plus en plus les plateformes opérant dans des zones juridiques fragiles.
La crypto devient aussi une affaire politique en Pologne
Le dossier Zondacrypto dépasse désormais les pertes financières. La plateforme avait multiplié les partenariats sportifs et politiques en Pologne, au point de devenir très visible dans l’espace public.
Le Premier ministre Donald Tusk a également accusé l’entreprise d’entretenir des liens avec le crime organisé russe et certains services de renseignement. Ces accusations restent contestées et non établies judiciairement.
Cette dimension explique pourquoi l’arrestation de Piesiewicz fait autant de bruit. Elle intervient au moment où la Pologne débat encore de la surveillance de son secteur crypto et où, ailleurs en Europe, les contrôles visant les plateformes et les flux sous sanctions se durcissent.
L’enquête doit maintenant établir si les relations commerciales entre Zondacrypto et le Comité olympique ont réellement servi à acheter de l’influence.
Pour l’instant, une chose est acquise : le scandale crypto polonais vient de franchir les portes du mouvement olympique.
En bref
- Radosław Piesiewicz a été interpellé le 27 août.
- L’enquête concerne ses relations avec l’exchange crypto Zondacrypto.
- Une montre estimée à 40 000 € fait partie des éléments examinés.
- Piesiewicz affirme l’avoir achetée lui-même.
- Zondacrypto fait parallèlement l’objet d’une enquête pour fraude et blanchiment.
- Les pertes clients sont estimées à au moins 350 millions de zlotys.


