Changpeng “CZ” Zhao dit que Binance “achète et conserve”, sans vendre. Et il se retrouve, volontairement ou non, dans le même couloir que deux autres voix très audibles du cycle : Anthony Scaramucci et Michael Saylor. Trois profils différents. Un même slogan implicite : le bitcoin se traite comme un actif de long terme, pas comme une position nerveuse qu’on coupe dès que le marché tremble.
En bref :
- CZ martèle que Binance achète et conserve du bitcoin, plutôt que de vendre.
- Scaramucci dit acheter chaque baisse, sans chercher le timing parfait.
- Saylor et Strategy affichent une stratégie de détention, même sous stress test extrême.
Le “buy and hold” redevient un acte politique sur le marché
Quand CZ écrit que “nous avons acheté et conservé, pas vendu”, il répond aussi à l’ambiance. Dans les phases de baisse, les rumeurs prennent vite la place des faits. Binance et son fondateur ont été ciblés par du “FUD” après des secousses de marché, et CZ a publiquement repoussé l’idée que l’exchange aurait “dump” du BTC pour déclencher une chute.
Ce qui change, c’est le ton. Il ne parle pas de timing parfait. Il parle de discipline. “Le meilleur moment pour acheter, c’est quand la peur…”, dit-il en substance, en reprenant un réflexe connu des marchés : quand tout le monde veut des certitudes, il n’y en a plus à vendre.
Et CZ ajoute une couche très concrète : Binance convertit une partie des stablecoins du fonds SAFU en bitcoin. Ce n’est pas un tweet “philosophique”. C’est une action de trésorerie, donc un signal. Le SAFU détiendrait désormais 10 455 BTC, dans le cadre d’un plan de conversion annoncé autour d’un montant d’environ 300 millions de dollars sur une opération récente.
SAFU en BTC : un choix d’assurance… et de narration
Un fonds d’assurance en stablecoins rassure par sa stabilité. Un fonds d’assurance en BTC raconte autre chose : la conviction que, sur la durée, la volatilité vaut la peine d’être portée. C’est exactement le pari implicite derrière ces conversions du SAFU. Binance explique le mouvement comme un rééquilibrage, avec un objectif d’augmenter la part de BTC dans la réserve.
Le marché lit forcément ça avec un double filtre. D’un côté, c’est une mécanique de gestion des réserves. De l’autre, c’est un choix d’actif refuge “version crypto”. Le bitcoin devient non seulement l’objet de l’échange, mais aussi l’actif qu’on garde pour encaisser les chocs.
Ce détail compte parce qu’il arrive au même moment qu’un autre fait marquant : Goldman Sachs a déclaré une exposition crypto autour de 2,36 milliards de dollars dans un dépôt réglementaire récent, en hausse trimestre sur trimestre selon plusieurs reprises du document. Là encore, ce n’est pas une phrase. C’est une empreinte.
Scaramucci achète le bitcoin pendant les baisses et attend la bascule réglementaire
Anthony Scaramucci, lui, joue la carte “terrain”. À Consensus Hong Kong, il a expliqué que SkyBridge achetait du bitcoin à chaque repli, en citant des niveaux successifs autour de 84 000 puis 63 000 dollars. Le message derrière les chiffres est limpide : il ne cherche pas à deviner le point bas au millimètre. Il empile.
Sa thèse mélange marché et politique. Il répète que les flux institutionnels les plus massifs viendront quand la structure réglementaire sera plus claire. Autrement dit : le prix bouge déjà, mais la “vraie” demande pourrait n’être qu’à l’échauffement.
Ce qui est intéressant, c’est la nuance. Scaramucci reste haussier, mais parle souvent en mode “cautious”. Il n’essaie pas de vendre un rêve. Il décrit un scénario où le temps est l’allié, pas l’ennemi.
Saylor et Strategy : tenir, même dans un scénario extrême pour Bitcoin
Chez Michael Saylor et Strategy, la ligne est presque doctrinale : “nous ne vendons pas”. L’entreprise répète l’idée d’achats réguliers, y compris “chaque trimestre” selon des déclarations récentes reprises dans la presse.
Le point qui rassure certains investisseurs, c’est le stress test public. Des dirigeants de Strategy ont expliqué qu’il faudrait un scénario très violent, du type bitcoin à 8 000 dollars pendant plusieurs années, pour créer un vrai risque sur la capacité à servir la dette. Ce n’est pas une prédiction, c’est une borne de sécurité affichée.
Au final, ces trois voix racontent la même chose avec des accents différents. CZ parle d’endurance. Scaramucci parle d’accumulation. Saylor parle d’architecture financière. Et dans tous les cas, le bitcoin est présenté comme un actif qu’on traverse, pas un actif qu’on “tradenervous” au moindre chiffre macro.
