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Ethereum : 13,7 fois plus d’ETH veulent entrer en staking que sortir

Près de 1,76 million d’ETH attendent actuellement d’être placés en staking, contre seulement 128 640 ETH dans la file de sortie. Autrement dit, Ethereum compte environ 13,7 fois plus d’ETH cherchant à rejoindre le système de validation qu’à le quitter. Le délai d’entrée dépasse désormais 30 jours, alors que les sorties nécessitent un peu plus de deux jours avant le délai final de retrait. Le signal est impressionnant, surtout avec 43,2 millions d’ETH déjà stakés. Il faut toutefois éviter une conclusion trop rapide : cette file ne signifie pas automatiquement que 1,76 million d’ETH viennent d’être achetés sur le marché.

Une file dense de symboles Ethereum rejoint un portail de staking, tandis qu’une file plus petite en sort
La file d’entrée du staking Ethereum dépasse largement la file de sortie au moment de l’observation.

Ethereum voit 1,76 million d’ETH attendre leur tour

Les données de ValidatorQueue montrent 1 762 901 ETH dans la file d’entrée, pour un délai estimé à 30 jours et 15 heures. Face à eux, seulement 128 640 ETH cherchent actuellement à sortir, avec environ deux jours et six heures d’attente. Le protocole ne traite que 256 ETH de changements par epoch, ce qui empêche une arrivée ou une sortie massive de validateurs en une seule fois.

Cela tombe bien pour un réseau qui sort d’un premier semestre compliqué. Bref Crypto observait encore au printemps un Ethereum proche d’un point bas. Quelques mois plus tard, une part croissante de l’offre cherche au contraire à produire un rendement en sécurisant le réseau.

Le contraste est encore plus important lorsque l’on regarde l’ensemble du réseau. D’après ValidatorQueue, Ethereum compte environ 907 000 validateurs actifs et 43,2 millions d’ETH stakés, soit 35,38 % de l’offre. Le rendement annuel affiché tourne autour de 2,58 %.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas uniquement retail. BitMine détenait récemment environ 5,96 millions d’ETH, dont 5,07 millions étaient déjà stakés début septembre. La société estime ses revenus annualisés de staking autour de 334 millions de dollars aux conditions alors observées.

Les 13,7× ne signifient pas 13,7 fois plus d’acheteurs

Le chiffre est extrêmement haussier en apparence. Il demande pourtant une lecture plus fine.

Un ETH placé dans la file d’entrée n’est pas nécessairement un ETH acheté le jour même. Une entreprise peut posséder ses tokens depuis plusieurs mois avant de décider de les staker. Des opérateurs institutionnels peuvent également déplacer des quantités déjà détenues vers leurs propres infrastructures de validation.

Pectra a encore compliqué les comparaisons historiques. Depuis cette mise à jour, un validateur peut disposer d’un solde effectif allant jusqu’à 2 048 ETH, contre 32 ETH auparavant. Les grands opérateurs peuvent également consolider plusieurs validateurs et laisser leurs récompenses se capitaliser.

Le nombre de validateurs n’est donc plus un indicateur parfait de la quantité de nouveaux investisseurs entrant dans le staking.

Même réflexion sur la liquidité. Dire que 43,2 millions d’ETH sont « retirés du marché » serait excessif. Les protocoles de liquid staking permettent notamment de recevoir des tokens comme stETH ou rETH et de conserver une forme de liquidité pendant que l’ETH sous-jacent sécurise Ethereum.

Le signal reste néanmoins intéressant. Peu d’ETH cherchent actuellement à quitter le système, tandis que beaucoup attendent pour y entrer.

Et BitMine approche justement de son objectif autour de 5 % de l’offre Ethereum, ce qui montre à quel point la demande institutionnelle peut influencer ces files.

Un signal favorable pour l’offre, pas une garantie sur le prix

Le déséquilibre peut contribuer à réduire la quantité d’ETH immédiatement disponible. Plus de tokens dans le staking signifie généralement moins d’ETH dormant librement sur des wallets prêts à être envoyés vers les exchanges.

La mécanique peut devenir intéressante si elle se combine avec une hausse de la demande spot.

Moins d’ETH disponibles.

Davantage d’ETH stakés.

Des entreprises qui accumulent.

Des investisseurs institutionnels qui cherchent un rendement.

Dans ce scénario, une demande supplémentaire peut rencontrer une offre plus rigide.

Cela ne garantit pourtant aucun rallye.

Ethereum a déjà connu de fortes périodes de staking alors que son prix baissait. Le rendement lui-même diminue généralement lorsque davantage d’ETH rejoint la validation, puisque les récompenses doivent être réparties entre davantage de capital. L’APR tourne aujourd’hui autour de 2,58 %, loin des rendements beaucoup plus élevés observés aux premières années du proof-of-stake.

Le marché doit donc regarder plusieurs données en même temps : staking, ETF, réserves des exchanges, activité on-chain, frais et surtout demande réelle pour ETH.

Le ratio actuel reste néanmoins difficile à ignorer.

1,76 million d’ETH veulent entrer. 128 640 veulent sortir. Plus de 35 % de l’offre est déjà stakée.

Le staking Ethereum ne donne pas encore le prix du prochain mouvement.

Il montre simplement qu’en ce moment, beaucoup plus d’ETH cherchent une place dans le réseau qu’une porte de sortie.

Sources citées1
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Auteur

Gregoire Lacroix

Grégoire Lacroix est <strong>analyste et rédacteur chez BrefCrypto</strong>, spécialisé dans les <strong>cryptomonnaies et les marchés numériques</strong>. Il se concentre sur <strong>Bitcoin, l’analyse de marché, les cadres réglementaires et l’adoption réelle de la blockchain</strong>. Son travail privilégie une <strong>lecture stratégique et factuelle</strong>, orientée usage et impact économique. Il apporte un <strong>regard expert sur l’écosystème crypto africain</strong>, entre opportunités, risques et structuration du marché.