La ministre des Finances, Satsuki Katayama, estime que les plateformes de marché, y compris celles liées aux places boursières, sont essentielles pour permettre au grand public d’accéder aux cryptos. Dans le même temps, Tokyo prépare une réforme pour reclassifier environ 105 cryptomonnaies et envisage une fiscalité plus légère sur certains gains crypto.
La Bourse comme porte d’entrée, pas comme musée
Satsuki Katayama, ministre des Finances et figure de la supervision financière, soutient l’idée que les plateformes de marché jouent un rôle clé pour donner au public un accès plus clair aux crypto-actifs. En filigrane, la crypto n’est plus seulement tolérée mais elle devient un sujet d’infrastructure.
Le message, c’est que la crypto doit passer par des rails connus. Des lieux où l’on liste, où l’on contrôle, et où l’on surveille. Pour le Japon, la Bourse n’est pas qu’un bâtiment à Tokyo. C’est une méthode.
Ce positionnement colle avec la trajectoire récente du pays. Katayama supervise aussi l’Agence des services financiers (FSA) et a déjà communiqué sur des projets concrets autour des stablecoins et de l’innovation de paiement. L’État ne parle pas seulement de “Web3”. Il parle d’usage, de conformité, et de tests en conditions réelles.

105 crypto-actifs dans une nouvelle case
Le Japon envisage de reclassifier un ensemble d’environ 105 crypto-actifs, dont Bitcoin et Ethereum. Il veut les faire entrer dans une logique plus proche des produits financiers. Le chantier passerait par une révision du cadre lié à la Financial Instruments and Exchange Act.
Derrière cette reclassification, il y a une promesse et une menace. En effet, la promesse, c’est une meilleure lisibilité pour les acteurs traditionnels. Cependant, la menace, c’est l’arrivée des contraintes qui vont avec. Si un actif devient un produit financier, il attire les règles de marché.

C’est d’ailleurs l’un des points mis en avant dans les informations relayées par la presse. La reclassification s’accompagnerait de garde-fous, notamment sur les comportements assimilables à l’initié. Autrement dit, on veut réduire l’angle mort. Et couper court à l’idée que la crypto serait un casino hors-sol.
Le Japon discute d’un alignement fiscal plus favorable, avec un taux d’imposition sur les gains crypto qui pourrait tomber à 20% pour les actifs concernés. Aujourd’hui, le régime peut monter bien plus haut, car les profits sont traités comme des revenus divers dans certains cas.
Ce geste fiscal n’est pas un cadeau isolé. Il ressemble plutôt à un échange. D’un côté, on réduit la friction qui pousse certains investisseurs à rester à l’écart, ou à passer par des voies moins transparentes. De l’autre, on resserre la vis réglementaire, avec des exigences de divulgation et des règles de conduite plus proches de celles des marchés actions.
