Jeudi 29 janvier 2026 à 10h30, la Commission Agriculture du Sénat américain doit voter en séance de “markup” sur un texte majeur de structure de marché crypto. Ce rendez-vous compte, parce qu’il touche au cœur du problème : qui surveille quoi, et avec quels outils, sur les marchés au comptant.
En bref :
- Le Sénat américain vote, jeudi 29 janvier 2026 à 10h30, un texte majeur de structure de marché crypto.
- Le projet vise à renforcer l’encadrement des intermédiaires et la surveillance, avec le CFTC au centre.
- La promesse d’une baisse de 70% de la manipulation est plausible en esprit, mais pas garantie en chiffre.
Un projet de loi crypto pensé pour le “spot”
Après mise à jour et report, demain, la Commission Agriculture du Sénat américain vote sur un projet de loi majeur. Ce dernier vise à fixer des règles plus strictes pour le marché crypto. Ce vote se fait en commission, pendant une séance de “markup”. Les sénateurs peuvent y modifier le texte, adopter des amendements, puis décider s’il avance vers un vote du Sénat au complet.
La Commission Agriculture n’est pas un choix exotique. Elle supervise le CFTC, le régulateur des marchés dérivés. Et, dans cette vision, celui qui doit aussi encadrer une large part des actifs numériques traités comme des “commodities”. Le texte discuté vise justement à donner au CFTC de nouveaux leviers sur les intermédiaires des “digital commodities”.
Le calendrier a été bousculé par la météo à Washington, mais le vote revient vite au centre du jeu. La page officielle du Sénat liste la réunion du 29 janvier. Elle indique l’horaire, la salle et les documents liés au projet et aux amendements.

À côté, la Commission bancaire du Sénat travaille aussi sur sa propre approche de la structure de marché. De plus, les arbitrages entre CFTC et SEC restent sensibles. Ainsi, même si la Commission Agriculture vote, la suite dépendra d’un compromis plus large.
Pourquoi on parle d’une chute possible du wash trading
Le projet de loi indique que les plateformes doivent s’enregistrer, appliquer des règles de conduite, renforcer la surveillance et documenter les opérations. Mais, il en résulte que les comportements artificiels deviennent plus coûteux et plus risqués. Sur le papier, c’est exactement le type de cadre qui fait disparaître les volumes “gonflés” et les signaux de prix fabriqués.
Des travaux académiques ont déjà leurs estimations sur le wash trading. En effet, sur certaines catégories de plateformes moins strictes, le wash trading pouvait représenter une part énorme du volume déclaré. Parfois au-delà de 70% selon les méthodes et l’échantillon. Dit autrement, une grosse partie de la “liquidité” affichée peut être un décor.
Une loi peut assainir, oui. Elle peut aussi déplacer le problème notamment vers des juridictions offshore, vers des produits plus opaques, ou vers des zones grises difficiles à qualifier. Le chiffre doit donc être lu comme une projection militante, pas comme une estimation officielle gravée dans le marbre.
Les investisseurs vont surtout scruter deux choses. Il s’agit de la solidité du soutien bipartisan et la capacité à aligner ce texte avec les autres chantiers du Sénat. De plus, une régulation qui clarifie les rôles CFTC/SEC et encadre les plateformes peut rassurer les institutionnels. En effet, elle réduit l’incertitude juridique.
