Même un gain de 1 500 % peut s’avérer insuffisant pour justifier une vente de bitcoin. C’est la conclusion amère à laquelle arrive Robert Kiyosaki, auteur de Père riche, Père pauvre, désormais rangé parmi les investisseurs repentis. Après avoir liquidé pour 2,25 millions de dollars de BTC en novembre 2025, à environ 90 000 dollars, le gourou financier affirme aujourd’hui regretter profondément cette décision, malgré la correction récente du marché.
En bref
- Kiyosaki vend 2,25 M$ de bitcoin et qualifie l’opération de « grosse erreur »
- Bitcoin évolue autour de 89 000 $, Kiyosaki vise 200 000 $ cette année
- La dynamique du marché renforce le coût d’opportunité de chaque vente de bitcoin
Une vente de bitcoin rationnelle devenue erreur stratégique
Vendre ses bitcoins au mauvais moment laisse rarement indifférent. Robert Kiyosaki en a fait l’expérience en novembre, lorsqu’il a cédé une partie de ses BTC autour de 90 000 dollars. Il a également vendu une part de son or afin de financer l’achat de deux centres chirurgicaux et des investissements publicitaires.
Kiyosaki avait acquis ses bitcoins autour de 6 000 dollars l’unité. L’opération lui a permis de sécuriser un gain supérieur à 1 500 %. D’un point de vue comptable, la décision tenait la route. Sur le plan stratégique, elle s’est révélée plus discutable.
Sur X, il reconnaît qu’il aurait dû conserver ses bitcoins. Il qualifie la vente de « grosse erreur ». Cette prise de parole intervient alors que le bitcoin connaît une phase de forte volatilité, avec un prix oscillant autour de 89 000 dollars.
Kiyosaki estime avoir vendu trop tôt un actif qu’il considère désormais comme central. Ce constat l’amène à revoir sa stratégie. Il renonce à liquider ses réserves. Il privilégie désormais l’endettement pour investir dans l’immobilier, pour réinjecter ensuite les flux générés dans le bitcoin, l’ethereum, l’or et l’argent.
Cette approche reflète sa vision monétaire. Pour Kiyosaki, la volatilité ne constitue pas le principal risque. La dépréciation continue du dollar américain reste, selon lui, la menace majeure.
Bitcoin, rareté et irréversibilité des décisions
Les regrets de Kiyosaki s’inscrivent dans une réalité structurelle du bitcoin : l’irréversibilité. Une vente ou une perte ne se corrige pas. Le cas de James Howells en reste l’exemple le plus extrême. En 2013, cet ingénieur gallois jette un disque dur contenant 8 000 BTC. Après plus de dix ans de procédures, la justice britannique a définitivement refusé l’excavation de la décharge de Newport début 2025.
Ces bitcoins, aujourd’hui valorisés à près de 800 millions de dollars, demeurent inaccessibles sous plus de 110 000 tonnes de déchets. Selon plusieurs estimations, jusqu’à 3,8 millions de BTC seraient définitivement perdus, réduisant mécaniquement l’offre disponible. Cette raréfaction renforce la pression déflationniste sur les unités restantes et accentue le coût d’opportunité de chaque vente.
Dans ce contexte, la comparaison devient évidente. Howells incarne la perte involontaire, Kiyosaki l’arbitrage volontaire mal calibré. Les deux rappellent une même réalité : dans un système plafonné à 21 millions d’unités, chaque bitcoin compte.
Prévisions de Kiyosaki et bascule institutionnelle
Dans ses anticipations formulées l’an dernier, Robert Kiyosaki affichait une position résolument haussière. Il maintenait un objectif de prix supérieur à 200 000 dollars pour le bitcoin des 2026. À ses yeux, l’explosion de la dette américaine et l’érosion continue du pouvoir d’achat rendent inévitable la revalorisation des actifs rares. Les phases de correction ne l’inquiètent pas. Il les considère comme des opportunités d’accumulation.
Cette lecture dépasse désormais le cadre individuel. Elle s’inscrit dans une dynamique institutionnelle croissante. Le Nasdaq a supprimé les plafonds sur les options des ETF bitcoin et ether, alignant progressivement le bitcoin sur le traitement réservé à l’or et à l’argent. Les acteurs les plus avertis se positionnent déjà dans ce nouveau cadre.
Le parcours de Kiyosaki illustre ainsi le dilemme des investisseurs. Même un gain exceptionnel peut sembler insuffisant lorsque l’on anticipe une transformation durable du système monétaire. Avec le bitcoin, la décision ne se limite plus à la performance de court terme. Elle engage une réflexion sur le temps, la rareté et la conviction.
