Le royaume himalayen accentue la pression sur le bitcoin en transférant 184 BTC vers un teneur de marché, portant ses ventes hebdomadaires à 22,3 millions de dollars alors que la crypto chute de plus de 42 % depuis son record historique.
En bref
- Le Bhoutan a cédé 284,8 BTC en une semaine, soit 22,3 millions de dollars
- Ses réserves ont fondu de 13 295 BTC à 5 700 BTC depuis octobre 2024
- Le bitcoin évolue désormais sous les 65 000 dollars dans un climat de peur extrême
Une stratégie de liquidation progressive face à des coûts de minage doublés
Le Bhoutan poursuit méthodiquement la vente de ses réserves stratégiques en bitcoin. Arkham Intelligence vient de repérer un nouveau mouvement suspect dans les portefeuilles du Bhoutan. Mercredi dernier, 184 BTC ont pris la direction du teneur de marché QCP Capital, soit environ 14 millions de dollars. Une transaction qui s’ajoute aux 100,8 BTC déjà expédiés vendredi (8,3 millions). Bilan en une semaine : 22,3 millions partis en fumée.
Pour ce petit pays niché dans l’Himalaya, ce n’est pas vraiment une surprise. Depuis 2019, le royaume a construit son modèle économique autour du minage de bitcoin alimenté par ses ressources hydroélectriques. Une stratégie audacieuse qui lui a permis d’accumuler près de 765 millions de dollars en BTC… mais qui commence à montrer ses limites.
Le halving d’avril 2024 a tout changé. Les récompenses sont passées de 6,25 à 3,125 BTC par bloc, et les coûts d’extraction ont carrément doublé. Avec ça le Bhoutan qui minait tranquillement 8 200 BTC en 2023 galère désormais à maintenir sa production. Beaucoup de machines sont devenues non rentables et ont été débranchées.
L’hémorragie est spectaculaire. Depuis octobre 2024, le pays a vu ses avoirs fondre comme neige au soleil : de 13 295 BTC à seulement 5 700 BTC aujourd’hui. Ainsi, le Bhoutan vient de perdre sa place dans le top 6 des États détenteurs de bitcoin pour atterrir en septième position, derrière les poids lourds comme les États-Unis, la Chine et même le Salvador.
Le bear market ne fait pas de cadeau aux petits joueurs
Difficile de tomber plus mal. Ces ventes interviennent en plein marasme du marché crypto. Le bitcoin a plongé de 42,8 % depuis son ATH à 126 080 dollars d’octobre dernier, et stagne désormais autour des 65 000 dollars. Pas franchement le moment idéal pour liquider ses positions.
L’ambiance est apocalyptique sur les marchés. L’indice Fear & Greed affiche 17 sur 100, du jamais-vu depuis les heures les plus sombres de 2022. Les investisseurs sont tétanisés, et pour cause : Trump multiplie les menaces de droits de douane, les services gouvernementaux américains ferment boutique par intermittence, et à Washington, les projets de loi pro-crypto restent bloqués.
Même les ETF bitcoin spot, censés apporter de la stabilité, prennent la fuite. Après 3,48 milliards de sorties en novembre 2025 et 1,09 milliard en décembre, janvier 2026 a quand même ralenti le rythme avec « seulement » 278 millions de retraits. Un léger mieux qui ne change rien à la tendance générale : les institutionnels ne veulent plus prendre de risques.
Pour le Bhoutan, c’est la double peine. D’un côté, ses coûts de production explosent. De l’autre, le prix du bitcoin s’effondre. Druk Holding and Investments, l’entité publique qui gère les réserves en BTC du royaume, se retrouve coincée : faut-il continuer à vendre maintenant pour financer le pays, ou attendre un hypothétique rebond ? Arkham note que le Bhoutan a l’habitude de vendre par tranches de 50 millions de dollars, avec une dernière vague de liquidations massive entre mi-septembre et fin septembre 2025.
Ce qui fait vraiment mal, c’est que le modèle bhoutanais était plutôt malin au départ. Transformer son excédent d’hydroélectricité en bitcoin, c’était génial, quand le BTC montait et que le minage restait rentable. Mais aujourd’hui, entre les coûts qui doublent et le prix qui dévisse, l’équation ne tient plus. Et pourtant, avec 765 millions amassés depuis 2019, le royaume reste un cas d’école unique : celui d’un État qui a vraiment misé gros sur l’or numérique.
La vente forcée du Bhoutan raconte une histoire plus large. Celle d’un marché crypto pris en étau entre cycle post-halving brutal, tensions géopolitiques et panique généralisée. Pour les petits acteurs surexposés aux coûts de production, l’heure est à la survie. Reste à savoir si cette correction marquera le creux du cycle ou le prélude à une baisse plus profonde, comme le suggèrent certains analystes qui n’excluent pas un retour vers les 54 000.
