Quand le bitcoin chute, les langues se délient. Metaplanet, la société japonaise devenue l’un des plus grands détenteurs institutionnels de BTC en Asie, se retrouve au cœur d’une controverse explosive. Un utilisateur anonyme accuse son PDG Simon Gerovich de masquer des achats stratégiques réalisés au sommet du marché et de tromper les actionnaires. Une attaque que Gerovich démonte méthodiquement, et qui révèle, au fond, toute la complexité d’investir massivement dans le bitcoin.
En bref
- Metaplanet accusé de cacher des achats de bitcoin réalisés à un pic de prix en septembre 2025.
- Simon Gerovich réfute point par point : tous les achats ont été divulgués en temps réel via un tableau de bord public.
- Malgré une perte nette de 619 M$, le profit opérationnel explose de 1 695 %, preuve, selon le PDG, que la stratégie tient la route.
Metaplanet dans le viseur : des accusations graves mais contestées
Une tempête médiatique s’est abattue sur Metaplanet. Un utilisateur anonyme sur X, se réclamant propriétaire de 50 000 actions, a accusé la société japonaise de dissimuler des informations cruciales à ses investisseurs. Selon lui, l’entreprise aurait acheté du bitcoin à un pic de prix en septembre 2025, gardé le silence jusqu’au rebond du marché, et mal géré ses opérations sur options.
Ces allégations tombent mal. Depuis fin septembre, le bitcoin a chuté de plus de 40 %, passant d’environ 114 000 $ à 67 900 $, exposant Metaplanet à des pertes comptables massives. La société a ainsi enregistré une perte nette de 95 milliards de yens (619 millions de dollars) pour 2025, principalement due à une dépréciation non réalisée de 102,2 milliards de yens sur ses avoirs en bitcoin.
Pourtant, Metaplanet maintient le cap. L’entreprise continue son accumulation à long terme vers un objectif de 210 000 BTC d’ici 2027, financé par les flux de trésorerie opérationnels et les levées de capital. Une ambition qui divise autant qu’elle fascine.
La riposte de Gerovich : transparence, chiffres et responsabilité publique
Simon Gerovich n’a pas laissé passer ces accusations sans répondre. Dans un long message publié sur X, il a qualifié les allégations de factuellement incorrectes, affirmant : « Il est facile de se cacher derrière un compte anonyme pour critiquer les autres et provoquer des polémiques sans aucune responsabilité. »
Sur les achats de septembre, le PDG assume sans détour. Il a confirmé quatre achats distincts ce mois-là, tous annoncés dans les délais, et reconnu que septembre s’était avéré être un pic local, sans pour autant s’en excuser : « Notre stratégie n’est pas de timer le marché, mais d’accumuler systématiquement du bitcoin sur le long terme, quel que soit le prix. »
Sur la stratégie d’options, Gerovich corrige ce qu’il considère comme un malentendu fondamental. Vendre des options de vente ne revient pas à parier sur une hausse du bitcoin. C’est encaisser une prime immédiate pour réduire le coût d’acquisition effectif. Résultat : le bitcoin par action, indicateur clé de Metaplanet, a progressé de plus de 500 % en 2025, tandis que le profit opérationnel a bondi de 1 695 % en glissement annuel à 6,29 milliards de yens.
La controverse autour de Metaplanet illustre un défi plus large : comment évaluer une société dont le bilan oscille au rythme du bitcoin ? Strategy, le plus grand détenteur institutionnel de BTC, a lui aussi enregistré une perte nette de 12,4 milliards de dollars au quatrième trimestre 2025, sans que sa stratégie soit fondamentalement remise en cause. Gerovich, lui, joue sa crédibilité en public, et c’est peut-être là sa meilleure réponse aux critiques anonymes.
