Le prochain marché haussier du Bitcoin pourrait venir de quatre tendances très concrètes, pas d’un simple “retour de la hype”. Matt Hougan, directeur des investissements chez Bitwise, cite la finance agentique, la DeFi institutionnelle, les progrès contre le risque quantique et l’accélération de la tokenisation. Et il le dit alors que le BTC recule autour de 65 500 $, dans une ambiance franchement nerveuse. Le point intéressant, c’est que ces catalyseurs ne ressemblent pas à des promesses floues. Ils sont déjà en train de se mettre en place. Discrètement, parfois. Et souvent là où on ne regarde pas quand le marché baisse.
En bref :
- Le prochain bull run du Bitcoin pourrait être déclenché par quatre tendances : finance agentique, DeFi institutionnelle, sécurité post-quantique et tokenisation.
- À court terme, un short squeeze est possible si le marché reste trop vendeur sur les dérivés.
- Et en toile de fond, l’adoption institutionnelle avance par l’infrastructure, pas par les slogans.
Finance agentique : quand des “agents” deviennent des utilisateurs
La finance agentique, c’est l’idée que des logiciels autonomes exécutent des actions financières de bout en bout. Pas juste “analyser”, mais détenir une identité, gérer des fonds, et interagir avec la blockchain. Hougan met en avant l’annonce de Coinbase autour de “portefeuilles agentiques”, conçus pour ce type d’usage.
Ce qui change la dynamique, c’est la notion d’activité on-chain non humaine. Si demain des agents paient, arbitrent, rebalancent, ou règlent des services automatiquement, la blockchain devient une couche d’exécution continue. Pas un simple lieu où l’on “trade” quand on s’ennuie.
Le détail technique compte aussi. Coinbase insiste sur des logiques d’autorisations et de politiques de dépense programmables, avec une approche non-custodial. Ce genre d’infrastructure, si elle prend, crée un nouveau type de demande. Moins émotionnelle. Plus mécanique.
DeFi institutionnelle : BlackRock pousse la porte, et ce n’est pas symbolique
La DeFi “institutionnelle” n’est plus un oxymore. BlackRock a annoncé l’arrivée de son token BUIDL, adossé à des bons du Trésor, sur Uniswap. Et le groupe indique aussi acheter un montant non divulgué de tokens UNI.
Ce n’est pas juste un partenariat marketing. C’est un signal d’architecture. Les institutions cherchent des rails. Elles testent où la liquidité se forme, comment elle circule, et quelles règles on peut greffer par-dessus. BUIDL sur Uniswap, c’est une passerelle entre gestion d’actifs classique et marché crypto natif.
Le marché a réagi parce que le sous-texte est lourd. Si une partie de la tokenisation et des échanges de produits “tradfi” se fait sur des plateformes DeFi, le centre de gravité bouge. Doucement, mais il bouge.
Risque quantique : un catalyseur de confiance, pas un pump immédiat
Le risque quantique revient régulièrement comme un film dont on ne voit jamais la fin. Sauf qu’ici, il y a un marqueur tangible : la proposition BIP-360 a été intégrée au dépôt officiel des Bitcoin Improvement Proposals, avec une approche visant à réduire l’exposition des clés publiques et préparer des options plus robustes.
Il faut rester lucide. Une BIP “merge” ne veut pas dire activation demain matin. Mais cela répond à une angoisse institutionnelle réelle : investir sur un actif, c’est aussi investir sur sa trajectoire de sécurité. Le Bitcoin ne promet pas d’être parfait. Il promet d’évoluer sans perdre son âme.
C’est souvent comme ça que naissent les grands mouvements. Pas sur une mise à jour spectaculaire, mais sur une accumulation de raisons de rester exposé. Une forme de sérénité technique, dans un marché qui en manque.
Tokenisation et dérivés : le retour des “vrais” tuyaux financiers
La tokenisation est la quatrième mèche citée par Hougan. Et là encore, on voit des acteurs traditionnels accélérer : CME évoque des initiatives autour d’actifs tokenisés et de cash tokenisé, tandis que le sujet progresse aussi chez Broadridge et UBS via des projets d’infrastructure et de marché.
Ce n’est pas glamour, mais c’est puissant. Quand les tuyaux changent, les volumes suivent. La tokenisation n’a pas besoin que tout le monde “comprenne la crypto”. Elle a juste besoin que les coûts baissent, que les règlements soient plus rapides, et que la conformité s’industrialise.
En parallèle, le positionnement des traders raconte une autre histoire, plus immédiate. Santiment observe des taux de financement agrégés très négatifs, au plus bas depuis août 2024. Dans ce contexte, un rebond peut venir d’un short squeeze, donc d’achats forcés et rapides.
Même les États servent de baromètre. Bloomberg note que la baisse du Bitcoin a amputé la valeur des avoirs du Salvador d’environ 300 millions de dollars, avec un impact sur la perception du risque et le débat autour du financement international. Cela rappelle une chose simple : Bitcoin reste un actif politique, pas seulement financier.
