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Tokenisation : le géant bancaire Itaú passe aux obligations et fonds sur blockchain

Itaú accélère dans la tokenisation avec OpenAssets pour tester obligations et fonds d’investissement sur blockchain au sein du pilote ANBIMA.

Des actifs financiers abstraits circulent entre deux coffres sur un réseau blockchain à São Paulo
Itaú et OpenAssets participent au pilote de tokenisation coordonné par ANBIMA.

Itaú Unibanco accélère dans la tokenisation en s’associant à OpenAssets pour tester des obligations et des fonds d’investissement sur des infrastructures blockchain. Le groupe rejoint un pilote coordonné par ANBIMA, l’association brésilienne des marchés financiers. L’objectif dépasse la simple émission de tokens : le projet doit tester le cycle de vie des actifs, de leur création jusqu’à leur règlement.

Tokenisation : Itaú teste obligations et fonds sur blockchain

Le projet s’inscrit dans la progression mondiale de la finance tokenisée et de son encadrement réglementaire. Itaú et OpenAssets travailleront dans le cadre du programme de tokenisation d’ANBIMA, consacré à des utilisations concrètes de la technologie des registres distribués.

L’association brésilienne indique avoir retenu 20 projets parmi 39 propositions. Ces initiatives, présentées seules ou en consortium, mobilisent plus de 50 institutions, dont des banques, des gestionnaires d’actifs et des entreprises technologiques.

Les tests portent notamment sur les titres à revenu fixe, dont les débentures, ainsi que sur les fonds d’investissement. Les participants examineront leur émission, leur négociation et les différents événements de leur cycle de vie sur des réseaux utilisant la technologie DLT.

Le partenariat doit également produire des preuves de concept et étudier les normes techniques nécessaires. Les questions de conformité et d’organisation seront examinées en parallèle. Itaú ne cherche donc pas uniquement à démontrer qu’un titre peut être représenté par un token. La banque veut vérifier si l’infrastructure peut fonctionner selon les exigences de la finance réglementée.

Itaú ne découvre pas les actifs numériques en 2026

Cette expérience s’inscrit dans une stratégie plus ancienne. Itaú a créé Itaú Digital Assets dès 2022 afin de développer des services d’émission, de distribution et de conservation d’actifs numériques.

Le groupe expliquait déjà vouloir rendre certains investissements auparavant réservés aux clients fortunés ou institutionnels plus accessibles grâce au fractionnement. Le crédit figurait parmi les premiers marchés ciblés. Itaú estimait que la tokenisation pouvait simplifier les opérations et réduire certains coûts tout en intégrant ces produits à ses canaux bancaires traditionnels.

Itaú a aussi été sélectionné par la Banque centrale brésilienne pour participer au pilote Drex. Le programme simule notamment la circulation et le règlement d’actifs tokenisés dans une architecture réglementée. Le nouveau partenariat avec OpenAssets représente donc moins un changement de direction qu’une nouvelle étape vers les marchés de capitaux.

Le Brésil devient un laboratoire grandeur nature

Le poids d’Itaú donne une autre dimension au projet. L’arrivée de l’un des plus grands groupes bancaires d’Amérique latine montre que la tokenisation ne reste plus confinée aux startups crypto.

Le Brésil possède déjà plusieurs initiatives sur les actifs du monde réel. Cette dynamique rejoint celle observée ailleurs, notamment lorsque BlackRock a connecté des fonds monétaires à une infrastructure blockchain. Dans les deux cas, l’actif financier traditionnel conserve sa nature juridique, tandis que son registre et son règlement utilisent de nouveaux rails techniques.

Le marché brésilien explore aussi le crédit, les créances et d’autres droits économiques pouvant être fractionnés ou automatisés. Le pilote ANBIMA se distingue toutefois par sa dimension coordonnée et par la diversité des institutions engagées.

La blockchain commence à entrer dans le cœur de la finance

La tokenisation promet surtout de modifier l’infrastructure située derrière un investissement. Une obligation tokenisée reste une obligation. La différence réside dans la manière dont sa propriété peut être enregistrée, transférée et réglée.

Pour les banques, le potentiel se trouve dans l’automatisation et la réduction de certains intermédiaires techniques. Un actif numérique programmable peut aussi être fractionné plus facilement. Cette évolution prolonge le mouvement décrit lorsque BlackRock et JPMorgan ont accéléré la tokenisation à Wall Street.

Le pilote ANBIMA devra maintenant montrer si ces avantages résistent aux contraintes réglementaires et opérationnelles d’un véritable marché. Aucun lancement commercial massif n’est encore annoncé. Mais avec 20 projets retenus, plus de 50 institutions mobilisées et Itaú parmi les participants, le Brésil passe clairement de l’expérimentation isolée à la construction d’une infrastructure financière tokenisée.

En bref

  • Itaú et OpenAssets participent à un pilote consacré aux obligations et fonds tokenisés.
  • ANBIMA a retenu 20 projets portés par plus de 50 institutions.
  • Les tests portent sur l’émission, la négociation et le règlement sur infrastructure DLT.

À propos de l’auteur

Evan's Selemani

Evan's Selemani

J’ai plongé dans Bitcoin dès 2017, bien avant qu’il ne devienne un sujet grand public. Depuis, j’ai transformé cette immersion de terrain en expertise concrète : analyse des cycles de marché, compréhension fine des protocoles, décryptage des narratifs et des enjeux réglementaires. Rédacteur crypto et formateur sur le terrain, je traduis la complexité de la blockchain en contenus clairs, précis et stratégiques, pensés autant pour les investisseurs avertis que pour les nouveaux entrants.