Le Venezuela reste associé à son pétrole. Mais un autre récit s’invite dans les salles de marché. Il parle de Bitcoin, et d’une possible trésorerie cachée.
Une réserve bitcoin fantôme qui bouscule le récit
Une enquête de Whale Hunting affirme que le régime vénézuélien aurait accumulé plus de 60 milliards de dollars en Bitcoin et en USDT, via des circuits parallèles. L’auteur parle de sources de renseignement et de recoupements, donc rien n’est prouvé au sens judiciaire. Pourtant, une seule idée suffit à faire bouger les anticipations. En effet, si ce stock existe, il devient un facteur macro pour 2026.

Le point de départ, dans ce scénario, c’est l’or. On parle des “gold swaps” et une conversion progressive de produits aurifères en actifs numériques à partir de 2018. L’hypothèse est plausible sur le plan financier. En effet, l’or se transporte, se négocie, puis se transforme. Et Bitcoin, lui, traverse les sanctions comme une rumeur traverse une frontière.
Face aux restrictions, PDVSA a cherché des voies de paiement alternatives. Plusieurs analyses décrivent l’usage d’USDT dans des ventes de pétrole, justement pour contourner les canaux bancaires classiques. La crypto, ici, n’est pas une idéologie mais une infrastructure de secours.
Ce qui fait trembler, c’est la taille supposée. Une poche à plusieurs centaines de milliers de BTC, même si elle ne “vend” pas, pèse sur le sentiment. Le marché déteste les réserves invisibles. Il leur prête toujours une intention, et c’est souvent la pire.
Du pétrole à l’USDT : la finance parallèle
Des observateurs indiquent que PDVSA a exigé des paiements en USDT pour certains deals spot dès 2024. C’est pragmatique. USDT circule vite. Il évite les banques, et il permet de facturer en dollars sans passer par le dollar.
Mais USDT a une faiblesse structurelle. En effet, l’émetteur peut geler des adresses. Tether l’a rappelé en expliquant qu’il bloquerait des wallets utilisés pour contourner des sanctions. Pour un État sous pression, c’est un coffre avec un interrupteur externe.
D’où le pivot vers Bitcoin, décrit comme une sorte d’assurance contre la censure. C’est cohérent, mais pas magique. Bitcoin ne se gèle pas, certes. En revanche, il laisse des traces.
En 2024, la liquidation par la Saxe d’une partie de ses bitcoins saisis a alimenté une correction d’environ 15% sur la période, selon plusieurs analyses de marché. Ici, on parlait d’environ 50 000 BTC. L’impact venait surtout de la peur d’un stock à vendre.
La comparaison avec les géants actuels rend le débat concret. Fin 2025, IBIT est estimé autour de 770 791,5 BTC en garde, d’après des suivis basés sur données publiques. Strategy, de son côté, annonce 672 497 BTC après de nouveaux achats fin décembre 2025. Un Venezuela à 600 000 BTC se retrouverait, sur le papier, dans le même ordre de grandeur. Avec un Bitcoin à 90 000 dollars, 600 000 BTC représenteraient environ 54 milliards de dollars.

Et c’est là que tout se retourne. Un stock caché peut être baissier s’il menace de sortir. Mais un stock saisi et immobilisé devient un verrou. La question n’est plus “combien existe”. C’est “combien circule vraiment”.
