À Davos, Donald Trump veut remettre la discussion au centre du jeu. Après plusieurs jours de nervosité autour de nouveaux droits de douane visant des pays européens, le président américain a confirmé que des échanges auraient lieu pendant le Forum économique mondial, organisé du 19 au 23 janvier 2026 à Davos-Klosters.
En bref :
- Trump annonce des négociations à Davos pour calmer la tension commerciale avec l’UE.
- Le dossier du Groenland et la menace de droits de douane entretiennent l’incertitude.
- Les marchés restent fébriles, avec un Bitcoin qui réagit au moindre signal.
Davos comme soupape, pas comme tribunal
Trump affirme qu’une réunion “des différentes parties” est actée à Davos pour traiter le dossier Groenland et, par ricochet, calmer la tension commerciale avec l’Union européenne. Il l’a écrit après un appel jugé “très bon” avec Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN.
Davos sert souvent à ça. On y parle beaucoup, on y signe rarement. Mais on y teste des lignes rouges, en public et en coulisses. Cette fois, l’objectif est surtout de gagner du temps. Et de faire retomber la pression avant qu’elle ne se transforme en mesures irréversibles.
Le choix de Davos n’est pas neutre. Le forum revendique l’idée d’un “esprit de dialogue” pour cette édition. C’est exactement le vocabulaire qui manque quand la politique commerciale devient un bras de fer permanent.
Groenland, OTAN et tarifs : un même nœud
Le dossier du Groenland n’est pas seulement un feuilleton géopolitique. Trump le présente comme un sujet de “sécurité nationale et mondiale”. Et il s’appuie sur ce registre pour justifier une pression économique sur des alliés.
Le mécanisme mis en avant par plusieurs médias est celui d’une escalade tarifaire graduelle. Une taxe de 10% serait envisagée dès février, avec la menace d’un relèvement plus fort ensuite si les discussions s’enlisent. C’est une façon de transformer un débat territorial en levier commercial.
L’appel avec Mark Rutte ajoute une couche institutionnelle. L’OTAN n’est pas un organe de négociation douanière. Pourtant, la sécurité du Groenland ramène l’alliance dans la conversation. Résultat : le sujet déborde des frontières habituelles. Et il devient plus difficile à “déminer” avec une simple formule diplomatique.
L’Europe entre fermeté affichée et prudence calculée
Côté européen, la tonalité a changé en quelques heures. La colère est là, mais elle s’accompagne d’un réflexe de discipline. Berlin et Paris ont publiquement rejeté toute logique de “chantage”, tout en insistant sur l’unité des Vingt-Sept.
En parallèle, Bruxelles ressort ses instruments. L’idée d’un paquet de riposte douanière d’environ 93 milliards d’euros circule, et l’“Anti-Coercion Instrument” est à nouveau cité comme option crédible. Ce n’est pas un bouton rouge automatique. Mais c’est un message : l’UE a préparé des réponses, et elle veut être prise au sérieux.
Pourtant, la prudence reste visible. Beaucoup d’États membres redoutent une escalade qui abîmerait durablement le lien transatlantique. Davos apparaît alors comme une sortie honorable. On se parle, on temporise, et on laisse une porte ouverte à un compromis sans perdre la face. C’est souvent là que se joue la vraie politique commerciale : dans la mise en scène du recul.
Marchés : le risque d’un “stress test” prolongé
Les marchés n’aiment pas les menaces qui flottent. Ils préfèrent les mauvaises nouvelles nettes aux mauvaises nouvelles possibles. Ces derniers jours, l’aversion au risque a repris le dessus : actions européennes sous pression, dollar chahuté, et recherche de valeurs refuge.
Le marché crypto a réagi comme un baromètre nerveux. Bitcoin a reculé vers la zone des 92 000 dollars, dans un mouvement lié au “risk-off”, pendant que d’autres actifs numériques baissaient plus fortement. Les liquidations ont gonflé, signe que l’effet de levier était trop exposé à un choc macro.
C’est là que Davos devient plus qu’un décor. Si les discussions produisent un signal clair, même modeste, la volatilité peut se calmer. Si, au contraire, Davos ne sert qu’à répéter des positions, la nervosité risque de s’installer. Et les investisseurs, crypto compris, continueront de traiter chaque phrase comme un tweet qui bouge des milliards;
