Tom Lee met un point simple sur la table : la crypto pourrait “rattraper” son retard dès que l’élan de l’or et de l’argent se tasse. Sur CNBC, il explique que tant que les métaux précieux montent, le FOMO s’y concentre. Mais quand la dynamique s’essouffle, l’attention et les flux ont tendance à revenir vers Bitcoin et Ethereum.
En bref :
- Tom Lee voit la crypto repartir quand l’or et l’argent arrêteront de grimper.
- Washington tente d’avancer sur un texte de structure de marché, avec un markup prévu le 29 janvier.
- Le risque de shutdown ajoute du bruit, mais accélère aussi les arbitrages politiques.
Un trade mental : l’or d’abord, la crypto ensuite
Cette idée tombe dans une semaine politique chargée aux États-Unis. Le Sénat remet la structure du marché crypto sur l’agenda, avec une séance clé qui doit avancer rapidement. La coïncidence n’est pas anodine : un marché qui attend un signal macro aime aussi la clarté réglementaire.
La logique de Tom Lee repose sur un comportement vieux comme les cycles. Les investisseurs courent là où “ça marche” déjà. L’or imprime des records, l’argent suit, et les portefeuilles veulent leur part du mouvement. Dans ce décor, la crypto ressemble à un actif en pause, même quand le narratif de fond reste intact.
Le point intéressant, c’est le déclencheur. Il ne parle pas d’un krach des métaux précieux. Il parle d’un simple ralentissement, d’une respiration. Une hausse qui cale suffit parfois à faire pivoter l’attention. La crypto, elle, vit aussi de ce basculement psychologique.
Cela ne veut pas dire “pump” immédiat. Cela décrit un timing de rattrapage. Et ce timing dépend moins d’un tweet que d’un changement de gravité dans les flux, surtout quand les investisseurs cherchent un nouvel actif “leader”.
Washington remet du carburant dans le dossier crypto
Pendant que les traders guettent l’or, le Congrès tente de remettre de l’ordre dans les règles du jeu. La commission Agriculture du Sénat doit examiner un texte de “market structure” crypto lors d’un markup repoussé à jeudi 29 janvier à cause des intempéries.
Un détail a calmé les tensions : le sénateur Roger Marshall ne pousserait pas, à ce stade, son amendement sur les frais d’interchange des cartes de crédit. Cet ajout risquait de faire dérailler l’ensemble en attirant un lobbying bancaire frontal.
Autre élément clé : la Maison-Blanche aurait pesé pour éviter que ce sujet “cartes de crédit” ne devienne une mine antipersonnel politique. Traduction utile : quand l’exécutif s’en mêle, c’est que le train législatif est jugé suffisamment important pour ne pas perdre une semaine de plus.
Le bruit du shutdown, et la pression du calendrier
Sauf que l’Amérique discute aussi… de fermer temporairement une partie de l’État. Les marchés de prédiction ont fait bondir les probabilités d’un shutdown autour du 31 janvier, sur fond de bras de fer sur le financement, notamment lié au Department of Homeland Security.
Ce contexte brouille la lecture. Une menace de paralysie, ça peut tendre les actifs risqués. Mais ça crée aussi une urgence politique. Quand tout peut se bloquer, chaque camp veut sécuriser ses “victoires” avant que le rideau ne tombe.
C’est là que la crypto gagne un angle discret. Moins de débats parasites, plus de volonté d’avancer sur un texte cadré, surtout si certains amendements explosifs sont remis à plus tard. Ce n’est pas la promesse d’une loi parfaite. C’est la promesse d’un mouvement.
Ce que le marché peut en faire, sans se raconter d’histoires
Si l’or ralentit, la thèse de Tom Lee devient un scénario de rotation. La crypto récupère du volume, puis de la performance. Pas parce que la crypto “mérite” de monter, mais parce que les capitaux cherchent un nouvel endroit où appuyer.
De plus, Tom Lee a souligné :
« Je pense que la hausse des métaux précieux a accaparé l’attention. Résultat, les cryptomonnaies ne reflètent pas totalement l’amélioration de leurs fondamentaux. Mais, comme on le sait, quand les fondamentaux se renforcent, les prix finissent par s’ajuster. »
Si, en plus, Washington avance sur la structure du marché, cela réduit une partie de la prime d’incertitude. Les institutionnels n’ont pas besoin d’enthousiasme. Ils ont besoin de règles, de frontières, de responsabilités. Même un progrès partiel peut agir comme déverrouillage.
Reste la nuance : un rattrapage n’efface pas la volatilité. Une crypto qui “catch up” peut aussi le faire par à-coups, avec des fausses sorties et des retours rapides. Le bon réflexe, c’est de surveiller l’inflexion sur les métaux, puis la réaction des flux sur Bitcoin et Ethereum. Ensuite seulement, le reste du marché suivra.
