Ce vendredi 30 janvier 2026, près de 8,5 à 9,5 milliards de dollars d’options Bitcoin et Ethereum arrivent à échéance sur Deribit. Et le marché le ressent déjà, avec un BTC et un ETH sous pression après une chute marquée. Quand autant de contrats expirent le même jour, ce n’est pas “juste” un événement technique. C’est un moment où les couvertures se déplacent, où les hedges changent de main, et où les prix se mettent parfois à marcher sur des œufs ou à les écraser.
En bref :
- L’expiration massive d’options met Bitcoin et Ethereum sous tension ce 30 janvier 2026.
- Les niveaux de 90 000 $ sur BTC et 3 000 $ sur ETH servent de repères psychologiques.
- Le risque macro (Fed, données d’inflation) peut amplifier le moindre mouvement.
Pourquoi une expiration d’options peut bousculer le marché
Après la liquidation de plus de 2 milliards de dollars, une expiration mensuelle, c’est aussi un grand ménage. Les positions sur Bitcoin ou Ethereum disparaissent, d’autres roulent sur l’échéance suivante. Les teneurs de marché ajustent leurs couvertures en spot et en futures. Dans un marché déjà nerveux, ces ajustements peuvent amplifier les mouvements au lieu de les calmer.
Il faut aussi regarder la psychologie. Les options Bitcoin et Ethereum concentrent des paris très précis sur des niveaux. Quand le prix s’en approche, certains acteurs défendent leur zone comme on défend une porte qui grince. Ce n’est pas toujours spectaculaire. Parfois, c’est l’inverse : une micro-accélération, puis un retour sec, comme un élastique.
Enfin, la volatilité implicite devient un indicateur d’humeur. BrefCrypto note une demande de protection accrue à l’approche de l’échéance, ce qui colle bien avec un marché qui préfère payer pour dormir plutôt que parier pour rêver.
Les niveaux qui comptent : 90 000 $ pour Bitcoin, 3 000 $ pour ETH
Le concept qui revient tout le temps est celui du “max pain”. L’idée est simple : le niveau où, à l’expiration, la majorité des options finissent “inutiles”, et où la douleur financière est maximale pour les acheteurs d’options. Pour cette échéance, plusieurs sources placent ce point autour de 90 000 $ sur Bitcoin.
Sur Ethereum, le niveau psychologique est plus serré. Selon les chiffres relayés autour de Deribit, le “max pain” est souvent cité autour de 3 000–3 100 $, au-dessus d’un ETH qui évolue plutôt vers la zone des 2 700–2 800 $ dans le récit du moment. Ce décalage est important : quand le prix est sous le niveau “cible”, la tentation de protéger le downside augmente. Et ça se voit dans les ratios put/call qui se retournent à court terme dans plusieurs analyses de marché.
Ce qui rend la séance piégeuse, c’est que les deux lectures coexistent. D’un côté, un positionnement global parfois encore “constructif” sur BTC. De l’autre, une montée du réflexe défensif après la cassure. Résultat : une volatilité qui peut grimper sans prévenir, même si le marché finit par clôturer… presque au même endroit qu’il a ouvert.
Le macro revient par la fenêtre : Fed, Warsh et inflation
Cette expiration n’arrive pas dans le vide. Les marchés digèrent aussi une rumeur devenue quasi-certitude : Donald Trump doit annoncer son choix pour la présidence de la Fed, et Kevin Warsh est vu comme favori massif sur les marchés de prédiction, autour de 94–95%. Même sans décret signé, le simple déplacement des anticipations peut suffire à tendre les actifs risqués, crypto comprise.
La mécanique est connue. Si le marché lit Warsh comme plus “restrictif” sur certaines dimensions (ou simplement plus imprévisible), la prime de risque remonte. Et quand la prime de risque remonte un vendredi d’expiration, le cocktail est rarement fade. Reuters signalait déjà une ambiance “risk-off” sur plusieurs segments, avec une réaction visible sur devises, taux et matières premières.
Dernière couche, très 2026 : les statistiques elles-mêmes ont une histoire. Le BLS indique que la publication du PPI de décembre 2025 a été reprogrammée au 30 janvier 2026, en lien avec les retards causés par le shutdown. Traduction : les traders doivent gérer une expiration géante le même jour qu’un chiffre macro attendu, dans un climat politique tendu. Le marché n’a pas besoin d’un scénario catastrophe. Il lui suffit d’une surprise minuscule au mauvais moment.
