La Chine demande à de grandes banques de réduire leur exposition aux bons du Trésor américain. Et ce signal, même “technique”, peut peser sur le dollar, sur les rendements et donc sur l’appétit pour le risque. Dans ce décor, le Bitcoin se maintient autour de 69 000 $ et le XRP tente de tenir 1,40 $. La question est simple : est-ce un carburant pour une nouvelle jambe haussière, ou juste un bruit de plus dans un marché déjà nerveux ?
En bref :
- La Chine qui pousse ses banques à limiter les Treasuries peut faire bouger rendements et dollar.
- Bitcoin tient autour de 70 000 $ dans un équilibre entre taux élevés et récit d’actif alternatif.
- XRP dépend autant de la confiance globale que des flux d’ETF.
Ce que Pékin est en train de faire, et pourquoi le marché écoute
Le message rapporté ce 9 février 2026 est clair. Les régulateurs chinois auraient demandé à des institutions financières de limiter, voire de réduire, leurs positions en dette américaine, en invoquant le risque de concentration et la volatilité. Ce n’est pas forcément une vente “de l’État chinois”, mais le symbole compte autant que le volume.
Ce symbole arrive alors que les avoirs chinois en Treasuries ont déjà fortement reculé sur la durée. Reuters rappelait mi-janvier que la Chine était tombée à environ 682,6 milliards de dollars en novembre, un plus bas depuis 2008. Autrement dit, la tendance existe déjà. La nouveauté, c’est le ton : on passe du “rééquilibrage” discret au “faites attention” explicite.
Et quand la narration change, les marchés s’ajustent vite. Une vague d’allègement, même partielle, se traduit mécaniquement par plus d’offre de Treasuries sur le marché. Le prix baisse. Le rendement monte. Lundi, le 10 ans américain gravitait autour de 4,24 %. Ce genre de niveau redevient un aimant pour les capitaux… ou un repoussoir pour les actifs risqués, selon l’humeur du moment.
Rendements, dollar, “risk-on” : le pont direct vers Bitcoin
Si les rendements montent trop vite, la conséquence la plus classique est un retour du “cash is king”. Le dollar se renforce, les conditions financières se durcissent, et les actifs volatils respirent moins bien. Bitcoin peut alors se figer, même si le récit de long terme reste positif. C’est l’effet gravité : plus le sans-risque paie, plus le risque doit prouver sa valeur.
Mais l’autre lecture existe aussi, et elle a du mordant. Une Chine qui insiste sur le risque lié aux actifs américains nourrit l’idée d’une diversification accélérée, donc d’une confiance moins automatique dans les “refuges” traditionnels. Bloomberg notait justement un léger repli des Treasuries et du dollar après ces informations. Dans ce scénario, Bitcoin récupère une partie du rôle d’actif alternatif. Pas comme une certitude. Plutôt comme une option.
D’où cette impression de stabilité autour des 70 000 $. Le marché n’achète pas une nouvelle ère en une séance. Il teste. Il jauge la réaction des taux. Il regarde si la géopolitique reste un simple fond sonore ou si elle devient une variable de prix. Et si le support tient, la prochaine bataille se déplace vite vers les zones de résistance, parce que la liquidité crypto adore les niveaux “ronds”.
Bitcoin autour de 70 000 $ : consolidation ou rampe de lancement ?
Le point important, ce n’est pas seulement le chiffre. C’est le comportement. Après une baisse brutale, Bitcoin oscille, absorbe, et attend un catalyseur propre. Le marché adore les récits nets. Or ici, le récit est double : hausse des rendements d’un côté, défiance géopolitique de l’autre. Résultat : un équilibre fragile, mais réel.
Le signal le plus intéressant, dans le texte que tu fournis, c’est l’idée d’une accumulation en hausse. Quand l’accumulation s’intensifie pendant une phase de consolidation, cela signifie souvent une chose : certains investisseurs profitent du calme pour se repositionner. Ce n’est pas une garantie de hausse. C’est un biais de fond.
La conséquence pratique est simple. Tant que Bitcoin reste au-dessus de sa zone de support, la volatilité peut se comprimer avant une expansion. Et si la macro se détend, le marché crypto est capable de transformer une simple stabilisation en mouvement rapide. L’inverse est vrai aussi : une poussée des rendements, ou un choc de confiance, suffit à rouvrir le scénario d’un retour vers les supports inférieurs.
XRP à 1,40 $ : l’effet ETF ne fait pas tout
Sur XRP, le débat est plus “micro”. Le prix bute sur 1,40 $. Et le marché cherche une raison d’y croire au-delà du rebond technique. L’argument mis en avant, ce sont les flux d’ETF : SoSoValue est cité pour environ 39,04 millions de dollars d’entrées nettes sur la semaine du 2 au 6 février. C’est un soutien, parce que cela crée une demande structurée, moins émotionnelle.
Mais les flux ne sont pas une baguette magique. Un ETF peut attirer de l’argent, sans déclencher un “repricing” immédiat si le marché spot manque d’acheteurs agressifs. XRP peut alors faire du sur-place : assez fort pour ne pas s’effondrer, pas assez convaincant pour accélérer.
Le lien avec la Chine et les Treasuries est indirect, mais réel. Si le marché passe en mode prudence, les altcoins souffrent généralement plus que Bitcoin. Et XRP, malgré l’histoire des ETF, reste une crypto où le timing compte énormément. La zone 1,40 $ devient donc un thermomètre : tenue = consolidation, rupture = retour vers les supports, même si les flux continuent.
