SBI Holdings ne détient pas “10 milliards de dollars en XRP”. Le groupe japonais vient de couper court à la rumeur et Yoshitaka Kitao l’a dit clairement : l’exposition majeure de SBI, c’est une participation d’environ 9 % dans Ripple Labs, pas un trésor de jetons XRP planqué dans un coffre.
En bref :
- SBI ne détient pas 10 milliards de dollars en XRP, il détient surtout environ 9 % de Ripple Labs.
- Cette nuance déplace le sujet du “stock de tokens” vers la valeur d’une entreprise privée en pleine expansion.
- Et derrière le buzz, le vrai fil conducteur, c’est l’infrastructure : hubs, conformité, et produits de rendement autour de XRPL.
Une rumeur née d’un mauvais raccourci
L’histoire a pourtant été avalée très vite par le marché. Comme souvent, tout est parti d’un post sur X. Un compte, “Ledger Man”, félicite SBI pour son expansion à Singapour via Coinhako. Au passage, il affirme que SBI posséderait 10 milliards de dollars en XRP. C’est cette phrase qui a mis le feu, pas l’acquisition en elle-même.
Kitao répond, rectifie, et ajoute une nuance qui change la lecture : “pas 10 milliards en XRP, mais 9 % de Ripple”. Autrement dit, si “asset caché” il y a, il est dans la valeur de Ripple en tant qu’entreprise, pas dans la quantité de tokens.
Le raccourci est tentant. XRP est le jeton le plus visible de l’écosystème Ripple. Donc si une grande institution “parie sur Ripple”, beaucoup entendent “elle accumule du XRP”. Ce glissement est devenu un réflexe de timeline.
Sauf que l’investissement en actions et la détention de tokens n’ont pas la même logique. Une participation au capital mise sur la croissance d’une société, ses revenus, ses acquisitions, ses accords, sa capacité à prendre de la place. Un stock de tokens, lui, expose surtout à un prix de marché, à la liquidité, et à la perception du moment.
Le plus ironique, c’est que le démenti de SBI ne “casse” pas l’idée d’une exposition forte à Ripple. Il la rend juste plus précise. Et souvent, la précision fait moins de bruit que la rumeur.
9 % de Ripple, ça pèse déjà lourd
Pour comprendre pourquoi cette clarification compte, il faut regarder Ripple comme une entreprise privée valorisée très haut. En novembre 2025, Ripple a levé 500 millions de dollars sur une base de valorisation autour de 40 milliards.
À ce niveau, 9 % représente déjà plusieurs milliards en valeur théorique. Et si la valorisation grimpe, la participation grimpe mécaniquement, même si SBI ne touche pas un seul XRP de plus. C’est exactement le point que Kitao laisse entendre.
Autre détail : ce type de valorisation nourrit des fantasmes “pré-IPO”. Même sans calendrier officiel, le simple fait que des investisseurs institutionnels mettent des tickets lourds alimente l’idée d’un Ripple qui devient un acteur de finance de plein exercice. Et là, le marché cherche des symboles. XRP devient le symbole le plus simple, parfois trop simple.
Singapour, Coinhako et la stratégie SBI
Dans le bruit autour du “10 milliards en XRP”, un autre élément est passé au second plan : SBI accélère à Singapour. Le groupe a annoncé son intention de prendre une participation majoritaire dans Coinhako, un exchange local régulé, via son entité SBI Ventures Asset.
Ce mouvement dit quelque chose de concret. SBI ne se contente pas de commenter la crypto, il construit des rails. Singapour reste un hub asiatique pour les licences, la conformité et les flux. Coinhako, c’est un accès au marché, des clients, et une base régulée, donc “exportable” dans une stratégie régionale.
Dans ce décor, Ripple est un partenaire logique. Pas seulement pour le token. Pour les paiements, les intégrations, et la crédibilité institutionnelle. Le pari de SBI ressemble moins à un trade de jetons qu’à une consolidation d’infrastructure.
Le vrai sujet derrière le buzz : rendement et DeFi autour de XRP
Le timing n’est pas neutre. En décembre 2025, SBI Ripple Asia a signé un accord avec Doppler Finance pour explorer des produits de rendement sur le XRP Ledger et la tokenisation d’actifs du monde réel. Là, on parle d’une finance “propre”, pensée pour des investisseurs institutionnels, pas d’un narratif de casino.
Cette piste “XRP qui rapporte” revient régulièrement, car elle répond à une demande simple : si un actif est détenu sur la durée, il doit pouvoir produire quelque chose. Des discussions existent aussi côté développeurs autour d’idées proches du staking sur XRPL, même si les modalités et la gouvernance restent sensibles.
Enfin, l’écosystème élargi pousse dans la même direction, avec des réseaux et protocoles qui cherchent à bâtir des briques DeFi compatibles avec les détenteurs de XRP. Là encore, ça ne prouve pas que SBI empile des tokens. Mais ça explique pourquoi la timeline est prête à croire n’importe quel chiffre rond, du moment qu’il colle à l’histoire.
