Ethereum s’enfonce et affiche environ -45% depuis début janvier, avec un cours qui navigue sous la zone psychologique des 2 000 $. Le marché cherche une réponse simple : est-ce le dernier flush, celui où les vendeurs se fatiguent, ou juste une pause avant une autre jambe de baisse ? La vérité, c’est que l’ETH ne baisse pas “tout seul”. Il paie un cocktail de risque global, de technique abîmée et de positionnements qui se dégonflent.
En bref :
- Ethereum reste sous pression, et le seuil des 2 000 $ sert de baromètre nerveux.
- Le levier baisse, ce qui peut calmer la chute. Mais la macro et la Fed gardent la main.
Sous 2 000 $, l’ETH teste surtout la patience
Le niveau des 2 000 $ n’est pas magique, mais il est bruyant. Quand Ethereum passe en dessous, les algos s’excitent, les stops sautent, et le récit change de ton en quelques heures. On l’a vu ces dernières semaines : l’ETH a eu du mal à reprendre durablement ce seuil, ce qui renforce l’idée d’un marché “vendeur par réflexe”.
Techniquement, le contexte reste lourd. Plusieurs analyses pointent une structure fragile depuis la rupture de niveaux de long terme, avec une volatilité alimentée par le désendettement. Dans ce genre de phase, un rebond peut arriver… sans que la tendance soit réparée pour autant. Il suffit parfois d’un soulagement temporaire pour piéger les achats trop pressés.
Le point clé, c’est la suite. Une reprise crédible exige plus qu’un simple rebond intraday : il faut que le marché reconstruise au-dessus de 2 000 $ et retrouve une dynamique plus propre. Sinon, chaque remontée devient une rampe de lancement pour les ventes.
Le risque géopolitique remet la crypto en “mode danger”
Quand la nervosité monte sur les marchés traditionnels, la crypto redevient ce qu’elle est souvent : un actif à risque, traité comme un levier sur le sentiment global. Les tensions autour de l’Iran, et l’idée de frappes possibles, ont alimenté cette aversion au risque. On rapporté que l’armée américaine se préparait à une option militaire, sans décision finale annoncée.
Dans ce climat, Bitcoin a lui aussi peiné à tenir des niveaux clés, ce qui pèse mécaniquement sur Ethereum. L’ETH suit encore largement le tempo de BTC, surtout quand le marché devient défensif. Les rotations “qualité vers cash” ne font pas de cadeaux aux altcoins, même aux plus liquides.
Le résultat est visible : la baisse d’Ethereum n’est pas seulement une histoire de blockchain ou de narrative. C’est aussi une lecture macro en temps réel. Tant que le monde ressemble à un fil tendu, les rebonds crypto ont tendance à être plus courts, plus nerveux, plus suspects.
Les institutionnels et les dérivés envoient des signaux mixtes
On surveille beaucoup les ETF spot Ethereum, parce qu’ils offrent une photographie quotidienne de l’appétit institutionnel. Les flux varient fortement selon les séances, et ils peuvent amplifier le mouvement dans un sens comme dans l’autre. Des données publiées par Farside Investors montrent des journées positives autour de la mi-février sur les ETF ETH, ce qui nuance l’idée d’une capitulation institutionnelle continue.
Mais l’autre marché, celui qui imprime la nervosité, c’est le dérivé. Et là, un élément ressort : le levier se compresse. CryptoQuant indique que le leverage ratio estimé sur Binance est retombé vers ses plus bas récents, signe d’un nettoyage des positions trop chargées. C’est souvent une condition nécessaire pour stabiliser un prix, même si ce n’est pas une garantie de rebond immédiat.
Enfin, il y a le facteur “psychologie”. Santiment décrit un sentiment social nettement plus négatif, avec une conversation dominée par le bearish. Paradoxalement, c’est parfois dans ces zones de dégoût que les marchés arrêtent de chuter. Pas parce que tout va mieux, mais parce que tout le monde a déjà vendu dans sa tête.
Le vrai juge de paix, c’est la Fed et le timing
Le compte rendu de la Fed a remis de la complexité dans le scénario. Les minutes de la réunion de janvier montrent une division : certains responsables envisagent des baisses, d’autres insistent sur la prudence, et l’idée de hausses futures a même été évoquée si l’inflation résiste. Cette ambiguïté suffit à refroidir les actifs risqués, car la crypto adore les trajectoires claires et déteste les zones grises.
Reuters souligne aussi que le marché continue d’anticiper un premier mouvement autour de la réunion de juin, mais sans certitude tranquille. Autrement dit, la liquidité reste une promesse, pas un fait. Et quand la liquidité est une promesse, Ethereum peut rebondir… puis se faire rattraper.
C’est là que la question du titre prend tout son sens. “Les vendeurs lâchent-ils enfin ?” Peut-être que certains s’épuisent, oui, surtout si le levier a déjà été rincé et si le sentiment est déjà au sol. Mais tant que l’ETH reste coincé sous 2 000 $ et que le contexte macro reste électrique, la prudence domine. Le marché ne cherche pas une excuse pour acheter. Il cherche une raison solide pour arrêter de vendre.
Titre SEO : Ethereum sous 2 000 $ : -45% depuis janvier, les vendeurs sont-ils à bout ?
